France: Les évêques ne veulent pas toucher à l’équilibre entre Eglises et Etat
Paris, 16 juin 2005 (Apic) Edictée en 1905 la loi «concernant la séparation des Eglises et de l’Etat» en France avait été jugée inacceptable par le pape Pie X. Elle signifiait alors le refus de reconnaissance légale de certaines congrégations, l’expulsion de leurs membres et la rupture unilatérale des relations diplomatiques de la France avec le Saint-Siège. Un siècle plus tard, les évêques français s’en déclarent satisfaits et ne veulent plus la changer.
«Nous ne pensons pas qu’il faille changer la loi de 1905. Certes, il n’est pas dans notre intention de l’idéaliser. Mais, alors que la loi n’utilise pas le mot «laïcité», on en est venu à la considérer comme l’expression d’un équilibre satisfaisant des relations entre l’Etat et les organisations religieuses; elle a acquis par là une valeur symbolique certaine», soutient la Conférence épiscopale française dans un communiqué diffusé le 16 juin. Les évêque de l’Hexagone ont tenu du 13 au 15 juin leur assemblée plénière à Chevilly-Larue dans le Val de Marne.
C’est à le demande du pape défunt Jean Paul II, par lettre du 11 février dernier, que les prélats se sont penchés sur cette loi «qui a été ressentie, au moment où elle a été votée, comme une violence et un véritable traumatisme par beaucoup de catholiques français», relève la Conférence épiscopale. Celle-ci relève que «le siècle écoulé depuis la promulgation de la loi a vu se produire d’importants changements». Ainsi, «cette loi fit l’objet, par la jurisprudence des tribunaux et la pratique administrative, d’interprétations ouvertes, dans la ligne indiquée par Aristide Briand lui-même: ce qui aurait pu être une loi de combat a cédé devant un esprit d’apaisement».
Il n’y a pas séparation entre Eglises et société
Les évêques français présentent dans leur document leur conception de la laïcité: «Etat et Eglise catholique sont dans deux registres distincts. A quelque niveau que ce soit (national, régional, départemental, communal), les pouvoirs publics n’interviennent pas dans la vie interne de l’Eglise, et l’Eglise n’a pas vocation à gérer le politique. Cette autonomie ne signifie pas ignorance mutuelle puisque l’Etat et l’Eglise sont ’au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes’ (Gaudium et spes). Mais, ajoutent les évêques, «la séparation entre Eglises et Etat n’équivaut pas à une séparation entre Eglises et société». Et de rappeler que l’Etat «a le souci de la juste intégration des confessions religieuses dans le jeu de la vie sociale, en respectant l’inviolabilité des consciences». Cette ’saine et légitime’ (Pie XII, 28 mars 1958) conception de la laïcité, souligne la Conférence épiscopale, «se distingue de certaines conceptions radicales de la laïcité qui sont une approche négative du religieux, une volonté de réduire l’influence sociale des religions et de renvoyer celles- ci au seul domaine de l’intime et des convictions personnelles». Les évêques se disent inquiets face à «la résurgence – en certains lieux – d’attitudes et de prises de position marquées par un laïcisme qu’on aimerait croire dépassé».
Mais, même si des questions nouvelles se posent cent ans après la promulgation de la loi, les évêques estiment «sage de ne pas toucher à cet équilibre par lequel a été rendu possible en notre pays l’apaisement d’aujourd’hui».
Trois nouveaux secrétaires généraux adjoints
Par ailleurs, lors de leur assemblée plénière, les évêques de France ont nommé trois nouveaux secrétaires généraux adjoints de la Conférence épiscopale de France (CEF). Il s’agit de Mgr André Dupleix, et des abbés Antoine Hérouard et Jean Quris. Mgr Dupleix, âgé de 61 ans, est jusqu’à maintenant directeur du Service national du catéchuménat et secrétaire de la Commission épiscopale de la catéchèse et de catéchuménat. L’abbé Hérouard, 49 ans, chanoine titulaire à la cathédrale Notre-Dame de Paris, est vicaire épiscopal pour la solidarité et aumônier diocésain du Secours catholique. L’abbé Quris, 56 ans, est depuis 2000 vicaire épiscopal de Cholet et du choletais.
Tous trois remplaceront les Pères Bernard Hayet et Jean-Paul Larvol, qui termineront le 31 août leur mandat au secrétariat général de la CEF. Les nouveaux collaborateurs seconderont le secrétaire général, Mgr Stanislas Lalanne. (apic/com/bb)
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