Y compris au sein des communautés chrétiennes, très divisées

Brazzaville: Le mariage d’un couple séropositif suscite une controverse

Brazzaville, 17 juillet 2005 (Apic) Le mariage d’un couple séropositif à Brazzaville, en République du Congo, a mobilisé les médias nationaux ainsi que de nombreuses personnalités et institutions impliquées dans la lutte contre le sida. Surtout, il a suscité une vive controverse parmi des chrétiens.

Thierry Maba, 33 ans et Valéry Mouellet, 35 ans, tous deux séropositifs, se sont mariés le 2 juillet à l’état civil et à l’Eglise orthodoxe à Brazzaville. «C’est une grande première au Congo de voir deux séropositifs se marier», a indiqué le Franke Puruhence, directrice du Programme national de lutte contre le sida (PNLS).

Thierry vit avec le virus depuis 14 ans, et milite contre le VIH/SIDA au sein de l’association dénommée «Espoir». Son épouse est séropositive depuis 11 ans et dirige l’association des jeunes séropositifs.

«Nous nous sommes connus dans la vie associative contre le sida; nous nous sommes aimés et nous nous sommes mariés tout en étant séropositifs», a déclaré Thierry à la presse, lors de la présentation du couple, le 6 juillet à l’Hôtel Olympic Palace, par la Coordination des confessions religieuses congolaises de lutte contre le VIH/Sida (COREC/SIDA).

«A quoi sert-il pour l’Eglise de marier deux séropositifs alors que leur vie est limitée? C’est même un péché de faire vivre ensemble deux personnes à hauts risques, qui ne pourront pas vivre pleinement la vie conjugale», s’est interrogée Pauline Nganga, chrétienne catholique et agent de santé.

Des enfants?

Un avis que ne partage pas le père Bernard Diafouka, de l’Eglise orthodoxe, secrétaire général du COREC/SIDA, «en se mariant, Thierry et Valéry ont donné aux Congolais, et particulièrement aux séropositifs, une leçon de courage pour banaliser le sida».

Selon le père Diafouka, «nous avons accompli un devoir d’Eglise pour lequel nous n’avons ni honte, ni gêne, car vivre avec cette maladie n’est pas une punition de Dieu.»

La procréation ayant une grande importance chez les femmes congolaises, la plupart des journalistes ont relevé la question que beaucoup se posent: «Le couple pouvait-il avoir des enfants?» Le professeur Roger Nzouza, du Centre de traitement ambulatoire a rassuré: «Grâce à l’assistance médicale à la procréation, le couple Maba pourra avoir des enfants s’il le souhaite». (apic/eni/pr)

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