Autriche: Père d’un enfant de deux ans, il sera ordonné prêtre
Vienne, 18 juillet 2005 (Apic) Un laïc, père d’un enfant de deux ans conçu hors mariage, sera ordonné prêtre en Autriche, rapporte lundi l’agence autrichienne APA. Le fait n’est pas nouveau. Le 26 juin dernier, Patrick Balland, marié, 55 ans et père de quatre enfants, a été ordonné prêtre catholique dans la cathédrale Saint-Aubain de Namur (Belgique).
Christoph Frischmann a été autorisé à accéder à la prêtrise parce qu’ »il a promis de vivre dans le célibat mais aussi d’assumer parallèlement la charge de sa paternité », a expliqué le vicaire général du diocèse d’Innsbrück (ouest), Ernst Jäger, dans un communiqué que cite l’Agence France presse.
Christoph Frischmann doit prononcer ses voeux le 1er septembre. Il devrait avoir la charge des paroisses de Hippach, Aschau et Ginzling, dans le Land (province) du Tirol (ouest), précise le communiqué.
L’Autriche – comme le reste de l’Europe en général -, connaît depuis une quinzaine d’années une grave crise des vocations. En 2003, seulement 36 prêtres ont été ordonnés dans la république alpine, selon les derniers chiffres officiels publiés par l’agence religieuse Kathpress.
En Belgique aussi
Ce genre d’ordination n’est cependant pas nouvelle. Patrick Balland, ex-pasteur protestant, marié, 55 ans et père de quatre enfants, a été ordonné prêtre catholique le 26 juin dans la cathédrale Saint-Aubain de Namur (Belgique).Protestant converti au catholicisme, il avait été le premier aumônier laïc de l’Université de Fribourg.
Pour accéder à ce ministère, cet abbé, soumis à l’obligation de célibat a dû obtenir une dispense du pape Jean Paul II. C’est avec l’accord de la Conférence épiscopale de Belgique et du Vatican que Patrick Balland avait reçu l’ordination diaconale le 12 décembre 2004 pour devenir « prêtre à part entière ».
Commentant cette ordination, Mgr Léonard, évêque de Namur, avait rappelé que plus de 200 hommes non célibataires ont été ordonnés en occident. Rien d’exceptionnel donc, avait souligné en octobre dernier l’évêque de Namur. En Belgique pourtant, ce n’était que le deuxième cas: en 2001, à la demande de Mgr Schruers, évêque d’Hasselt, le pape avait autorisé Gijs Meinesz, un diacre marié et ancien pasteur de l’Eglise réformée des Pays-Bas, a recevoir l’ordination sacerdotale.
Italie: La société occidentale doit repenser la laïcité, selon le patriarche de Venise
Revoir le rapport « entre identités et différences »
Venise, 18 juillet 2005 (Apic) La société occidentale doit repenser la laïcité, selon le patriarche de Venise. Pour le cardinal Scola, il faut en outre revoir le rapport « entre identités et différences au sein de l’Occident ». Pour lui, nous ne pouvons plus continuer à penser que notre vision de la société civile et des institutions étatiques, notre idée de rationalité, valent aussi pour les autres aires culturelles, de l’islamique à l’hindouiste bouddhiste.
Devant l’évolution du monde et de la société, l’Occident doit aujourd’hui repenser la laïcité, a déclaré le cardinal Angelo Scola dans entretien publié par le quotidien italien Il « Corriere della Sera », le 17 juillet 2005. Selon le patriarche de Venise, qui sera rapporteur général à la XIe assemblée ordinaire du Synode des évêques d’octobre prochain, il faut aussi revoir le rapport « entre identités et différences au sein de l’Occident ».
Il faut « actualiser la pratique et penser « ex novo » une théorie de la laïcité », a déclaré Angelo Scola. Parce qu’avec « l’évolution des rapports entre les nations et l’ordre mondial », « entre guerre et terrorisme », « nous nous trouvons devant un changement radical de la démocratie et de la société civile ». Le patriarche de Venise s’est justifié en notant que l’humanité a une « nouvelle physionomie » qui se manifeste par « la globalisation, la civilisation des réseaux, la biotechnologie, l’inter culturalisme »,
« Nous, les occidentaux, nous ne pouvons plus continuer à penser que notre vision de la société civile et des institutions étatiques, notre idée de rationalité, valent aussi pour les autres aires culturelles, de l’islamique à l’hindouiste bouddhiste », a poursuivi le cardinal. L’Asie, l’Afrique, l’Amérique latine, ont d’autres paramètres, dit-il. « De plus, au sein de toutes ces aires, il existe une pluralité qui prend parfois des tons conflictuels marqués ». Pour lui, « la seule voie » est donc « la construction rapide et pacifique d’un terrain commun, dans lequel les autorités opèrent comme garantie d’une société civile multiforme ».
