Zimbabwe: Mugabe lutte contre la pauvreté en démolissant les maisons des pauvres
Harare, 10 juin 2005 (Apic) Le secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) dénonce la politique de Robert Mugabe contre la pauvreté. Le président du Zimbabwe mène une opération de démolition, d’arrestations et d’expulsions à Harare et dans d’autres villes du pays.
«Je ne peux croire qu’un gouvernement qui se dit authentiquement engagé à aider les pauvres et les déshérités se lance dans de telles actions», a écrit le pasteur Ishmael Noko, lui-même un Zimbabwéen, dans une lettre adressée au président Mugabe le 9 juin et reprise par l’agence oecuménique ENI. Le secrétaire général de la FLM appelle le président zimbabwéen à «lutter contre la pauvreté, et non contre les pauvres».
Depuis le 18 mai, rappelle ENI, des milliers de zimbabwéens ont été chassés de force par la police des zones de marché parallèle de la capitale, dans le cadre d’une opération qui vise à restaurer l’ordre, nettoyer les centres urbains et lutter contre le commerce illégal en devises étrangères. De telles actions ont eu lieu dans d’autres villes du pays où des taudis ont été démolis.
La Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) a exprimé la crainte que de nombreux Zimbabwéens, en particulier des femmes et des enfants, ne risquent d’attraper des maladies après avoir été jetés à la rue suite à ces démolitions. Le secrétaire général de la CETA, le pasteur Mvume Dandala, a exprimé l’espoir dans un communiqué que le gouvernement garantira la protection de ses citoyens et l’application de la loi.
Une punition contre les opposants de Mugabe
Les habitants de Harare ont expliqué que des camions de la police et de l’armée étaient présents dans les rues de la capitale le 10 juin, deuxième jour d’une grève générale organisée pour protester contre les démolitions de maisons et l’arrestation de milliers de vendeurs de rue. Les autorités prétendent que cette opération est menée pour lutter contre l’insalubrité. L’opposition y voit une punition à l’égard de ceux qui ont voté contre le gouvernement lors des élections de cette année.
La Commission des droits de l’homme des Nations Unies estime à 200’000 le nombre de personnes aujourd’hui sans-abri à la suite de ces expulsions. Pour le pasteur sud-africain Mvume Dandala, président de la CETA, «lorsque l’air est empli de cris de désespoir, il est impératif que l’opposition, le gouvernement et les citoyens du Zimbabwe laissent une chance à la paix et au dialogue.» (apic/eni/bb)
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