Etats-Unis: Le Vatican confirme la suppression de la Société de Saint-Jean à Scranton
Scranton, 16 juin 2005 (Apic) La Congrégation vaticane pour le clergé a confirmé la décision de l’évêque de Scranton, dans l’Etat de Pennsylvanie, de supprimer la Société de Saint-Jean. Il s’agit d’une petite organisation de jeunes prêtres traditionalistes en proie à des difficultés financières et des allégations d’abus sexuels contre un mineur commis par deux de ses membres fondateurs.
Mgr Joseph F. Martino, évêque de Scranton, relève que le décret du Vatican, daté du 3 mai, rejette le recours de la Société de Saint-Jean contre sa décision de supprimer ce regroupement de prêtres traditionalistes, qui avaient quitté les rangs de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X de Mgr Marcel Lefevbre.
Dans le journal diocésain de Scranton, « The Catholic Light », on peut lire que l’évêque diocésain a ordonné que les membres de la société dissoute n’aient pas le droit de célébrer l’eucharistie dans la résidence privée qu’ils habitent maintenant. Il leur est également interdit de récolter des fonds et ils sont sommés de faire clairement savoir sur leur site internet – www.ssjohn.org – que la Société de Saint-Jean n’est plus reconnue comme une entité ecclésiale de l’Eglise catholique romaine. Le 15 juin, le site décrivait encore la société comme « travaillant sous le leadership du pape et des évêques de l’Eglise », sans faire référence à sa suppression, relève l’agence de presse catholique américaine CNS.
La « Society of St. John » est une organisation de prêtres supprimée en novembre dernier par l’évêque de Scranton, Mgr Joseph F. Martino. Le groupe intégriste a vendu sa propriété de Shohola, dans le Comté de Pike County, achetée en 1999. C’est la difficulté de la Société de faire face à ses obligations en tant qu’entité ecclésiale, ses errements financiers et les allégations d’abus sexuels sur mineurs visant deux de ses membres fondateurs qui ont amené l’évêque de Scranton à prendre cette grave décision, désormais confirmée par le Vatican. Au départ, le diocèse dirigé alors par Mgr James C. Timlin, garantissait le prêt d’un montant de 2’650’000 dollars qu’avait obtenu la Société, mais désormais remboursé par la vente de la propriété.
380’000 dollars au lésé et à sa famille
De plus, le diocèse de Scranton a été d’accord de participer à un règlement du cas porté devant la justice par John Doe et ses parents contre le Père Eric Ensey, le Père Carlos Urrutigoity, la Société de Saint-Jean, la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (une société de vie apostolique approuvée par le Saint Siège en 1988), et la « St Gregory’s Academy », Mgr Timlin et le diocèse. L’accord porte sur une somme de 380’000 dollars. Le jeune homme a accusé les deux prêtres de la Société d’avoir commis contre lui des abus sexuels. C’est en raison des plaintes sérieuses du jeune homme et à la lumière des témoins qui l’appuient que le diocèse a décidé de participer au règlement de cette pénible affaire, qui permettra d’aider la victime et sa famille dans le processus de guérison.
Les membres fondateurs de la Société sont arrivés dans le diocèse de Scranton à la fin octobre 1997. Il y avait alors quatre prêtres, deux diacres, et un séminariste. Ils seront bientôt rejoints par deux personnes supplémentaires, un prêtre et un séminariste. Ils étaient auparavant tous membres de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, et avaient pour objectif de restaurer une société chrétienne. La « Society of St. John » se targue d’une « alliance spirituelle » avec l’Abbaye bénédictine de Fontgombault, en France. (apic/cns/com/be)
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