« L’embryon est un être humain en devenir »
Rome, 6 juin 2005 (Apic) Le cardinal Georges Cottier intervient dans le débat italien sur la fécondation assistée. Le théologien de la Maison pontificale souhaite que l’embryon soit reconnu comme un être humain.
S’exprimant à quelques jours du référendum italien sur la fécondation assistée, le cardinal Georges Marie Cottier, théologien de la Maison pontificale, a souhaité que l’embryon soit reconnu comme un être humain. « L’embryon est un être humain en devenir », a déclaré le cardinal Cottier, dans une interview publié le lundi 6 juin 2005 par le quotidien italien « La Stampa ».
Le cardinal Cottier précise encore que dès le début, le programme génétique est présent dans l’embryon. « Et ceci est un argument très fort pour la défense de l’embryon comme être humain: dès le début, il est complètement programmé », a-t-il ajouté. Pour le cardinal suisse, l’embryon est déjà un individu, ce n’est pas un amas de cellules. « Au microscope, il peut apparaître ainsi, mais il est déjà organisé, et il est capable de s’organiser, il est potentiellement humain, il est un homme », a-t-il expliqué.
Intervenant dans le débat qui se déroule ces jours-ci en Italie sur le référendum sur la fécondation assistée, le théologien de la Maison pontificale a souhaité qu’on dise « avec sérieux qu’il s’agit d’un être humain ». Il aimerait que l’on dise que la fécondation in vitro a peu de possibilités de réussite. « Dans une émission, j’ai entendu dire: il y aura plus d’enfants italiens. C’est une bêtise », a-t-il déclaré. Et d’ajouter que cette expérience est très pénible pour la femme; elle ne réussit pas toujours et elle n’est pas séparée de la souffrance. Et d’affirmer que les cas positifs ne sont que le 20 %.
Le désir d’avoir un enfant peut être très fort
A l’argument que le désir d’avoir un enfant qui peut être très fort, le cardinal Cottier répond qu’il faut voir comment seront plus tard ces enfants au plan psychologique. Le fait de savoir qui est son père demeure un problème, a-t-il déclaré. « Dans certains pays on dit: l’enfant a le droit de savoir et dans d’autres pays, au contraire, on préfère le cacher (.) Dans les deux cas, il y a des traumatismes psychologiques », a-t-il souligné.
Interrogé enfin sur le cas de l’adoption, le cardinal suisse a ajouté que « ce type de problème dans l’adoption n’est pas non plus facile, parce que l’enfant cherche toujours son parent biologique ». « Nous devons conseiller aux parents qui adoptent de dire à l’enfant qu’il est adopté ». Le cardinal Cottier a vu des cas où on l’avait caché, et dans ce cas, la recherche des parents biologiques était impressionnante.
Un débat qui divise la classe politique en Italie
Tout en refusant de généraliser, le théologien de la Maison pontificale a cité l’exemple d’un couple stérile qu’il a connu: ils ne pouvaient pas avoir d’enfants, alors la femme s’est fait féconder avec des spermatozoïdes du frère de son mari. « Et lui s’est attaché à cet enfant et cela a été un drame tel que le père s’est suicidé (.) En somme, ce que je veux dire, c’est que ces types de problèmes ne sont pas des banalités. Ce sont des choses sérieuses. Et il faut les traiter comme telles, avec sagesse et prudence », a-t-il conclu.
Au cours des dernières semaines, nombreux sont les cardinaux et les évêques italiens à s’être exprimés sur le prochain référendum italien visant à modifier la loi sur la fécondation assistée. Ce débat divise la classe politique en Italie.
Les Italiens seront consultés les 12 et 13 juin prochains sur les quatre aspects les plus controversés de la loi italienne sur la procréation assistée, soit l’interdiction de l’expérimentation sur les embryons, l’interdiction de la création de plus de trois embryons pour une fécondation in vitro, l’interdiction au recours à un donneur extérieur au couple, et l’article 1er concernant les droits de l’embryon.
Référendum: l’Eglise incite les votants à l’abstention
En janvier dernier, alors que la Cour constitutionnelle italienne s’était prononcée sur un projet de référendum en faveur de l’abrogation de la loi sur la procréation médicalement assistée, le cardinal Ruini avait déjà appelé les électeurs italiens à l’abstention. Le 7 mars 2005, dans son discours d’ouverture de la session de printemps de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Camillo Ruini, président de cette Conférence, avait appelé les catholiques italiens à ne pas participer au référendum sur la procréation assistée. Si le quorum – 50 % + 1 voix – n’est pas atteint, le référendum est déclaré nul.
Le 30 mai dernier, dans son discours aux membres de la Conférence épiscopale italienne, Benoît XVI avait soutenu l’engagement des évêques italiens concernant le référendum sur la procréation assistée. « Vous êtes actuellement engagés à éclairer et à motiver les choix des catholiques et de tous les citoyens au sujet du référendum imminent sur la procréation assistée », avait déclaré Benoît XVI. « Dans un tel engagement, je vous suis proche par la parole et la prière ». (apic/imedia/ms/be)
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