Togo: Une mission de paix appelle les responsables religieux à oeuvrer pour la réconciliation

Promouvoir ensemble un « processus de guérison »

Lomé, 24 juillet 2005 (Apic) Une mission de paix dirigée par le pasteur Ishmael Noko, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), s’est rendue au Togo du 17 au 21 juillet. Ses membres ont appelé les communautés religieuses locales à promouvoir ensemble un « processus de guérison » face à la crise qui déchire le pays depuis février et dont les causes sont plus anciennes.

« Nous estimons que cette collaboration renforcera l’espoir et la disposition à faire avancer les choses que nous avons constatée chez les gens durant notre visite », a affirmé Ishmael Noko à Lomé, lors d’une conférence de presse au terme de la visite. La mission de paix, qui comprenait des chrétiens, des musulmans et des représentants de religions traditionnelles africaines, a rencontré des responsables de toutes les traditions religieuses au Togo, relève l’agence d’information oecuménique ENI.

Le décès en février du président togolais Gnassingbé Eyadéma, qui avait gouverné le pays pendant 38 ans, et la nomination de son fils, Faure Gnassingbé, à la présidence, en violation de la constitution, a plongé le pays dans la crise. Par la suite, des milliers de Togolais ont trouvé refuge dans les pays voisins du Bénin et du Ghana, rappelle ENI. Faure Gnassingbé a cédé aux pressions internationales et accepté la tenue d’une élection le 24 avril. Mais les violences ont éclaté lorsqu’il a été déclaré vainqueur des élections qui, selon les partis de l’opposition, n’ont pas été tenues de façon équitable.

Le gouvernement reconnaît les problèmes

Le pasteur Noko a souligné qu’il avait senti que les différentes parties étaient aujourd’hui disposées à aller de l’avant. « Pour la première fois, j’ai entendu de la part d’un représentant du gouvernement togolais qu’il y avait des problèmes dans le pays », a-t-il déclaré, en faisant référence à sa rencontre avec le premier ministre Edem Kodjo.

Le secrétaire général de la FLM a exhorté le gouvernement et les politiciens de l’opposition à travailler ensemble pour mettre fin à la crise. Le 22 juillet, il a été annoncé que Faure Gnassingbé et le leader de l’opposition en exil, Gilchrist Olympio, avaient accepté de s’entretenir à Rome, en Italie, pour condamner et faire cesser les violences dans le pays.

« Tribalisation de l’appareil sécuritaire »

Selon son rapport, la délégation a pu constater elle-même la situation critique des réfugiés togolais. Elle a aussi entendu certains chefs religieux dire que les violations des droits de la personne continuaient dans le pays, et des leaders de l’opposition déplorer le manque de justice au Togo, la concentration des pouvoirs au niveau de l’exécutif, ainsi que la « tribalisation de l’appareil sécuritaire ».

Toujours selon le rapport, le premier ministre a affirmé que le gouvernement « était prêt à assurer la sécurité, la réinstallation et l’amnistie des réfugiés qui reviennent au pays ».

Dans ses conclusions, la délégation dirigée par le pasteur Noko a encouragé les groupes religieux à promouvoir un processus de paix et de réconciliation, en mettant l’accent sur la dimension spirituelle de la guérison. « L’on ne peut réconcilier les gens que si on dit la vérité », a déclaré le pasteur Noko. « La vérité doit être dite. Mais la réconciliation est nécessaire, et pour cela il faut le pardon. C’est à ce point que les communautés religieuses ont un rôle à jouer. » (apic/eni/bb)

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