Dépréciation des corps intermédiaires
« Pour cela, il faut le courage de repenser également le rapport entre les identités et les différences au sein de l’Occident », a encore expliqué le cardinal italien. « Ici, le christianisme a historiquement donné une grande contribution et peut encore la donner, en rappelant qu’identités et différences sont concevables toujours et seulement en relation ». Il est aussi « nécessaire de repenser le pouvoir comme reconnaissance, et la société civile comme l’espace de dialogue dans lequel cette reconnaissance réciproque entre personnes et communautés s’exerce, régulé par les institutions étatiques », a aussi souligné le patriarche de Venise. « Le pouvoir de l’Etat (.) naîtra toujours de la reconnaissance de la dignité de l’autre et des corps intermédiaires – la famille, la communauté, le volontariat, l’entreprise -, dans lesquels ’le moi’ vit ».
« Le problème de l’Occident est la faiblesse substantielle de sa démocratie qui fait suite à la dépréciation des corps intermédiaires à commencer par le principal, la famille. On ne peut pas penser la société civile comme une pure somme d’atomes individuels », a encore affirmé le cardinal Scola. Aujourd’hui, il faut, selon lui, « construire la nouvelle laïcité, c’est-à-dire de nouvelles formes de relation et de reconnaissance entre les personnes et les communautés intermédiaires ».
Homme d’Eglise. et citoyen
Interrogé sur la controverse née à la suite à l’intervention, dans une société laïque, de l’Eglise face à des choix législatifs tels que le mariage homosexuel en Espagne, le cardinal Scola a expliqué : « Dans une société laïque, je suis un citoyen qui exprime sa vision de « vie bonne » et la propose en valorisant tous les instruments démocratiques prévus par la Constitution, les lois et les garanties du pouvoir public constitué ». « Je dois proposer mon idée de vie bonne, en compétition dialogique avec les autres; autrement j’enlèverais quelque chose à cette société ».
Pour le cardinal, « le conflit peut naître si celui qui croit en réalité met subrepticement sur le champ comme critère absolu le ’interdit d’interdire’ ». « Si je me permets d’exprimer ma bonne idée de la famille, je commets peut-être une invasion dans ce domaine ? », s’est-il interrogé. « Je dis mon idée; tu dis la tienne; puis le peuple souverain, directement ou à travers ses représentants, en fonction de l’histoire, de la culture, prendra ses décisions », a alors déclaré le patriarche.
Pour le cardinal, « l’Etat ne peut prétendre me faire plier à une idée de neutralité dans laquelle subjectivités personnelles et celles des corps intermédiaires ne s’expriment pas. L’Etat doit garantir que ces subjectivités n’aient pas de privilèges ». Cela serait aussi « une ’diminution’ de la densité démocratique de la société de demander à quelqu’un de ne pas faire valoir démocratiquement sa propre position ». « L’Etat laïc, après la confrontation entre les parties et après que le peuple souverain se soit exprimé, est tenu d’assumer le résultat », a-t-il déclaré. Quoiqu’il en soit, pour le cardinal, « après la chute des utopies, l’Eglise n’a jamais eu une aussi grande possibilité de dialoguer, d’intercepter le désir de l’homme comme aujourd’hui ».
L’enseignement d’Aristote et de saint Thomas d’Aquin
« Je ne vois pas une séparation entre les sphères civile et religieuse. Je vois une continuité dans la distinction », a par ailleurs souligné le patriarche, qui pense que l’Eglise peut s’exprimer sur une question comme le Pacs, actuellement à l’étude en Italie. « Respectant jusqu’au fond l’actuelle supériorité du droit positif, je ne veux pas oublier l’enseignement d’Aristote et de saint Thomas d’Aquin, selon lesquels la fonction de la loi est une dernière analyse, bon gré mal gré, d’éduquer ». « Pour cela, il me tarde que le législateur sauve les droits fondamentaux de tous sans attaquer, même indirectement, le bien commun essentiel qui est la famille fondée sur le mariage entre l’homme et la femme et ouvert à la vie », a encore déclaré le cardinal, pour qui le Pacs « n’est pas la meilleure façon pour répondre aux questions soulevées par les homosexuels ». (apic/imedia/ar/pr)
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