Fribourg: Décès du dominicain Heinrich Stirnimann, ancien recteur de l’Université
Fribourg, 10 juin 205 (Apic) Le dominicain Heinrich Stirnimann, ancien recteur de l’Université de Fribourg et ancien doyen de la Faculté de théologie, est décédé le 9 juin à l’âge de 85 ans. Il avait lancé avec six autres professeurs la Société suisse de Théologie en 1959 et fondé l’Institut oecuménique de Fribourg en 1964.
C’est à Ilanz, dans la maison de la communauté des dominicains, où il a exercé la fonction de conseiller spirituel, que le Père Heinrich Stirnimann s’en est allé. Il était une des plus grandes figures de l’oecuménisme du 20e siècle en Suisse. Sa sépulture aura lieu mardi 14 juin à 14h à Ilanz dans les Grisons.
Né le 15 juin 1920 à Lucerne, Heinrich Stirnimann étudia l’architecture avant d’entrer à l’Université de Fribourg pour y suivre dès 1940 des études de philosophie. Entré dans l’ordre des dominicains à Chieri près de Turin en 1942, il fréquenta ensuite la Faculté de théologie de Fribourg. Heinrich Stirnimann est ordonné prêtre en 1947 et obtient la licence en théologie l’année suivante. Il acquiert le doctorat en théologie en 1950 à l’Angelicum à Rome. C’est ensuite à Tallaght près de Dublin qu’il enseigne la théologie fondamentale et l’apologétique à la maison d’étude des dominicains. Il reprend ces mêmes branches en 1952 à l’Université de Fribourg en qualité de professeur extraordinaire, avant de devenir professeur ordinaire en 1957. Il endosse ensuite la fonction de doyen de la Faculté de théologie durant l’année académique 1958-59.
Heinrich Stirnimann lance en 1959, avec six collègues théologiens de Suisse, l’idée de fonder une société scientifique, dont le but serait d’offrir un espace pour le dialogue entre théologiennes et théologiens de toutes les confessions. Les réactions furent très encourageantes, si bien que la décision de fonder la Société fut prise à Berne en 1964 et l’assemblée constituante se déroula l’année suivante. Autre initiative du dominicain: la fondation en 1964 de l’Institut d’études oecuméniques de Fribourg, qui tire sa principale orientation dans la recherche de l’unité des chrétiens voulue par le Concile Vatican II. L’institut regroupe des professeurs de théologie dont les cours comportent un lien explicite avec l’unité des chrétiens. Le Père Stirnimann a d’ailleurs pris une part active au Concile Vatican II, où il a fonctionné comme expert.
Recteur de l’Université à une période charnière
En 1968, l’assemblée plénière des professeurs de l’Université de Fribourg l’élit à la charge de recteur. Il restera plus de deux ans à cette fonction. Le quotidien fribourgeois « La Liberté » du 19 avril 1971 rendait hommage au recteur sortant qui a accompli sa fonction « à un moment où, partout, l’institution universitaire était remise en cause, à l’instant même où les ondes de choc de la ’convulsion salutaire’ de mai 1968, parties d’un épicentre parisien déjà presque refroidi, atteignaient de plein fouet la Haute Ecole fribourgeoise ». Quelques mois plus tard, l’Université de Fribourg était d’ailleurs secouée par une intervention dans laquelle un confrère de Heinrich Stirnimann, le Père Pfürtner, causait un scandale en remettant en question la morale sexuelle prônée par l’Eglise catholique.
C’est en 1982 qu’il quitte l’Université de Fribourg, où il était professeur de théologie fondamentale. Le Père Stirnimann avait reçu le titre de docteur honoris causa de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Berne en 1979. Parmi ses nombreux engagements, il a présidé la commission de dialogue de l’Eglise catholique en Suisse avec les Eglises protestantes et a été directeur et rédacteur de la revue de philosophie et théologie « Divus Thomas ». (apic/bb)
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