Espagne: Manifestation dans les rues de Madrid contre le mariage homosexuel.
Rome, 19 juin 2005 (Apic) L’archevêque de Madrid, le cardinal Antonio Maria Rouco Varela, a pris samedi la tête de la manifestation contre le mariage homosexuel, organisée à Madrid par le Forum espagnol de la famille (FEF), avec le soutien officiel de l’Eglise catholique et de l’opposition de droite.
Une vingtaine d’évêques espagnols étaient présents. Mais de nombreux autres avaient préféré s’abstenir, qualifiant la manifestation de politique.
Dans une interview au quotidien italien « Il Corriere della Sera » du 19 juin, le cardinal Antonio Maria Rouco Varela a s’est aussi exprimé sur le droit à l’objection de conscience.
C’est « pour soutenir les organisations familiales qui l’ont convoquée », que l’archevêque de Madrid a décidé de participer à cette manifestation contre le mariage homosexuel. « Il faut dire que ce qui se passe relève d’une gravité notable : la famille resterait complètement sans protection avec les modifications de lois que l’on veut porter à terme », a- t-il ajouté. « Nous appuyons aussi les organisations pour la famille au niveau personnel : au fond, beaucoup d’elles sont catholiques et méritent un soutien de notre part ».
« Nous ne voulons pas être protagonistes », a par ailleurs affirmé le prélat espagnol. « Les protagonistes, ce sont les organisations et les laïcs qui ont pensé, préparé la manifestation ». « Effectivement cela peut paraître étrange » que nous accompagnions cette manifestation. « Mais ce qui se passe est d’une gravité extraordinaire », a-t-il affirmé. « Nous voulons rappeler l’attention du gouvernement et de la majorité parlementaire qui l’appuient ». « Ce serait fantastique que la manifestation porte quelques fruits dans le processus parlementaire du projet de loi qui n’est pas encore conclu », a encore espéré le cardinal Rouco Varela.
« L’objection de conscience est un droit universel qui n’admet pas d’exception », a-t-il ensuite affirmé le cardinal Rouco Varela, répondant à la question de savoir si le chef d’Etat a droit à l’objection de conscience, même si le roi d’Espagne a déjà laissé comprendre qu’il n’entend pas s’en servir. « Autre chose est qu’une personne décide de ne pas utiliser ce droit », a souligné l’archevêque de Madrid.
Absences remarquées
Interrogé sur l’opinion qu’il porte sur les homosexuels, le cardinal espagnol a estimé que ce sont « des personnes dignes de respect ». « Ils sont des enfants de Dieu que j’ai le devoir de respecter et d’aider pour ce qui me concerne », a-t-il affirmé. Mais « c’est autre chose de reconnaître et de convertir leur relation en une formule juridique reconnue par l’Etat comme le mariage entre un homme et une femme ». « On ne peut pas les traiter de la même manière ».
A la question de savoir pourquoi la conférence épiscopale n’a pas soutenu expressément d’autres causes ou manifestation comme celle contre la faim du dimanche 12 juin à Madrid, le cardinal Rouco Varela a estimé qu’il faut d’abord distinguer « la nature du problème et la nécessité de la réponse ». « Avant tout, la conférence épiscopale soutient des actes contre la faim à travers des institutions comme la Caritas » par exemple. « Si une loi prohibait ou supprimait les aides au Tiers Monde, il est sûr que nous descendrions manifester », a-t-il souligné. Plusieurs absences ne sont toutefois pas passées inaperçues samedi, comme celle du président de la Conférence des évêques d’Espagne et évêque de Bilbao, le cardinal Antonio Maria Rouco Varela. Selon la police nationale, la manif a rassemblé 150’000 personnes, les organisateurs ont multiplié ce chiffre par dix. Le quotidien « El Pais » estime pour sa part à 180’000 le nombre de manifestants.
Le gouvernement espagnol est sur le point de légaliser le mariage des homosexuels. Il a déjà réformé la législation en matière de divorce et d’avortement. Un débat agite l’Espagne sur la liberté de conscience des catholiques et leur devoir de s’opposer à la loi autorisant les mariages homosexuels. La manifestation de samedi risque fort d’accentuer encore le clivage politique en Espagne, et pas seulement sur la question du mariage des homosexuels.
Le 21 avril dernier, les députés espagnols ont voté en faveur de la législation autorisant le mariage homosexuel et facilitant l’adoption d’enfants par des couples du même sexe. Si ce vote est confirmé par le Sénat, l’Espagne deviendra le quatrième pays européen, après les Pays-Bas, la Belgique et la Suisse à autoriser les unions entre homosexuels. (apic/imedia/ms/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse