Dépenses militaires en constantes augmentations

Ecosse: L’Afrique et sa pauvreté en toile de fond du G8

Johannesburg, 4 juillet 2005 (Apic) Quelque 1,5 million de personnes ont assisté samedi à travers le monde aux dix concerts du «Live 8» pour dire leur volonté d’en finir avec la pauvreté en Afrique, en applaudissant quelques-unes des plus grandes stars de la pop et du rock. Reste que des chiffres laissent aujourd’hui songeur: les dépenses militaires africaines sont en constante augmentation depuis 1997.

Entamés à Tokyo, ces concerts imaginés par le rocker irlandais Bob Geldof pour faire «pression» sur les dirigeants du G8 avant leur sommet de Gleneagles, en Ecosse, du 6 au 8 juillet, s’est poursuivie à Johannesburg, avant de retentir à Berlin, Rome, Londres, Moscou, en Cornouailles pour un concert d’artistes africains, Barrie (Canada), Versailles (France) et Philadelphie (Etats-Unis).

L’initiative et Bob Geldof et Bono ont été vertement critiqués dimanche lors d’un forum anti-G8 réuni à Edimbourg quelques jours avant le sommet de Gleneagles (Ecosse). Au lendemain des dix concerts contre la pauvreté, le député George Galloway, figure de proue des anti-G8 au Royaume- Uni, a critiqué une proximité trop grande, selon lui, entre les deux rockers irlandais et le Premier ministre britannique Tony Blair et son ministre des Finances Gordon Brown.

L’Afrique est certes victimes de sa pauvreté. mais aussi des politiques que lui imposent les pays nantis, aidés en cela en Afrique par des hommes politiques, hommes de paille souvent servant de paravent, estiment les anti-G8. Quelques chiffres, pour rappel:

La dette extérieure de l’Afrique a été évaluée à 275 milliards de dollars pour l’année 2004 et elle pourrait augmenter de 3 milliards cette année, a fait savoir le Fonds monétaire international (FMI), dont les calculs sont rapportés par plusieurs sources d’information africaines. La majeure partie de ce fardeau économique – qui pèse déjà lourdement sur les économies pauvres – est due aux institutions internationales et aux pays qui ont accordé des prêts aux gouvernements africains, pour un montant de 210 milliards.

D’après de récentes prévisions du FMI, les sommes que l’Afrique devrait restituer aux banques reviennent à 41,5 milliards de dollars: un montant qui équivaut à lui seul à 10 fois le produit intérieur brut (PIB) de la République centrafricaine ou au triple de celui de Madagascar. Parmi les pays d’Afrique, les plus endettés sont les pays subsahariens, qui l’an dernier étaient écrasés par un déficit de 198 milliards de dollars dus à la Banque Mondiale, au FMI, à la Banque africaine de développement et aux gouvernements étrangers créanciers.

Face à ces chiffres, la seule donnée qui semblerait à contre-courant est la réduction de la dette de l’Afrique par rapport au PIB: en 2003, la dette représentait près de la moitié du PIB et l’an dernier, elle a baissé à 43,4%. Mais si l’on considère les pays les plus pauvres, ceux de l’Afrique subsaharienne, les chiffres demeurent inquiétants: selon le FMI, il y a deux ans, la dette opprimait leurs économies. Le montant de leur dette extérieure représentait 52,7% du PIB et elle devrait descendre à 46% en 2005.

Un fardeau nommé armement

Ces pays sont pourtant riches en ressources naturelles – souvent exploitées par des multinationales basées dans le nord du monde – et en production agricole. L’un des principaux obstacles à leur développement et à la possibilité de se libérer de la dette extérieure est indiqué dans un rapport de la Banque Mondiale publié à la mi-janvier: si les taxes douanières et les subventions protectionnistes à l’agriculture mis en place par les pays occidentaux ne sont pas modifiés, ils pourraient limiter les recettes agricoles des pays producteurs du sud du monde à la hauteur de 265 milliards de dollars d’ici 2015.

Une évidence toutefois, dans ce flot de chiffres et de milliards: selon les données de l’Annuaire 2000 de l’Institut international de Stockholm (Sipri Yearbook 2000), les dépenses militaires africaines sont en augmentation depuis 1997. En 1999, celles-ci ont augmenté de 22% par rapport à 1996. Et la spirale vers le haut augmente encore, d’année en année. (apic/ag/fides/pr)

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