Plus de 12’000 civils réfugiés dans une mission catholique

Côte d’Ivoire: La tension reste vive dans la région de Duékoué

Abidjan, 3 juin 2005 (Apic) «Les habitants sont terrorisés et nous avons à présent entre 12’000 et 15’000 personnes réfugiées à la mission». C’est ce qu’a déclaré le 3 juin à l’agence catholique Misna le Père François Ubach, curé de Ste-Thérèse à Duékoué. La région a été attaquée par des hommes armés de machettes et d’armes à feu.

Les belligérants ont d’abord fait incursion dans la nuit de mardi à mercredi à Guitrozon, où selon un bilan non officiel une cinquantaine de personnes ont été tuées, puis à Petit Duékoué où on dénombre 8 victimes. «Je me suis moi-même rendu à Guitrozon, où des habitations ont été incendiées. J’ai vu de mes yeux les corps calcinés de 6 personnes, dont des bébés, dans une même maison. Un spectacle terrifiant. Les gens qui sont venus chercher refuge à la paroisse sont traumatisés», a déclaré à Misna le Père salésien.

La ville de Douékoué (484 kilomètres à l’ouest d’Abidjan) et les villages alentours sont quasiment déserts, les habitants ont peur de sortir dans la rue. «Cette situation est en train de créer une crise alimentaire, car plus personne n’ose aller dans les champs pour prendre les récoltes. Les besoins se font pressants, certaines personnes restent des journées sans manger. Et l’aide des organisations humanitaires tarde à arriver», poursuit le missionnaire.

La zone occidentale de la Côte d’Ivoire, où l’on cultive le cacao et le café, est de longue date le théâtre de tensions liées à la possession de la terre, notamment entre les autochtones Guéré et les autres ethnies, comme les Dioula, originaires du nord. La zone de Douékoué se trouve dans la moitié sud du pays, sous contrôle des forces régulières d’Abidjan, alors que la moitié nord du pays est sous contrôle de l’ancienne rébellion ayant tenté de renverser le président Laurent Gbagbo en septembre 2002. (apic/misna/bb)

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