Italie: Saint Nicolas, apôtre de l’oecuménisme, est vénéré à Bari depuis le 11e siècle
Rome, 27 mai 2005 (Apic) C’est à Bari, ville qui accueille le 24e Congrès eucharistique national italien (21-29 mai), que se trouvent le tombeau et les reliques de saint Nicolas. Vénéré tant par l’Orient (il est le patron de la Russie) que par l’Occident, saint Nicolas attire chaque année autour de lui de nombreux pèlerins orthodoxes et catholiques.
Bari est aujourd’hui considérée comme une ville ’pont’ entre l’Occident et l’Orient, ainsi qu’un lieu de développement oecuménique. Benoît XVI s’y rendra le 29 mai prochain pour célébrer la messe conclusive du Congrès.
« Saint Nicolas aussi pourrait être patron de l’Europe et peut-être que le pape, un jour, pourrait le proclamer comme tel. Il pourrait aider l’Europe à dépasser les signes de fatigue et les transformer », déclarait le 25 mai à Bari le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Il s’exprimait dans le cadre du Congrès eucharistique national, au cours d’une journée consacrée à l’oecuménisme.
Saint Nicolas de Myre est né vers l’an 270 dans une famille chrétienne, en Lycie, en Asie Mineure (dans la Turquie actuelle). La légende le présente comme un nourrisson refusant le sein maternel le vendredi. Lorsque ses parents meurent de la peste et le laissent à la tête d’un riche héritage, Nicolas décide de consacrer sa fortune aux bonnes oeuvres. Une légende raconte qu’il a sauvé de la prostitution trois jeunes filles en leur fournissant une dot, le père de celles-ci ne pouvant pas les assumer. Une autre légende fait état de trois enfants qu’il a ressuscité après qu’ils aient été tués par un boucher.
A la mort de l’évêque de Myre, il est élu pour lui succéder. On dit qu’il devint un modèle pour les fidèles de son diocèse, ne mangeant plus qu’une fois par jour, priant et travaillant sans relâche. Sous la persécution (303-313) de l’empereur romain Dioclétien (284-313), il fut jeté dans un cachot et soumis à la torture; mais on n’osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.
Combattant contre l’arianisme
En 325, saint Nicolas assista au Concile de Nicée et y combattit les erreurs d’Arius (prêtre d’Alexandrie et fondateur de l’arianisme, hérésie chrétienne condamnée au Concile de Nicée en 325). Il mourut cette même année. Son tombeau devint un lieu de pèlerinage. Selon la tradition, une huile miraculeuse s’écoula du tombeau à Myre, où son culte était largement attesté au 11e siècle, lorsque ses reliques furent transportées à Bari (Italie) pour les protéger des musulmans.
Vers 1087, comme la ville de Myre – l’actuelle Demre – était au pouvoir des Turcs, des marchands de Bari enlevèrent les reliques et les apportèrent dans leur ville où une église fut construite en l’honneur de saint Nicolas. Mais avant la translation du corps de saint Nicolas à Bari, son culte avait déjà été introduit à Rome, au VIIe siècle, par des moines orientaux. On a pu dénombrer à Rome 85 églises, chapelles, couvents et hospices portant le nom de Saint-Nicolas.
Chaque année, des délégations des Eglises orthodoxes, particulièrement de Russie, viennent se joindre au pèlerinage des catholiques latins pour une rencontre oecuménique significative. Le « bon saint Nicolas » est donc aussi bien invoqué en Orient où il est le patron des Russes, qu’en Occident où il est le patron des enfants. Singulièrement, le culte de saint Nicolas s’est développé en Lorraine, dans l’Est de la France, ainsi qu’en Allemagne rhénane et en Suisse romande où il est l’équivalent du Père Noël. (apic/imedia/ms/bb)
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