Rome: Benoît XVI encourage les efforts de Bartholomé Ier
Rome, 30 juin 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI a assuré Bartholomé Ier, patriarche oecuménique de Constantinople, de son soutien dans ses efforts visant à relancer le dialogue oecuménique.
Un discours tenu le 30 juin à l’occasion de la rencontre les membres de la délégation du patriarcat oecuménique de Constantinople venus à Rome à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, le 29 juin. Benoît XVI Il a en effet reçu en audience Mgr Ioannis, métropolite de Pergame et chef de la délégation, Mgr Gennadios, métropolite de Sassima ainsi que l’archimandrite Bartholomé, vice-secrétaire du saint Synode du patriarcat oecuménique.
Au lendemain de la fête des saints Pierre et Paul, au cours de laquelle il a remis le pallium à 32 archevêques nommés dans l’année et rappelé sa volonté d’arriver à la «pleine unité» entre les chrétiens, le pape a rappelé «la nécessité d’unir les forces et de ne pas économiser son énergie afin que le dialogue officiel, qui a débuté en 1980 entre les Eglises catholiques et orthodoxes dans leur ensemble, reprenne avec vigueur».
Benoît XVI a ainsi tenu à exprimer «ses sentiments de reconnaissance» à Bartholomé Ier qui «est en train de s’employer à réactiver les travaux de la Commission mixte internationale catholique-orthodoxe». «Je désire l’assurer qu’il est de ma ferme volonté de soutenir et d’encourager cette action», a-t-il poursuivi. Le pape a ainsi demandé aux membres de la délégation «d’informer» Bartholomé Ier de sa «volonté» de «poursuivre avec une ferme détermination, dans la recherche de la pleine unité entre tous les chrétiens». «Nous voulons ensemble continuer sur la voie de la communion, et accomplir ensemble de nouveaux gestes et de nouveaux pas, qui conduisent à dépasser les incompréhensions et les divisions qui demeurent».
Ni fusion ni assimilation
«La recherche théologique, qui doit affronter des questions complexes et trouver des solutions qui ne soient pas réductrices, est un engagement sérieux, auquel nous ne pouvons pas nous soustraire», a insisté le pape. «L’unité que nous recherchons n’est ni une fusion, ni une assimilation, mais le respect de la plénitude multiple de l’Eglise laquelle, conformément à la volonté de son fondateur Jésus-Christ, doit toujours être, une, sainte, catholique et apostolique».
Une réunion entre les Eglises orthodoxes au sujet de l’avancée du dialogue théologique avec l’Eglise catholique devrait avoir lieu le 13 septembre prochain à Constantinople. Le patriarche oecuménique voudrait en effet coordonner toutes les délégations orthodoxes afin de reprendre les discussions au sein de la Commission théologique internationale – dont la dernière réunion remonte à la rencontre de Baltimore aux Etats-Unis en 2000 -. Le patriarcat de Moscou est aussi impliqué dans ce dialogue. Dans son adresse au pape, le métropolite Ioannis a indiqué que toutes les Eglises orthodoxes avaient répondu «positivement» à la requête du patriarche de Constantinople d’envoyer chacune deux représentants à la Commission.
Depuis la rencontre de 2000, le dialogue entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes «n’a pas été interrompu mais ralenti», souligne-t-on au Vatican. «Depuis quelques années, les deux côtés sont en train de préparer la relance du dialogue». Mais «nous dépendons de la réponse d’ensemble des Eglises orthodoxes». Le Saint-Siège est dans l’attente de ce qu’elles vont lui communiquer. Pour le moment, les Eglises orthodoxes doivent d’abord «se mettre d’accord entre elles».
Equilibre à trouver
Dans l’éventualité d’une reprise des travaux de la Commission théologique, les discussions devraient porter sur l’ecclésiologie en général. Le contexte est en effet «plus large que le seul dossier pétrinien», explique-t-on au Vatican. L’étude de la structure ecclésiologique implique aussi «celles de la collégialité, de l’unité et de la synodalité». «Il faut étudier les structures du 1er et du 2e millénaires ainsi que les besoins pour l’Eglise du 3e millénaire», selon les traditions de chacun et les nécessités actuelles. Ceci impliquerait «d’étudier l’autonomie légitime des Eglises, l’unité et la visibilité de cette unité», ou encore «le rôle propre aux patriarches et à l’évêque de Rome», souligne- t-on. Il faut trouver «un équilibre entre la primauté et la collégialité, entre l’unité et la diversité, entre les Eglises locales et Rome», explique- t-on encore au Vatican.
