Un programme très politisé

Allemagne: Le Kirchentag évangélique s’est ouvert devant 400’000 personnes

Hanovre, 27 mai 2005 (Apic) «La politique s’invite au Kirchentag», titre le quotidien français «La Croix» dans son édition en ligne du 27 mai. La 30e assemblée des protestants allemands s’est aussi interrogée sur les conséquences oecuméniques de l’élection d’un pape bavarois.

C’est dans une douceur printanière, que 400’000 étaient présentes mercredi 25 mai au soir, à l’ouverture du Kirchentag, le grand rassemblement protestant à Hanovre en Basse-Saxe. La vague politique qui a provoqué dimanche la défaite du SPD en Rhénanie du Nord et la perspective d’élections anticipées en septembre n’épargnent pas cette 30e édition de l’assemblée réunie, comme tous les deux ans (en alternance avec le Katholikentag), jusqu’à dimanche, relève le journaliste Michel Verrier, présent sur place pour «La Croix».

«L’assemblée a toujours été politique, mais jamais électorale», rectifiait hier Stephan Pförer, pasteur, présentateur du forum sur «l’Europe et les différences» auquel participaient Angela Merkel, présidente (protestante) de la CDU, Franz Müntefering, président du SPD, et Cem Özdemir, député Vert européen. Un débat qui a tourné autour des racines chrétiennes de l’Europe et de l’intégration ou non de la Turquie.

Inauguré par le chancelier Schröder et le président Köhler

La veille, le chancelier Gerhard Schröder et le président de la République Horst Köhler, protestants l’un et l’autre, avaient inauguré le Kirchentag dans une «ambiance de paix, dense et chaleureuse», selon Margot Kässman, évêque luthérienne de Hanovre. Ce rassemblement constitue «une tribune exceptionnelle», reconnaît-on à la présidence de l’assemblée. Mais il «ne se laissera pas instrumentaliser par la campagne électorale», insiste dans les colonnes de «La Croix» Eckard Nagel, l’un des responsables. Il s’agit plutôt d’instituer une «culture du questionnement». «Les participants ont assez d’esprit critique pour ne pas se contenter de slogans électoraux, assure Margot Kässman. Et nous observons avec beaucoup d’attention à quel point les responsables politiques respectent l’équilibre entre leur engagement et l’enracinement dans les convictions chrétiennes.»

Parmi les participants, on ne compte que 8% de catholiques. Le cardinal Karl Lehmann, président de l’épiscopat, participe à un forum sur «La nostalgie de l’unité, le protestantisme et les Eglises». La séparation reste «douloureuse», si l’on en croit Margot Kässman. L’élection d’un pape allemand rapprochera-t-elle les deux Églises ? On en doute chez les protestants où l’on souligne que, même si son origine permet à Benoît XVI de mieux connaître le protestantisme, son activité à la Congrégation pour la doctrine de la foi a plutôt abouti à renforcer les différences. Mais «peut-être sera-t-il plus libre, devenu pape», avance l’évêque luthérienne. (apic/lacroix/bb)

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