Genève : Conférence interreligieuse organisée par le COE
Propos recueillis par Lut Van Kersavond, de Catholica Unio
Genève, 10 juin 2005 (Apic) Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève a organisé du 7 au 9 juin, une Conférence mondiale sous le titre «Un moment critique pour le dialogue interreligieux». Près de 130 représentants des principales communautés religieuses y ont paris part.
En tant que président du Groupe de travail «islam» de la Conférence des évêques suisses, Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg, et président de Catholica Unio, oeuvre de soutien aux Eglises Orientales catholiques et non-catholiques, a participé à ce sommet mondial. Réactions à chaud.
Q: Mgr Bürcher, à l’issue de cette Conférence internationale, quels sont vos sentiments?
P.B: Ce n’est pas la première fois que je participe à une rencontre internationale. Mais je n’ai jamais fait l’expérience, comme aujourd’hui, d’une telle diversité universelle. Je suis impressionné de découvrir ce panorama religieux mondial, ses conditionnements culturels ainsi que ses défis sociaux et spirituels qui sont d’une telle ampleur. Mon sentiment est que cette conférence si hétérogène et si riche peut être une contribution pour promouvoir la paix dans le monde.
Cette conférence est la première de l’histoire à réunir une palette aussi large et si diverse représentant les religions du monde entier. Le Conseil oecuménique des Eglises est la cheville ouvrière de cette nouvelle aventure. J’en suis édifié et reconnaissant.
Q: Quelle est la composition de cette assemblée et la provenance de ses membres?
P.B: Près de 130 responsables bouddhistes, chrétiens, hindous, juifs, musulmans, zoroastriens et autres qui proviennent de 44 pays des cinq continents ont participé à cette Conférence internationale au Centre oecuménique de Genève. Un membre du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, Mgr Isizoh, y a activement collaboré.
Q: Dans la situation mondiale actuelle, quel est le sens d’une telle rencontre basée sur le dialogue interreligieux?
P.B: Le dialogue interreligieux et le dialogue oecuménique sont tous deux essentiels au progrès de l’humanité.
Même si les défenseurs du dialogue interreligieux se sentent encore souvent minoritaires, celui-ci est, du point de vue chrétien, un défi pour le nouveau millénaire. Dès le début de son pontificat, le pape Benoît XVI a tenu à déclarer notamment qu’il voulait s’engager à «dialoguer avec ceux qui suivent d’autres religions». Il a affirmé que l’Eglise veut continuer à tisser un dialogue ouvert et sincère, à la recherche du bien véritable de l’homme et de la société.
Q: Quels sont les principaux défis exprimés dans le cadre de cette conférence?
P.B: La globalisation économique et culturelle, les migrations en masse et les déplacements forcés de peuples, la diffusion de la culture de la violence, la connexion entre certains extrémismes religieux et des intérêts politiques, l’exploitation et l’appauvrissement de millions de personnes, voilà autant de facteurs qui accélèrent le processus de changement social et de bouleversement religieux dans le monde. Toutes les communautés religieuses sont directement concernées par ce moment critique.
Ces jours-ci, de nombreux responsables religieux ont exprimé l’espoir que la collaboration interreligieuse puisse assumer une nouvelle importance dans un monde en crise. Il faut que plus de personnes soient impliquées de manière plus créative afin de surmonter les divisions qui menacent l’humanité. Il s’agit d’un chemin à parcourir dans l’humilité et l’espérance, ont souligné les participants à la Conférence.
Le dialogue interreligieux n’est pas une dimension facultative du christianisme ni d’une autre religion. Il est important de savoir dialoguer dans le plein respect de sa propre identité et de celle de son interlocuteur.
Q: Mgr Bürcher, qu’attendez-vous d’une telle conférence pour le futur?
P.B: Le dialogue interreligieux ne doit pas conduire à vouloir convertir l’autre à ma religion. Il consiste à orienter ma foi dans le respect plénier de l’autre, sans préjugés ni condamnation. La liberté religieuse telle que décrite par le Concile Vatican II est à ce prix. Le dialogue interreligieux commence là où deux personnes de religions différentes accueillent ensemble la volonté de Dieu. Ceci aussi bien dans la prière que dans l’action.
Beaucoup de chrétiens sont prêts à persister dans la voie du dialogue. D’autres y sont réticents, par crainte de «relativisme». Or, l’authentique dialogue interreligieux, loin de relativiser, a pour objet de coopérer à la justice et à la paix dans le monde, en vue du bien véritable de l’homme.
Il s’agit donc d’élargir toujours plus le cercle de ceux qui sont convaincus de la pertinence historique du dialogue interreligieux pour notre temps. Ce dialogue est appelé à irradier les communautés locales.
Des photos de la rencontre et de Mgr Bürcher peuvent être commandées à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: info@ciric.ch
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