L’Eglise met en garde contre toute tentative de blocage

Congo RDC: Processus de transition dans le pays: nouvel appel des évêques

Les évêques de la République démocratique du Congo (RDC) ont mis en garde contre «tout arrêt du processus de transition» dans l’ex-Zaïre. Dans une déclaration faite jeudi à Kinshasa, ils plaident pour «l’ouverture de concertations» entre les forces politiques du pays.

Les prélats congolais ont multipliés ces temps. Le 29 mai déjà, l’archevêque de Kinsangani et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo, Mgr Monsengwo Pasinya, lançait un appel au calme, pour tenter d’apaiser les tensions pré électorales. Dans une déclaration, la Conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO, réaffirmait les préoccupations des prélats catholiques face à la situation socio-politique que traverse la RDC depuis le début de l’année 2005.

Dans sa nouvelle prise de position, les évêques relèvent que «tout arrêt du processus de la transition de quelque manière que ce soit retarderait l’espoir de l’organisation d’élections libres, justes et fiables dans le meilleur délai. C’est pourquoi, il est impérieux de poursuivre courageusement le processus en redoublant d’efforts jusqu’à la tenue des élections».

Dans un texte intitulé «Pourquoi avoir peur? L’avenir du Congo dépend de son peuple», ils condamnent «toutes les manoeuvres de violence d’où qu’elles viennent» et appellent chacun «à la retenue».

Le 2 avril, le président du principal parti d’opposition, Etienne Tshisekedi, avait décrété «la fin de toutes les institutions de la transition le 30 juin 2005 à minuit», appelant au remplacement des actuels dirigeants congolais et laissant planer la menace d’émeutes dans les grandes villes.

«L’ouverture des concertations en vue du dialogue entre les forces sociopolitiques significatives du pays devient impérieuse pour définir les conditions et les termes de référence de la période de prolongation de la transition», estiment les prélats congolais. Ils proposent la mise sur pied à l’issue de ces concertations d’»un comité national multisectoriel». Ce comité aurait tâche d’»assurer le monitoring du processus et de jouer le rôle de médiation entre les institutions chargées de la question électorale et la population».

Créer des conditions de dialogue

«Bien que les élections ne signifient pas l’éradication magique de la misère du peuple congolais, elles constituent néanmoins un pas important vers la démocratie et le développement», conviennent les prélats. Qui s’engagent à intensifier leur «campagne d’éducation civique et électorale».

Devant l’aggravation de la situation politique à l’approche de l’échéance électorale, Mgr Monsengwo, fin mai, avait fait quelques recommandations: «Il faut tout faire pour que puissent être garanties, d’ici la date du 30 juin 2005 et au-delà, les conditions de dialogue positif, de calme, de paix chez tous». Réagissant à la crainte et à la psychose «qui règnent au sein de la population congolaise» à l’approche de la date du 30 juin 2005, il invitait alors le peuple au calme, à ne pas recourir à la violence et à respecter les lois du pays». (apic/ag/dial/pr)

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