Berne: L’Action de Carême délivre son Rapport annuel 2004
Berne, 23 juin 2005 (Apic) L’oeuvre d’entraide catholique, actuellement impliquée dans 25 pays pour 150 projets, veut désormais se concentrer sur 16 d’entre eux. Le Népal laminé par une guerre civile est emblématique de l’engagement sur place de l’oeuvre caritative Action de Carême. Quant à ses ressources financières (plus de 22 millions), elles sont peu ou prou comparables à ces dernières années.
Le principal bailleur de fonds de l’Action de Carême, ce sont les donateurs, a rappelé Antonio Hautle, son directeur, lors d’une conférence de presse à Berne le 23 juin, à l’occasion de son Rapport annuel 2004.
Les actifs se montent à 22.275’200 millions. Quelque 85%, soit 18 millions, proviennent de dons, surtout de paroisses (70%). 3,5 autres millions sont alloués par la DDC, la Direction du développement et de la coopération, et environ un demi-million provient des collectivités publiques. On est toutefois loin des 27 millions de recettes atteints en 1997 pour l’Action de Carême.
Avec son siège à Lucerne, l’Action de Carême, présente encore dans 25 pays de l’hémisphère sud, veut ramener son engagement d’ici 2008 à 16 pays.
Le sort dantesque des femmes des basses castes du Népal
Lors de la conférence de presse à Berne, le 23 juin, deux Népalais engagés dans le Programme Népal de l’Action de Carême ont témoigné de leur travail en faveur des plus exploitées parmi les pauvres, les femmes des basses castes au Népal. Témoignage terrible d’une condition qui ramène les femmes à des bêtes de somme et dont on ignore tout à l’extérieur, au Népal, comme dans d’autres régions du monde. «Ce sujet n’est pas à l’agenda des gouvernements», a déploré Samita Bhattarai, responsable du programme Népal.
Cette jeune femme témoigne du travail informatif et médical réalisé dans l’Ouest du Népal pour enrayer un phénomène intolérable: à cause des accouchements répétés, qui ont lieu à l’écurie – la femme sur le point d’accoucher, étant considérée comme impure – et parce qu’immédiatement après, elle reprend son fardeau – soulever et porter de très lourdes charges sur son dos – avec comme conséquence la descente de l’utérus à l’extérieur (prolapsus), sans compter les risques d’infection. Il faut alors opérer. 500 d’entre elles ont déjà subi cette ablation, grâce à l’organisation partenaire d’Action de Carême. Pour les autres, un travail d’information, avec les maris et les familles tente de se faire.
L’autre responsable du projet Népal, Teeka Bhattarai, a dressé un bref croquis de la situation politico-militaire du pays, où le roi, l’armée et le parlement font face à des rebelles «maoïstes». La situation des quelques- uns qui travaillent pour le projet Népal est dangereuse pour eux et leurs enfants, accusés qu’ils sont de «subversion», par les différentes parties au conflit.
Pactiser avec les maos, avec l’armée.
Antonio Hautle insiste «Nous ne voulons pas arrêter notre aide sur place, même si l’insécurité augmente encore. Il décrit l’insécurité permanente. «Quand le coordinateur suisse de l’Action de Carême quitte Katmandou, on n’a plus de nouvelles de lui pendant une vingtaine de jours. Il faut toujours pactiser avec les maos, ou avec l’armée». C’est pourquoi l’oeuvre ne développe que des projets d’un budget modeste, «l’argent attirant parfois la corruption». En Haïti, où elle soutient un projet d’un autre type, ou à Cap Town en Afrique du sud, où est conduit un programme contre la violence domestique, les projets sont volontairement limités à bien moins de 100’000 francs suisses .
Pour sa part, Chiara Simoneschi-Cortesi, conseillère nationale et membre du Conseil de fondation de l’oeuvre, a rappelé la position de la Suisse par rapport au programme des Nations Unies, Objectifs du millénaire: diminuer de moitié la pauvreté au Sud. En conséquence l’ONU a demandé que les gouvernements européens contribuent par 0,7% de leur PIB (produit intérieur brut) d’ici 2015 à cet objectif. Chiara Simoneschi-Cortesi a rappelé que la Suisse est en-dessous de ce pourcentage, en ce qui concerne l’aide publique. La Fondation Action de Carême demande au gouvernement helvétique, qui a promis d’atteindre 0,4%, de rejoindre le pourcentage de 0,7% du PIB. VB
Les comptes 2005 resteront dans la moyenne
Si les produits se sont élevés en 2004 à 22.275’200 millions, les comptes 2005 seront connus en octobre. Antonio Hautle s’attend à des chiffres plus ou moins comparables, d’autant que la campagne 2005 a bien marché. Les 100’000 roses contre la violence, en avril de cette année, en collaboration oecuménique avec Pain pour le prochain (PPP) et avec l’Eglise catholique chrétienne, a été un succès.
Pour sa part, si l’Action de Carême a récolté quelque 18 millions, PPP en a récolté 13. Chaque oeuvre soutient de son côté ses propres partenaires dans le monde.
La Fondation Action de Carême apporte le soutien de l’Eglise catholique aux projets de coopération et de développement dans le monde, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique latine. L’oeuvre a investi 16’166 francs en 2004 dans des projets pour l’hémisphère Sud et également en Suisse. Conformément à la Convention passée avec la Conférence des évêques, 38,5% de cette somme ont été attribués à des projets pastoraux, 38,5% à des projets de développement et 23% à des projets en Suisse.
Des liens particuliers unissent l’Action de Carême à Pain pour le Prochain (oeuvre protestante) pour la campagne annuelle, qui est commune. Ensuite la somme recueillie est partagée et chaque organisation soutient ses propres partenaires dans les régions pauvres souvent en proie aux conflits, où l’aide sociale et économique est vitale. Rapport annuel sur le site www.fastenopfer.ch ou www.actiondecareme.ch. (apic/vb)
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