Le voyage de la dernière chance des migrants subsahariens

Afrique: 20 juin: Journée mondiale des réfugiés

Algérie, 20 juin 2005 (Apic) Mgr Claude Rault, évêque du diocèse de Laghouat – sud de l’Algérie et Sahara algérien – évoque le phénomène des flux migratoires depuis l’Afrique subsaharienne en direction de l’Afrique du Nord, puis du continent européen. A l’occasion de la Journée mondiale des Réfugiés. « Nous essayons de leur faire reprendre le chemin du retour », ajoute le prélat.

Mgr Claude Rault, évêque du diocèse de Laghouat – sud de l’Algérie et Sahara algérien – a expliqué comment les migrants subsahariens passant par l’Algérie y restent parfois des années, dans le dénuement mais aussi la solidarité.

Il a déclaré à l’agence missionnaire internationale MISNA: « Dans le sud de l’Algérie, nous accueillons très régulièrement des migrants provenant de pays d’Afrique subsaharienne en route vers l’Europe. La population algérienne fait preuve, dans la mesure de ses moyens, d’une grande solidarité à l’égard de ces personnes en détresse, parfois malades ».

En fait ces migrants tendent à devenir des « réfugiés » dans certaines localités du Sahara algérien où ils s’établissent fréquemment: « Ils y restent parfois bloqués plusieurs années » comme à Tamanrasset (au coeur de la région algérienne du Hoggar), « première étape de leur long parcours, en plein coeur du désert. Ils y trouvent des petits boulots afin de survivre sur place et de pouvoir continuer leur voyage vers le Nord » poursuit l’évêque de Laghouat en racontant du terrain un des aspects de ce « voyage de la dernière chance ».

« Pour notre part nous essayons de leur faire reprendre le chemin du retour à la maison car poursuivre le voyage plus au Nord est une entreprise perdue d’avance » ajoute le prélat. Sur leur parcours vers la Méditerranée, plusieurs localités du diocèse de Laghouat (d’une superficie de plus de deux millions de km², en majorité désertique) représentent des « portes de passage » à franchir tour à tour.

Du Nigeria, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Congo.

Les flux sont majoritairement composés d’habitants du Nigeria, du Cameroun mais aussi de la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo et parfois du Ghana et du Mali. Ces migrants, sans statut de réfugié, sont « surtout des hommes mariés qui ont laissé leur famille sur leur terre d’origine. Pour eux, tenter ce voyage est une question de vie ou de mort: au vu des conditions inhumaines dans lesquelles ils vivent, ils considèrent qu’ils n’ont rien à perdre », explique encore à l’agence MISNA l’évêque qui, dans son diocèse, a souvent rencontré et prêté assistance à ces personnes, au détour de Tamanrasset ou de Ghardaïa (partie nord du diocèse), avant qu’ils ne tentent « d’aborder » sur le littoral à Alger, puis à Oran et enfin à Maghnia, à la frontière avec le Maroc, pour tenter un passage par le « funeste » Détroit de Gibraltar.

Mgr Rault a vu ce flux croître au fil des ans sur le territoire algérien qu’il connaît bien, puisqu’il y accomplit son mandat pastoral depuis 1973. « L’Algérie doit affronter une série de problèmes internes et n’est pas en mesure de jouer à plein le rôle de pays d’accueil. Les autorités sont amenées à prendre des mesures pour renvoyer ces migrants dans leur nation d’origine lorsque le flux est trop important ».

Selon l’ONU, le total des réfugiés et déplacés recensés par le HCR (Haut commissariat des Nations Unies aux Réfugiés, était en décembre de 19,2 millions de personnes, soit 13% de plus que l’année précédente; des sources moins officielles parlent de 40, voire 50 millions de personnes. (apic/misna/vb)

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