Benoît XVI soutient l’engagement des évêques italiens

Rome: Référendum sur la procréation assistée en Italie, les évêques prônent l’abstention

Rome, 30 mai 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI soutient l’engagement des évêques italiens face au prochain référendum sur la procréation assistée. Dans un discours adressé le 30 mai aux membres de la Conférence épiscopale italienne, réunis au Vatican pour leur 54e Assemblée plénière, le pape a particulièrement insisté sur l’importance de s’abstenir au prochain vote du référendum italien.

L’assemblée plénière de la Conférence épiscopale italienne (CEI) se tient à Rome les 30 et 31 mai 2005. Auparavant, le cardinal Camillo Ruini, président de la CEI et vicaire du diocèse de Rome, était revenu sur les divers événements de l’année.

Benoît XVI a rappelé que les évêques italiens sont actuellement engagés à éclairer et à motiver les choix des catholiques et de tous les citoyens au sujet du référendum imminent sur la procréation assistée. «Votre engagement, clair et concret, est le signe de la sollicitude que vous, pasteurs, avez envers chaque être humain qui ne peut jamais être réduit à un moyen mais à une fin, comme l’enseigne le Christ et comme nous le dit la raison humaine», a ajouté le pape sous les applaudissements. Il s’est dit proche des prélats italiens «par la parole et la prière».

Il ne s’agit pas de défendre les intérêts catholiques, mais ceux de l’Homme

«Ici, nous ne travaillons pas pour les intérêts catholiques mais toujours pour l’homme, créature de Dieu», a continué le souverain pontife. «La même sollicitude pour le vrai bien de l’homme s’exprime dans l’attention portée aux pauvres que nous avons parmi nous, aux malades, aux immigrés et aux peuples décimés par la maladie et la guerre».

Le cardinal Camillo Ruini s’est pour sa part déclaré en faveur d’une «non-participation consciente au vote», dans un discours adressé une heure plus tôt, dans la salle du Synode, aux membres de la Conférence épiscopale italienne. «Il ne s’agit aucunement d’un choix de désengagement, mais au contraire de s’opposer de manière nette et efficace à une logique qui met en danger les fondements humains et moraux de notre civilisation».

Le débat qui s’est développé ces dernières semaines en Italie a eu à ses yeux le mérite de mettre en évidence que, concrètement, «l’unique moyen de s’opposer effectivement à l’aggravation de la loi est celui de l’abstention». Voter non, de fait, est une aide, même involontaire, à ceux qui soutiennent le référendum, ce qui contribue à atteindre le quorum, a encore souligné le président de la Conférence épiscopale italienne.

Les évêques ne sont pas contre la science et ses progrès

Le président de la CEI affirme que les évêques ne se mêlent pas de lutte partisane, mais se préoccupent uniquement, et concrètement, de la défense et de la promotion de l’homme. Le cardinal Ruini a insisté sur le fait que les évêques italiens ne sont pas contre la science et ses progrès: au contraire, ils admirent et soutiennent les fruits de la recherche et de l’intelligence. «Nous voulons que la science soit au service du bien intégral de l’homme: il ne s’agit pas d’arrêter ou de faire obstacle au chemin de la science, mais de l’orienter de manière à ne pas perdre de vue les valeurs et la dignité de chaque être humain», a-t-il ajouté.

S’exprimant enfin au sujet des recherches sur les embryons, il a souligné qu’il existe des alternatives précises, comme celles fondées sur des cellules souches obtenues sans supprimer les embryons et qui ont donné des «résultats cliniques concrets».

Au cours des dernières semaines, nombreux sont les cardinaux et les évêques italiens à s’être exprimés en faveur de l’abstention lors du référendum. Ainsi, le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise, interrogé sur ce qu’aurait pu dire le pape à Bari concernant le référendum, a souligné qu’il trouverait «une voie équilibrée pour dire les choses». Parce que le pape Benoît est un homme d’une grande «intelligence», a-t-il déclaré à la Stampa le 29 mai 2005.

Le cardinal Scola assistait à Bari à la messe conclusive du Congrès eucharistique italien célébrée par Benoît XVI. Le patriarche de Venise a aussi souligné qu’il n’est pas opportun de réduire ces problèmes à une simple croix sur un bulletin de vote. «C’est impossible et c’est aussi un peu inhumain», a-t-il ajouté. Le 17 mai 2005, le cardinal Dionigi Tettamanzi, archevêque de Milan, s’était lui aussi exprimé sur le référendum italien.

Référendum les 12 et 13 juin prochain

Il avait expliqué que ne pas voter est une façon d’exprimer un double non: le non à l’aggravation de la loi 40 de 2004, et le non à un usage discutable de l’instrument référendaire guidé par des «instrumentalisations inacceptables». Le débat sur le référendum du mois de juin divise la classe politique en Italie. Les Italiens seront consultés les 12 et 13 juin prochain sur les quatre aspects les plus controversés de la loi italienne sur la procréation assistée, soit l’interdiction de l’expérimentation sur les embryons, l’interdiction de la création de plus de trois embryons pour une fécondation in vitro, l’interdiction au recours à un donneur extérieur au couple, et l’article 1er concernant les droits de l’embryon.

En janvier dernier, alors que la Cour constitutionnelle italienne s’était prononcée pour un projet de référendum en faveur de l’abrogation de la loi sur la procréation médicalement assistée, le cardinal Ruini avait déjà appelé les électeurs italiens à l’abstention. Même s’il avait précisé prendre «acte de ces décisions de la Cour», il avait souligné que la position de l’Eglise concernant cette loi ne changera pas.

Le 7 mars 2005, dans son discours d’ouverture de la session de printemps de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Camillo Ruini, président de cette Conférence, avait appelé les catholiques italiens à ne pas participer au référendum sur la procréation assistée. Si le quorum, c’est-à-dire 50 % du corps électoral + 1 voix, n’est pas atteint, le référendum est déclaré nul. (apic/imedia/ms/be)

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