L’hommage de la présidente Arroyo à l’archevêque

Manille: Les Philippins pleurent la disparition du cardinal Sin

Manille, 23 juin 2005 (Apic) Les Philippins pleurent la disparition du cardinal Jaime Sin, qui a joué un rôle important dans deux soulèvements populaires ayant entraîné la chute de deux présidents de ce pays d’Asie.

Le cardinal Sin est décédé le 21 juin, à l’age de 76 ans, des suites de problèmes de reins et de diabète.

«L’histoire se souviendra de ce jour de tristesse qui a marqué la disparition de ce grand libérateur du peuple philippin et champion de Dieu», a déploré la présidente Gloria Arroyo, sous le coup d’une enquête parlementaire pour fraude lors des dernières élections.

En qualifiant le cardinal Sin de «grand libérateur», la présidente Arroyo faisait référence à son rôle crucial dans deux soulèvements populaires. Lors du premier, en février 1986, Jaime Sin avait encouragé une révolte militaire soutenue par des civils qui a finalement mis fin au règne du président Marcos, qui dirigeait le pays depuis 21 ans, et avait instauré la loi martiale les 14 dernières années.

Le cardinal Sin avait aussi appuyé le ralliement de la population au soulèvement militaire qui a entraîné la chute du président Joseph Estrada, destitué pour avoir empoché des millions de pesos provenant de jeux illégaux.

L’humour du cardinal

Au plus fort de son activité, Jaime Sin, qui avait été nommé archevêque de Manille en 1974, publiait des lettres pastorales dénonçant les abus du régime Marcos. Il a fait de même en condamnant les programmes de contrôle des naissances de Fidel Ramos, président de 1992 à 1998.

Le cardinal était connu pour son humour. Quatorzième d’une famille de 16 enfants, fils d’un père commerçant chinois et d’une mère philippine, il parlait de sa résidence comme de la House of Sin (»maison du péché» car Sin signifie péché en anglais). S’exprimant sur la corruption qui a continué après le renversement de Ferdinand Marcos, il disait: «Nous nous sommes débarrassés d’Ali Baba mais les 40 voleurs sont encore là.»

Selon certains critiques, la politique du pouvoir du peuple que préconisait le cardinal Sin a entretenu l’instabilité à laquelle ont été confrontés les leaders du pays. Un deuil national a été décrété. Ses funérailles devraient être célébrées mardi 28 juin. (apic/eni/pr)

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