Rome: Le Saint-Siège salue l’annulation de la dette des pays les plus pauvres par le G8
Rome, 15 juin 2005 (Apic) Le Saint-Siège, par la voix du Conseil pontifical Justice et Paix, a salué l’annulation immédiate de la dette multilatérale de 18 pays pauvres, pour un montant de 40 milliards de dollars, annoncée à Londres le 11 juin 2005 par les ministres des Finances du G8.
Dans un communiqué publié le 14 juin 2005, le Conseil pontifical Justice et Paix souhaite par ailleurs que cet argent serve réellement au développement et réclame l’augmentation de l’aide aux pays les plus pauvres.
Le 11 juin dernier, les ministres des Finances du groupe des huit pays les plus riches du monde (G8) réunis à Londres, ont décidé, sur proposition du Premier ministre britannique Tony Blair, d’annuler la dette accumulée par dix-huit pays les plus pauvres de la planète auprès des organismes internationaux. Cette dette s’élève à plus de 40 milliards de dollars et concerne le Bénin, la Bolivie, le Burkina Faso, l’Ethiopie, le Ghana, la Guyana, le Honduras, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Nicaragua, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie. D’ici 18 mois, neuf autres pays bénéficieront d’une mesure similaire, à hauteur de 11 milliards de dollars. Et 11 autres Etats pourraient bénéficier d’une annulation de 100% de leur dette, pour un montant de 4 milliards de dollars, une fois qu’ils auront rempli les critères nécessaires.
« Le Conseil pontifical Justice et Paix fait bon accueil à l’annonce par les gouvernements des huit nations les plus riches du monde de l’effacement de la dette de 40 milliards de dollars due par 18 pays en voie de développement », indique le communiqué. Le département du Vatican chargé des questions de justice et de paix salue aussi « le plan visant à étendre le programme de l’annulation de la dette à vingt autres pays ».
Cependant, le Conseil pontifical réclame « que l’argent qui va être désormais libéré soit utilisé pour provoquer des opportunités de développement réelles et soutenables pour les peuples de ces pays ». Il explique que « ceci peut être accompli en fournissant les marchandises publiques nécessaires comme l’eau propre, une hygiène sûre, la santé de base et des opportunités éducatives ».
Un souhait émis de longue date
Le Conseil Justice et Paix voit dans cette décision « un signe clair de la solidarité que les peuples des nations développées doivent avoir pour ceux qui vivent dans les pays en voie de développement ». Et d’ajouter qu’il est « de la responsabilité des gouvernements de toutes les nations de continuer à travailler pour réaliser les promesses qui ont été faites au cours des trente dernières années », ce qui « inclut l’engagement à fournir 0,7 % du PIB des pays développés pour aider au développement officiel des pays en voie de développement » (les ’objectifs du millénaire’ fixés par les Nations Unies en 2000, ndlr). « La promesse a été faite, souligne le communiqué, mais seule une petite fraction de cet argent a été fournie ». Le Conseil pontifical Justice et Paix estime ainsi que ce geste du G8 est seulement « la première de beaucoup de mesures » et déclare avec fermeté que « les pays développés ne peuvent pas continuer à faire des promesses vides et de s’accorder sur les programmes de développement qui ne seront pas effectués ».
Enfin, le Conseil pontifical Justice et Paix souligne que l’Eglise a réclamé, « pendant de nombreuses années, la réduction ou la totale annulation des dettes dues aux pays développés par les pays en voie de développement ». Il rappelle que Jean Paul II, dans plusieurs messages à l’occasion de la Journée mondiale de la paix, a parlé « du fardeau que représentent ces dettes pour les pays en développement ». A l’occasion du Jubilé de l’An 2000, Jean Paul II avait aussi demandé expressément une réduction de la dette des pays pauvres dans sa Lettre apostolique Tertio Millennio Adveniente publiée dès 1994.
Dans son édition datée du 12 juin 2005, le quotidien du Vatican, « L’Osservatore Romano », a lui aussi salué le geste du G8 et s’est réjoui que l’annulation de la dette extérieure des pays en voie de développement ne soit plus « un mirage ».
Les 9 pays qui sont considérés comme près du point d’achèvement en vue de l’annulation de leur dette sont le Cameroun, le Congo Démocratique, la Gambie, la Guinée (Conakry), la Guinée Bissau, le Malawi, Sao Tomé, la Sierra Leone et le Tchad.
Le G8 regroupe en son sein l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Japon et la Russie. (apic/imedia/ami/pr)
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