Rome: Unité des chrétiens: Le secrétaire général du COE réclame des pas concrets
Rome, 13 juin 2005 (Apic) Le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) réclame des pas concrets en vue l’unité des chrétiens, avant sa rencontre prévue avec Benoît XVI au Vatican le 16 juin 2005. C’est ce qu’il a confié au correspondant de l’Apic à Rome.
Le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), interviewé peu avant son arrivée à Rome le 12 juin 2005 par le partenaire de l’Apic à Rome, l’agence I.MEDIA, a déclaré vouloir aller au-delà des mots en matière d’unité des chrétiens.
Du 12 au 16 juin 2005, le pasteur méthodiste kenyan Samuel Kobia est en visite à Rome pour des rencontres avec de nombreux représentants de l’Eglise catholique, mais aussi d’Eglises italiennes évangéliques et protestantes.
« Nous allons pouvoir commencer à voir ensemble quels pas concrets nous allons faire de façon à rejoindre une autre étape, celle de l’unité pleine et visible des chrétiens », a expliqué à I.MEDIA le pasteur Kobia en vue de sa rencontre avec Benoît XVI, prévue le 16 juin 2005. Cette rencontre, a confié Samuel Kobia, « sera l’occasion de nous connaître l’un et l’autre (.) ainsi que de discuter des domaines dans lesquels nous pouvons travailler ensemble ».
« Je suis d’accord avec lui (Benoît XVI, Ndlr), nous devons définitivement aller au-delà des mots pour parvenir à l’unité », a souligné Samuel Kobia à propos des paroles prononcées par le pape à Bari le 29 mai dernier. Lors de son déplacement à l’occasion de la clôture du Congrès eucharistique national italien à Bari, Benoît XVI avait en effet affirmé que, pour retrouver l’unité des chrétiens, « les manifestations de bons sentiments ne suffisent pas », et avait réclamé des « gestes concrets ».
C’est dans cette ville qui conserve les reliques de saint Nicolas que le nouveau pape avait assuré de sa « volonté d’assumer comme engagement fondamental celui de travailler avec énergie à la reconstruction de la pleine et visible unité de tous ceux qui suivent le Christ ». Le 20 avril 2005, au lendemain de son élection, il avait aussi affirmé son « engagement premier » de « travailler sans économiser ses énergies à la reconstitution de l’unité pleine et visible de tous les disciples du Christ ».
« Encouragé » par les paroles de Benoît XVI
Le secrétaire général du COE s’est dit « très encouragé par les paroles de Benoît XVI depuis le début de son pontificat, car elles montrent qu’il y a tant de choses que nous pouvons faire ensemble ». Ajoutant que cela contredit ce que d’aucuns disaient de Benoît XVI, affirmant qu’il ne serait pas aussi engagé que ses prédécesseurs dans l’oecuménisme.
« Je pense que le nouveau pape, qui a été membre d’une commission de travail avec le COE au début des années 70, connaît très bien notre organisation », a encore souligné son secrétaire général, avant d’ajouter qu’il compte ainsi sur « un dialogue beaucoup plus solide avec le Vatican ».
« Nous allons avoir la chance de discuter, à Rome, de l’expérience de ces quarante années de groupe mixte de travail, et mon espoir est que nous allons être capables de renforcer nos relations », a souhaité le secrétaire général du COE. Il a ainsi désiré « faire des progrès autour de la question du baptême » et « plus particulièrement aussi dans le domaine de l’Eucharistie ». « Si nous rendons possible l’hospitalité eucharistique entre de nombreux membres du COE et l’Eglise catholique, cela renforcera les relations », a affirmé Samuel Kobia.
Interrogé sur la primauté du pape, Samuel Kobia a répliqué que cette primauté peut être « forte et bonne si elle permet d’avancer vers l’unité des chrétiens, apporter la paix et la justice dans le monde ».
