Les élections doivent mener la reconstruction morale de la société

Rome: Benoît XVI souhaite que l’ordre démocratique soit rétabli au Zimbabwe

Rome, 16 juin 2005 (Apic) Benoît XVI a souhaité que le Zimbabwe retrouve l’ordre démocratique, en recevant le 16 juin es lettres de créance de David Douglas Hamadziripi, nouvel ambassadeur du Zimbabwe auprès du Saint-Siège.

« C’est mon espoir ardent, a déclaré Benoît XVI, que les élections (de mars 2005) contribuent non seulement à la pacification et au rétablissement économique du pays, mais amènent également à la reconstruction morale de la société et à la consolidation de l’ordre démocratique ». « Le grand défi de la réconciliation nationale exige aussi des efforts dans le sens de la justice et du respect de la dignité et des droits des autres ».

Le souverain pontife a ensuite souhaité que les dirigeants du pays soient particulièrement attentifs aux pauvres et aux jeunes, « les plus affectés par l’instabilité politique et économique ». Il a invité les autorités à faire de « véritables réformes afin de satisfaire leurs besoins de base et de leur ouvrir de nouveaux espoirs ». Il faut au pays « une conduite responsable », « honnête », a déclaré Benoît XVI en rappelant les observations faites par les évêques du Zimbabwe à la veille des élections. Le « bien commun » ne peut être atteint que si des chefs politiques se « consacrent à assurer le bien-être des individus et des groupes dans un esprit d’intégrité et d’équité », a-t-il poursuivi. « Pour sa part, l’Eglise demande seulement la liberté pour mener à bien sa propre mission », a conclu le pape.

Le nouvel ambassadeur zimbabwéen auprès du Saint-Siège, David Douglas Hamadziripi, est né en 1959. Il est marié et père de trois enfants. Il a débuté sa carrière diplomatique en 1981. Ancien ambassadeur au Mozambique et au Swaziland, il est aussi actuellement ambassadeur à Paris, où il réside.

Démolitions massives dans les bidonvilles

Les députés du Mouvement pour un changement démocratique (Mdc, principal parti de l’opposition) ont, selon l’agence Chine nouvelle, boycotté le 9 juin dernier l’ouverture officielle du nouveau parlement du Zimbabwe. Le Mdc avait obtenu 41 sièges aux élections législatives de mars 2005 contre 78 pour le parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) dirigée par le dictateur Robert Mugabe. L’opposition a lancé un appel à la grève générale pour protester contre les démolitions massives de bidonvilles dans le cadre de la campagne gouvernementale « Rétablissement de l’ordre » en cours depuis environ trois semaines.

L’opposition zimbabwéenne bénéficie de l’appui des occidentaux, particulièrement des Britanniques. Le président Mugabe, 81 ans, est la tête du pays depuis 1987. Il en était auparavant premier ministre depuis 1980. Depuis le début des années 2000 et sa volonté de réforme agraire (passant par l’expropriation des fermiers blancs qui assuraient 80% du revenu national), il a plongé l’ancien ’grenier à blé’ de l’Afrique dans la pénurie alimentaire. C’est par la violence que le processus s’est mis en route alors qu’un fort mouvement de mécontentement s’est propagé dans le pays touché par le ralentissement économique et la corruption du pouvoir. Le pays s’est enfoncé dans une crise sans précédent. 70% de ses citoyens sont sans emplois. Le pays autrefois prospère doit souscrire au Programme alimentaire mondial.

Le Zimbabwe a été suspendu du Commonwealth par la Grande-Bretagne. Le président et ses proches sont interdits de séjour en Europe et aux Etats- Unis. En 2003, le Congrès américain a imposé au pays une multitude de sanctions financières et économiques dénoncées comme racistes par Robert Mugabe. En 2005, le président George W. Bush a cité le Zimbabwe parmi « les postes avancés de la tyrannie » au côté de Cuba et de la Corée du Nord. (apic/imedia/hy/bb)

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