Le prêtre journaliste prend la plume dans « Dimanche-Express »
Bruxelles, 8 juin 2005 (Apic) « Avec tout le respect que nous devons aux personnes homosexuelles, il faut pouvoir leur dire que leur argumentation [en faveur de l’adoption homosexuelle] n’est pas bonne et, surtout, que le bien de l’enfant n’est pas là ». Dans le dernier numéro de l’hebdomadaire catholique belge « Dimanche-Express », le jésuite Charles Delhez ne mâche pas ses mots.
Dans son dernier éditorial, le Père Delhez, rédacteur en chef de Dimanche, commente la proposition de loi belge visant à autoriser l’adoption d’enfants par des couples du même sexe. Le 31 mai dernier, la Conférence épiscopale de Belgique avait déjà clairement exprimé son opposition à cette proposition de loi déposée par le député socialiste flamand Guy Swennen. Dans son éditorial, le journaliste jésuite se demande si la société n’est pas en train de perdre un des repères les plus structurants de la société: la famille.
« Non ! Il faut le redire énergiquement: non ! ». La position du Père Delhez est très claire: il est farouchement opposé à l’adoption d’enfants par des couples du même sexe. Et s’il l’ose le proclamer haut et fort, ce n’est pas du tout « au nom de normes éthico-catholiques ringardes », mais parce que dans ce cas, ce n’est pas le bien de l’enfant qui est recherché.
Il y a en effet, à la base de sa vie, estime le religieux belge, un principe féminin et un principe masculin, tant biologiquement que psychologiquement. « N’est-il pas dès lors évident qu’il faille aussi le reconnaître juridiquement? ». Légaliser l’adoption augmenterait encore la confusion par rapport à la différence sexuelle qui est le repère fondateur de la famille, déclarent avec raison les évêques belges. Une position qu’appuie sans détour le Père Charles Delhez. « De plus, légaliser, n’est-ce pas finalement promouvoir? », insiste-t-il.
Certes, dans les faits, des enfants sont éduqués par des couples homosexuels. Pas question de jouer à la chasse aux sorcières, souligne le rédacteur en chef de « Dimanche ». « Mais de là à établir une loi qui donne à penser que, puisque c’est permis et reconnu, c’est tout aussi bien que la parenté hétérosexuelle, il y a un pas à ne pas franchir », poursuit-il. « Parce que cela se fait » n’a jamais été un argument ni pour les moralistes, ni pour les juristes. On ne supprime pas une loi parce que certains la contournent. A procéder ainsi, il n’y aurait bientôt plus d’obligation fiscale., relève-t-il encore.
Une volonté d’éradiquer le judéo-christianisme ?
Toute société humaine a besoin de normes et celles-ci ont toujours une base éthique. Interdirait-on le vol si celui-ci n’était pas répréhensible, connoté éthiquement de manière négative? « Dans le cas de l’adoption, ce n’est pas l’homosexualité qui est réprouvée, mais l’adoption. Il y a dix ans encore, c’était une évidence pour tout le monde. Ce ne semble plus l’être aujourd’hui. Que s’est-il donc passé? La nature humaine aurait-elle changé ou bien des pressions politiques ont-elles joué? », se demande le journaliste jésuite.
A moins, avance-t-il, que ce ne soit la volonté d’éradiquer le judéo- christianisme qui ait eu raison des arguments d’ordre simplement humaniste? Pour le religieux, « une crise anthropologique est bien plus grave qu’une crise politique. Attention, nous sommes occupés à détricoter la condition humaine et à perdre un des repères les plus structurants de la société. La famille, depuis toujours, est une articulation entre les sexes et les générations. De ces deux données, une risque bientôt de nous manquer ». (apic/dimanche/be)
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