A la question de savoir si le Conseil oecuménique des Eglises va proposer à l’Eglise catholique d’entrer dans l’organisation en tant que membre, le pasteur Kobia a répondu avec le sourire que ce n’était pas le but de sa visite. Il a ajouté que la proposition avait été faite à la fin du Concile Vatican II et qu’il en avait été décidé autrement, « en s’accordant sur les domaines dans lesquels travailler ensemble ». Ainsi, il a souligné « les discussions réellement importantes » qui ont lieu dans le groupe mixte de travail où la moitié des participants sont du COE, l’autre de l’Eglise catholique.
« A mes yeux, a encore noté Samuel Kobia, le COE est le meilleur endroit pour rassembler les différentes Eglises, et nous voyons apparaître de nombreux accords entre les Eglises membres ». « Ainsi, le COE peut rassembler ces Eglises et être capable de dialoguer avec l’Eglise catholique romaine en leur nom », a-t-il précisé.
Enfin, le pasteur Samuel Kobia a confié que ce projet de visite au Vatican était prévu de longue date mais avait été ajourné en raison de la mauvaise santém puis de la mort de Jean Paul II. Il s’est avoué « très heureux » que Benoît XVI ait bien voulu planifier ce rendez-vous « aussi vite ».
Lors de l’élection de Benoît XVI, le pasteur Kobia avait décrit le nouveau pape comme un homme « connu pour son intégrité théologique et sa loyauté ecclésiale, sa simplicité évangélique et sa sensibilité pastorale », le pasteur Kobia avait exprimé l’espoir que sous son pontificat, « l’Eglise catholique romaine, avec un engagement renouvelé, s’attacherait à manifester, dans la vie des fidèles et de l’Eglise les enseignements et l’esprit d’ouverture oecuménique dont le Concile Vatican II a donné l’exemple. »
Importante délégation de 8 délégués du COE à Rome
Le pasteur méthodiste d’origine kenyane Samuel Kobia est en visite à Rome du 12 au 16 juin 2005. A la tête d’une délégation de huit représentants du COE, il rencontrera Benoît XVI le 16 juin 2005 mais s’entretiendra aussi avec les responsables des Conseils pontificaux pour la promotion de l’unité des chrétiens, le dialogue inter religieux, la pastorale de la santé, ou encore Justice et Paix. Dans l’après-midi du 13 juin, il visitera les basiliques patriarcales de Saint-Pierre, Saint-Jean de Latran, Sainte-Marie Majeure et Saint-Paul hors-les-murs. Il rencontrera aussi des responsables du mouvement italien des Focolari et de la communauté de Sant’Egidio.
Au cours de sa visite, la délégation de Genève rencontrera aussi des Eglises membres du COE à Rome, notamment l’Union évangélique baptiste, l’Eglise évangélique méthodiste d’Italie, l’Eglise vaudoise ainsi que la fédération des Eglises protestantes de la péninsule.
Du 18 au 24 juin, le secrétaire général du COE rendra ensuite visite à l’Eglise orthodoxe. Il rencontrera des responsables de l’Eglise orthodoxe et des laïcs, ainsi que des représentants du parlement et du gouvernement russes.
Né le 20 mars 1947 à Miathene (Kenya), le pasteur Samuel Kobia a été élu secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) en août 2003. Il a pris ses fonctions en janvier 2004. De 1999 à fin de 2002, il était directeur du Secteur ’étude et action’ du COE. En 2003, il était directeur et représentant spécial pour l’Afrique du COE. Samuel Kobia, marié et père de quatre enfants, a été consacré comme pasteur dans l’Eglise méthodiste du Kenya.
Le Conseil oecuménique des Eglises (COE), dont le siège est à Genève, rassemble à ce jour 347 Eglises avec pour objectif de parvenir à l’unité des chrétiens. Il représente quelque 400 millions de chrétiens et comprend la plupart des Eglises orthodoxes, un grand nombre de dénominations issues des traditions historiques de la Réforme protestante – anglicane, baptiste, luthérienne, méthodiste et réformée – ainsi que de nombreuses Eglises unies et indépendantes. L’Eglise catholique romaine ne fait pas partie du COE. (apic/imedia/ami/vb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse