Le futur pape Benoît XVI l’avait critiqué en 2003: La «pottermania» aux portes des librairies

Le «petit magicien suscite» la grogne dans certains milieux d’Eglise

Londres, 14 juillet 2005 (Apic) Le sixième volume des aventures d’Harry Potter sortira en librairie dans la nuit du 15 juillet au 16 juillet. Les cinq premiers tomes se sont vendus à près de 300 millions d’exemplaires à travers le monde. La «pottermania» risque fort d’encore une fois de produire ses effets. Reste que le petit magicien suscite la grogne dans certains milieux d’Eglise. Le futur pape Benoît XVI, le cardinal Ratzinger, avait pris la plume en 2003 déjà pour s’exprimer sur le personnage d’Harry Potter, qui «désagrège l’esprit du christianisme». Tour d’horizon.

Les aventures d’Harry Potter sont en effet loin de plaire à tout le monde. L’Eglise orthodoxe de Bulgarie, par exemple, a mis l’an dernier Harry Potter à l’index. En Angleterre, l’évêque anglican de Bristol fustigeait lui le phénomène de la «pottermania». Dans les Emirats Arabes Unis, le magicien Harry Potter est frappé d’interdiction. Le «magicien» suscite également la colère des milieux fondamentalistes.

En 2003 déjà, le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, avait estimé que Harry Potter «désagrège l’esprit du christianisme» en contant les aventures d’un jeune magicien, selon des propos rapportés par une sociologue et fervente catholique allemande, Gabriele Kuby.

Auteur d’un livre critique «Harry Potter, le bien ou le mal», Gabriele Kuby publie sur son site internet personnel des extraits d’une lettre du cardinal Josef Ratzinger adressée le 7 mars 2003, quand il n’était pas encore pape, à qui elle avait envoyé son ouvrage. Des extraits de ces deux lettres écrites par le futur pape son d’ailleurs publiés dans l’édition de jeudi du quotidien italien «Avvenire», édité par la Conférence des évêques italiens.

«Merci pour votre livre instructif», écrit-il. «Il est bon que vous fassiez la lumière sur Harry Potter, dont le subtil pouvoir d’attraction a un impact profond sans que l’on s’en rende compte et désagrège l’esprit du christianisme», peut-on lire.

Pas une force du bien

Plus proche dans le temps, en juillet dernier, l’Eglise orthodoxe bulgare mettait Harry Potter à l’index. Elle «avertissait» ses fidèles en mettant en garde: les tours de magie «de ce jeune sorcier imaginaire peuvent être dangereux».

Dans un article paru en 2004 dans le journal officiel de l’Eglise, l’Eglise orthodoxe bulgare reprenait les propos de l’évêque Gavrail selon lequel les livres de J.K. Rowlings et les films sur Harry Potter et sa magie présentent un réel danger. Harry Potter, relevait-on alors en Bulgarie, ne représente pas une force du bien, «parce que c’est le domaine réservé de Dieu». Et l’évêque Gavrail de préciser au quotidien «24 Chiassa»: «Ce n’est pas une baguette magique qui vous sauvera, mais seulement l’adhésion à la foi chrétienne et aux dix commandements».

L’Eglise orthodoxe n’était pas la seule à condamner la lecture de ces livres. D’autres Eglises orthodoxes, ainsi que l’Eglise catholique dans le pays en avaient fait autant, aux dires de l’évêque.

Enfants et déjà esclaves de la consommation

En Angleterre: l’évêque anglican de Bristol, le révérend Mike Hill s’en était pris au matraquage publicitaire qui «conditionne les fans de Harry Potter». Au point, affirmait-il alors l’an dernier, d’en faire des esclaves de la consommation. Lors de son sermon à la cathédrale de Bristol, Mgr Hill avait estimé que le phénomène Potter constituait un danger pour les enfants.

Pour cet homme d’Eglise, c’est en effet de l’exploitation des enfants dont il est question. Et l’Eglise, estime-t-il, se doit de se poser quelques questions sur la société. Notre part de responsabilité, poursuit Mgr Hill, est de demander à notre culture de refuser de faire le lit à certains de ses aspects.

Les Emirats Arabes Unis vont encore plus loin, puisque le magicien Harry Potter est frappé d’interdiction: ses valeurs sont contraires à l’islam. La décision du ministre de l’Education touchait avant tout les écoles privées des Emirats, puisque l’ouvrage incriminé se trouvait toujours l’an dernier dans les librairies.

Sorcellerie et péché

Selon le ministère de l’Education et de la Jeunesse, l’histoire du jeune magicien n’est pas compatible avec les valeurs islamiques. Toutes les écoles privées qui enseignent aux enfants d’expatriés travaillant dans les Emirats doivent soumettre leurs livres de textes au Ministère et obtenir son blanc-seing pour les utiliser. Le phénomène Harry Potter suscite également la colère de groupuscules chrétiens fondamentalistes: à leurs yeux, le jeune magicien pousserait les enfants à la sorcellerie et au péché. (apic/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/le-futur-pape-benoit-xvi-l-avait-critique-en-2003-la-pottermania-aux-portes-des-librairies/