C’est le moment de l’Afrique, affirment les journalistes catholiques

Ghana: Le prochain congrès mondial de l’UCIP se tiendra au Burkina Faso

Accra/Ghana, 30 juin 2005 (Apic) Le prochain congrès mondial de l’UCIP, l’Union catholique internationale de la presse, se tiendra à Ouagadougou, au Burkina Faso, en 2007. Alors que la candidature de Sherbrooke, au Québec, partait favorite, c’est finalement à une large majorité que les journalistes catholiques venus de tous les continents, réunis en assemblée générale à Accra, capitale du Ghana, ont décidé le 23 juin que c’était finalement «l’heure de l’Afrique».

Ce sera en effet la première fois dans son histoire, que l’UCIP, fondée en 1927 à Bruxelles, tiendra son congrès mondial trisannuel sur sol africain. Les délégués ont ainsi voulu faire justice à ce continent qui est par trop marginalisé à l’heure de la mondialisation galopante. D’ailleurs, comme pour renforcer cette impression d’abandon du continent noir, aucun Américain du Nord et très peu d’Européens avaient fait le déplacement au Ghana.

Les membres de l’UCIP étaient réunis en assemblée générale à Accra en même temps que se tenait le Programme de formation sur «Le journalisme en Afrique: ses réalisations, ses défis, ses perspectives. Renforcer l’impact de la communication et de l’information pour le développement durable» au Ghana Institute of Management and Public Administration (GIMPA), à Achimota (Accra), du 19 au 26 juin 2005.

Ce programme était mis sur pied par l’Union catholique africaine de la presse (UCAP), filiale régionale de l’UCIP. A cette occasion, le journaliste burkinabé Alexandre Le Grand Rouamba, président de l’UCAP- Burkina, a été élu à la tête de la région africaine de l’UCIP. C’est à ce journaliste chargé du sport et de la religion au quotidien burkinabé indépendant «Le Pays», à Ouagadougou, que revient la responsabilité d’organiser le prochain congrès mondial de l’organisation catholique.

Difficultés financières de l’UCIP

Au cours de l’assemblée générale, la direction de l’UCIP – qui se veut un «forum mondial des professionnels dans les médias séculiers et religieux» et une organisation chrétienne «laïque, indépendante, sans censure, sur la frontière, dans le but de renforcer le dialogue avec la société et les membres d’autres religions» – a fait part des soucis financiers. Ces difficultés remettent en question le bon fonctionnement de l’organisation internationale.

La disparition ou les difficultés financières de certains membres institutionnels – plusieurs associations d’éditeurs de journaux catholiques (Belgique, Autriche, Suisse.) ont cessé leurs activités dans plusieurs pays européens – ne peuvent pas être complètement compensées à l’heure actuelle par les cotisations individuelles des membres prévues dans les nouveaux statuts.

Sur les 136’000 francs de cotisations reçues en 2004, plus de 80% viennent de l’Europe, alors que la majorité des membres viennent des pays du Sud. Etant donné les montants importants payés par les membres institutionnels européens, comme les maisons d’édition par ex., il devient difficile de compenser leur départ.

Au niveau des programmes organisés dans les différents continents, certaines institutions et oeuvres d’entraide n’assurent plus le versement de leurs subventions, en raison notamment de difficultés financières. C’est le cas, pour le moment, de la Congrégation romaine pour l’évangélisation des peuples (»Propaganda fide»), qui subventionne en partie les programmes et en partie le travail du secrétariat international à Genève.

Actuellement, le secrétaire général est le seul employé fixe au bureau de Genève. Il doit engager du personnel pour le seconder sur une base temporaire, tant au niveau du secrétariat que pour les traductions.

Des mesures d’économie drastiques

L’UCIP envisage de travailler davantage avec des bénévoles, de réduire les frais de traduction lors des assemblées générales et des congrès – une traduction simultanée pour les langues officielles ne sera organisée que si plus de 30 personnes ne peuvent comprendre l’anglais – alors que les informations écrites ne seront plus envoyées qu’aux membres payants et aux institutions ou individus ayant contribué d’une manière ou d’une autre aux activités de l’organisation.

Le bulletin «UCIP Information» sera envoyé essentiellement par internet aux abonnés. L’on passera ainsi de 7’000 adresses à 2’000, et le reste recevra le bulletin par courriel. Une telle mesure devrait permettre quelque 25’000 francs d’économies. Le site internet www.ucip.ch remplace déjà de plus en plus le travail de secrétariat pour les informations générales. L’an dernier, il a attiré plus de 140’000 visiteurs du monde entier, selon le secrétaire général Joseph C. Chittilappilly.

L’occasion de dépasser les préjugés

Ismar de Oliveira Soares, président en exercice de l’UCIP, a déclaré à l’Apic que le peu de participation à l’assemblée générale d’Accra n’est pas en premier lieu un problème de structures de l’UCIP, mais plutôt de culture. A ses yeux, les idées préconçues de certains membres des pays du Nord envers les pays du Sud ont joué un rôle dans cette absence. Pour l’universitaire brésilien, dans les médias globalisés, on montre souvent l’Afrique sous un angle peu flatteur: «c’est un continent perçu comme dangereux, un monde folklorique, pauvre, dont on a peu à apprendre».

«Ces préjugés existent jusque dans l’UCIP», a-t-il déclaré. Et le professeur de communication de Sao Paulo plaide pour des «actions fortes» pour rapprocher le Nord du Sud. Ainsi le prochain Congrès mondial de l’UCIP à Ouagadougou sera certainement une occasion à ne pas manquer pour contribuer à une meilleure compréhension mutuelle. JB

Encadré

Barbara Beckwith succède à Jacques Berset à la vice-présidence de l’UCIP

Au cours de son assemblée générale tenue à l’Institut Ghanéen pour le Management et l’Administration (GIMPA) à Accra, l’assemblée générale de l’UCIP a élu comme vice-présidente la journaliste américaine Barbara Beckwith, «managing editor» de l’influent magazine catholique Messager de Saint-Antoine, à Cincinnati. Elle remplace à ce poste le journaliste suisse Jacques Berset, rédacteur en chef de l’Agence de Presse Internationale Catholique APIC à Fribourg, qui a achevé son deuxième mandat de trois ans comme vice-président de l’UCIP.

Tirant à quelque 300’000 exemplaires, le «St. Anthony Messenger», fondé il y a plus d’un siècle (en 1893), par les franciscains de la Province de Saint-Jean-Baptiste aux Etats-Unis, touche un lectorat important qui déborde le monde catholique. La revue familiale a son siège à Cincinnati, dans l’Etat de l’Ohio. Barbara Beckwith est une ancienne présidente de la CPA, la «Catholic Press Association» qui regroupe la presse catholique anglophone au Canada et aux Etats-Unis. Barbara Beckwith, 56 ans, est diplômée du Collège de Journalisme de l’Université de Marquette, dans l’Etat du Milwaukee. Elle travaille pour le magazine catholique depuis trois décennies, après avoir exercé sa profession quelques années durant au sein d’un hebdomadaire séculier du centre de villégiature de Lake Geneva (Lac de Genève), dans le Wisconsin. JB

Des photos de l’assemblée générale de l’UCIP à Accra sont disponibles à l’Apic. (apic/be)

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