Par ailleurs, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens s’est rendu à Moscou du 20 au 23 juin 2005, afin d’y poursuivre le dialogue avec le patriarcat orthodoxe de Moscou. Il y a rencontré, le 22 juin, le métropolite Kirill, responsable du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou. Celui-ci a signifié au cardinal que le transfert de Lviv à Kiev, prévu en novembre, du siège de l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine reste «un obstacle sérieux au développement des relations entre orthodoxes et catholiques».
Le cardinal Kasper a souligné dans la presse russe que «le nouveau pape adopte sur ce dossier la même position que Jean-Paul II». Ce dernier, favorable au principe de ce déménagement avait pourtant demandé à l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine d’y surseoir afin de ne pas heurter les orthodoxes. Mais le 13 mai dernier, le cardinal Lubomyr Husar, archevêque majeur de Lviv, avait annoncé que le transfert aurait bien lieu.
Le 25 mai dernier, le cardinal Walter Kasper avait proposé une «alliance» aux orthodoxes, et même un synode «de réconciliation», lors d’une réunion au cours du Congrès eucharistique national italien de Bari.
Après avoir affirmé que les orthodoxes et les catholiques sont «les héritiers de la culture européenne commune», le cardinal avait observé que «ces valeurs sont toutefois sérieusement menacées aussi bien par la sécularisation en Europe occidentale que par les profondes déchirures provoquées en Europe orientale par quarante, ou plutôt soixante-dix ans de propagande et d’éducation à l’athéisme». C’est pourquoi, il avait appelé à la formation d’une «alliance en faveur de la redécouverte des racines chrétiennes de l’Europe». Il avait, en outre, évoqué la question du «ministère pétrinien» de l’évêque de Rome en déclarant notamment : «Pourquoi ne pas réfléchir ensemble à une osmose entre le principe de synodalité et de collégialité et le principe pétrinien ?»
Traditionnellement, le patriarcat oecuménique de Constantinople envoie à Rome une délégation le 29 juin de chaque année, pour la fête des saints Pierre et Paul. A son tour, le Saint-Siège envoie des représentants à Constantinople pour la fête de saint André, le 30 novembre. Bartholomé Ier s’était lui-même rendu à Rome le 29 juin 2004. En novembre 2004, le patriarche était de retour à Rome pour la remise par Jean-Paul II des reliques de saint Grégoire de Nazianze et de saint Jean Chrysostome. L’élection du cardinal Joseph Ratzinger, grand connaisseur des traditions orientales, a été particulièrement appréciée du côté orthodoxe. AR/HY/PR
Encadré
Benoît XVI remercie Mgr Dziwisz pour son travail auprès de Jean Paul II
Benoît XVI a remercié le secrétaire particulier de Jean-Paul II, Mgr Stanislas Dziwisz, pour son travail auprès du pape défunt et envers lui- même. Il s’adressait au Vatican le 30 juin 2005, en fin de matinée, aux archevêques métropolitains ayant reçu de ses mains, la veille, le pallium, dont Mgr Stanislas Dziwisz, ancien vice-préfet de la Maison pontificale et ancien secrétaire particulier de Jean-Paul II, nommé archevêque de Cracovie (Pologne) par Benoît XVI le 3 juin dernier.
Benoît XVI a aussi salué en six langues les archevêques métropolitains nommés depuis un an et honorés la veille dans la basilique vaticane. En premier lieu, le pape s’est adressé en italien au cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano, ayant reçu le pallium du fait de son élection, fin avril dernier, au poste de doyen du collège cardinalice.
Le pape a saisi l’occasion pour remercier les cardinaux «pour le soutien et la prière avec lesquels ils accompagnent (mon) service de pasteur de l’Eglise». Puis, en français, anglais, espagnol, portugais et polonais, le pape a ensuite salué chacun des archevêques ainsi que leurs familles et les délégations de fidèles venus les accompagner à Rome.
Benoît XVI a aussi souligné que la tradition de la remise du pallium, «qui remonte au XI° siècle, constitue une preuve significative de la communion des évêques métropolites avec le pasteur de l’Eglise de Rome». (apic/ar/ay/ami/pr)
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