Rome: Le secrétaire général du COE veut approfondir le dialogue avec l’Eglise catholique
Rome, 17 juin 2005 (Apic) Le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises Samuel Kobia a exprimé son désir d’approfondir la coopération du COE avec l’Eglise catholique lors d’une conférence de presse donnée à Rome le 16 juin 2005, peu après sa rencontre avec Benoît XVI. Après trois jours de visite à Rome auprès de différents dicastères du Vatican, le pasteur méthodiste venait en effet d’être reçu le pape.
«Le pape nous a très bien reçus» et «très chaleureusement», a ainsi déclaré le pasteur kenyan à la suite à sa rencontre au Vatican avec Benoît XVI en présence de la délégation oecuménique du COE à Rome depuis le 12 juin dernier. «Nous avons parlé d’un certain nombre de problèmes d’intérêt commun, particulièrement concernant le mouvement oecuménique», a-t-il expliqué, citant les domaines de la spiritualité, de la formation et de l’ecclésiologie qu’il avait abordés dans son discours. Il a aussi qualifié «de joie» pour le COE le fait que le pape ait «réitéré une nouvelle fois son désir» de faire du dialogue oecuménique «une priorité», de façon à atteindre l’unité visible entre les Eglises chrétiennes. Le fait qu’il l’ait redit aujourd’hui est «très significatif pour moi», a ainsi déclaré Samuel Kobia.
Le pasteur kenyan qui a aussi été reçu personnellement par le pape pendant une dizaine de minutes avant la rencontre officielle de Benoît XVI avec la délégation du COE dans la bibliothèque du palais apostolique, a précisé que durant cette rencontre, il avait parlé de l’Afrique. Pour lui, ce continent est «un grand espoir pour le christianisme» en raison du nombre croissant de chrétiens. Mais il a aussi parlé au pape de ces chrétiens qui «profitent de l’Evangile pour s’enrichir». «L’Evangile de la prospérité est pour moi un domaine de grande préoccupation», a-t-il ainsi expliqué. L’Afrique est aussi le continent «de la pauvreté, du sida, souvent du désordre». Nous devons chercher à aider les Africains à avoir «des vies dignes dans des communautés durables, où la paix et les droits de l’homme sont respectés», a-t-il encore rapporté.
Invitation: une question prise en compte
A propos de ’invitation faite au pape le 16 juin de se rendre à Genève, où siège le COE, Samuel Kobia a répondu qu’il n’avait «pas eu de réponse directe mais on nous a dit que cette question serait prise en considération».
Interrogé au niveau ecclésiologique sur le fait que Benoît XVI ait été l’auteur en l’an 2000 de «Dominus Iesus» et du document «sur les Eglises soeurs» de la Congrégation de la doctrine de la foi, qui ne considèrent pas les Eglises issues de la Réforme comme des Eglises à part entière, le pasteur Kobia a répondu qu’il n’avait pas parlé de ce sujet avec le pape. Cependant, il a tenu à redire que dans son discours, il avait signalé que «l’une des tâches concrètes qui les rapprocherait de l’unité cherchée» est celle de «la reconnaissance mutuelle des autres Eglises». «C’est un sujet sur la table que nous allons certainement continuer à discuter, mais pour moi c’est quelque chose de très important», a-t-il insisté. Il a aussi précisé qu’il voulait prendre «comme point de départ sur ce problème ce que Benoît XVI avait dit depuis qu’il a été élu pape».«Si nous commençons avec ce que le pape a dit depuis qu’il est pape, je pense qu’il y a assez de place pour exprimer tous les problèmes difficiles» que nous rencontrons.
Hospitalité eucharistique et COE
Concernant le la question de l’hospitalité eucharistique entre les différentes confessions chrétiennes, Samuel Kobia a expliqué qu’il n’avait pas «commencé à en parler» avec le pape. «J’ai mentionné le fait qu’entre les Eglises, il y a eu de grands progrès dans ce domaine», a-t-il cependant déclaré. Pour lui, ce sujet «figurera» dans les discussions au moment de la réévaluation des quarante ans du groupe de travail mixte entre l’Eglise catholique et le COE. Une consultation aura lieu en novembre 2005 au sujet des quarante ans de ce groupe de travail et portera sur son futur.
«Nous n’avons pas parlé de l’appartenance de l’Eglise catholique au COE», a poursuivi le pasteur interrogé à ce sujet, soulignant que l’»invitation» était «ouverte» depuis le Concile Vatican II. «Ce que nous avons souligné sont les domaines de travail» où nous pouvons travailler ensemble, particulièrement par le biais du travail du groupe mixte entre l’Eglise catholique et le COE, une «excellente opportunité». Ces discussions pourront «mener à des discussions plus tard sur comment et à quel niveau nous continuerons la coopération», a-t-il espéré.
Enfin interrogé sur le travail du COE avec les Eglises orthodoxes, le pasteur Kobia a expliqué que le COE avait eu «une commission spéciale sur la participation orthodoxe» en son sein. Nous avons ainsi gagné «une grande connaissance de l’orthodoxie». Il a aussi expliqué qu’on «pourrait avoir besoin» du COE pour renforcer dans certains cas le dialogue entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe. Il a aussi précisé qu’il allait se rendre à Moscou pour rencontrer l’Eglise orthodoxe russe la semaine prochaine.
Regard sur l’Afrique
Samuel Kobia a finalement parlé de sa visite dans les différents dicastères et auprès de différents mouvements chrétiens à Rome, dont la communauté Sant’Egidio, expliquant qu’il avait beaucoup parlé de l’Afrique notamment sur les sujets du Sida, de la croissance rapide des Eglises en Afrique et de la situation des enfants notamment au nord de l’Ouganda où la résistance de «l’Armée du Seigneur» est responsable «d’atrocités indescriptibles» subies par les enfants.
Le pasteur méthodiste d’origine kenyane Samuel Kobia est en visite à Rome du 12 au 16 juin 2005. A la tête d’une délégation de huit représentants du COE, il a rencontré Benoît XVI le 16 juin 2005 mais s’est aussi entretenu avec les responsables des Conseils pontificaux pour la promotion de l’unité des chrétiens, pour le dialogue inter religieux, pour la pastorale de la santé, ou encore Justice et Paix. Il a aussi rencontré des responsables du mouvement italien des Focolari et de la communauté de Sant’Egidio. Au cours de sa visite, la délégation de Genève a aussi rencontré des Eglises membres du COE à Rome, notamment l’Union évangélique baptiste, l’Eglise évangélique méthodiste d’Italie, l’Eglise vaudoise ainsi que la fédération des Eglises protestantes de la péninsule.
Né le 20 mars 1947 à Miathene (Kenya), le pasteur Samuel Kobia a été élu secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) en août 2003. Il a pris ses fonctions en janvier 2004. De 1999 à fin de 2002, il était directeur du Secteur «étude et action» du COE. En 2003, il était directeur et représentant spécial pour l’Afrique du COE. Samuel Kobia, marié et père de quatre enfants, a été consacré comme pasteur dans l’Eglise méthodiste du Kenya.
Le Conseil oecuménique des Eglises (COE), dont le siège est à Genève (Suisse), rassemble à ce jour 347 Eglises avec pour objectif de parvenir à l’unité des chrétiens. Il représente quelque 400 millions de chrétiens et comprend la plupart des Eglises orthodoxes, un grand nombre de dénominations issues des traditions historiques de la Réforme protestante – anglicane, baptiste, luthérienne, méthodiste et réformée – ainsi que de nombreuses Eglises unies et indépendantes. L’Eglise catholique romaine ne fait pas partie du COE. (apic/imedia/ar/pr)
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