Etonnement! Mais tout rentre dans l’ordre après une mise au point
Rome, 26 juillet 2005 (Apic) Le Saint-Siège et Israël ont frôlé lundi l’incident diplomatique. Le nonce apostolique en Israël a du reste été convoqué le 25 juillet 2005 au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem. Motif: lors de l’Angélus du 24 juillet, le pape avait condamné les attentats qui ont frappé l’Egypte, la Turquie, l’Irak et la Grande- Bretagne. Mais il avait omis de condamner l’attaque de Netanya du 12 juillet.
Incident terminé dans la soirée du 25 juillet, après la déclaration et la mise au point du porte-parole du Vatican: « Le Saint-Siège condamne toute forme de terrorisme, quels qu’en soient les responsables et les victimes, devait en effet préciser Joaquin Navarro-Valls. Reste que le Vatican s’est étonné de la réaction israélienne.
Le porte-parole du Saint-Siège a précisé que « le grave attentat » de Netanya perpétré en Israël le 12 juillet dernier, « s’intégrait aussi dans cette condamnation globale et sans réserve du terrorisme ». Une mise au point rendue nécessaire après la protestation du gouvernement israélien qui a fait savoir, le 25 juillet, son regret que Benoît XVI ait omis, la veille, de citer Israël parmi les pays récemment touchés par le terrorisme. « Les paroles de Benoît XVI se référaient expressément aux attentats de ’ces jours-ci’ », a répondu Joaquin Navarro Valls depuis les Combes d’Introd, dans la soirée du 25 juillet 2005.
Surprenante déformation
« Il est surprenant qu’on ait ainsi voulu déformer » l’intention du pape, a poursuivi le directeur de la Salle de presse vaticane, évoquant les « très nombreuses interventions de l’Eglise, du magistère du souverain pontife et enfin du pape Benoît XVI pour condamner toute forme de terrorisme », quels qu’en soient les responsables et les victimes.
« Evidemment, le grave attentat de Netanya de la semaine dernière, auquel se réfèrent les remarques des Israéliens, entre dans la condamnation générale et sans réserve du terrorisme », a conclu le porte-parole du Saint- Siège. Interrogé une première fois sur la réaction du Vatican par rapport aux critiques du gouvernement israélien, Joaquin Navarro-Valls avait seulement déclaré, un peu plus tôt dans la soirée, qu’ »à ce sujet, le nonce a déjà répondu aux autorités israéliennes ».
Dans la journée du 25 juillet, le gouvernement israélien a exprimé son « regret » que Benoît XVI ait omis de citer Israël parmi les pays récemment touchés par le terrorisme, lors de l’Angélus du 24 juillet. Pour cette raison, le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem a convoqué le même jour le nonce apostolique en Israël.
« Suite à la condamnation exprimée par le pape Benoît XVI – après l’Angélus du dimanche 24 juillet – des attaques terroristes qui ont causé mort, destruction et souffrance en Egypte, en Turquie, en Irak et en Grande- Bretagne, le gouvernement d’Israël exprime son regret pour l’omission de la mention d’Israël parmi les pays touchés », peut-on lire dans un communiqué de l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège datant du 25 juillet. « Le gouvernement considère qu’une telle omission rend plus forts les extrémistes qui ne veulent pas la paix et qu’elle fragilise les modérés », poursuit le document. « Il pense juste et souhaitable que la condamnation de la part du pape des lâches actes terroristes qui touchent des civils innocents, doive faire aussi mention de l’Etat d’Israël, une des principales victimes du terrorisme islamique ».
Convocation et suggestion
Le communiqué conclut en précisant que « le nonce apostolique en Israël a été convoqué aujourd’hui 25 juillet 2005 au ministère des affaires étrangères à Jérusalem et qu’on lui a suggéré cette proposition ».
Les attentats qui ont frappé l’Egypte, la Turquie, l’Irak et la Grande-Bretagne sont « des gestes qui offensent Dieu et l’homme », avait déclaré le 24 juillet Benoît XVI, à l’issue de la prière de l’Angélus. « Ces jours de sérénité et de repos ont été perturbés par les tragiques nouvelles des exécrables attentats terroristes, qui ont semé la mort, la destruction et la souffrance », avait-il encore affirmé. Il avait invoqué Dieu « afin qu’il arrête la main assassine de ceux qui, mus par le fanatisme et la haine, ont commis (ces attentats) et en convertisse les coeurs aux sentiments de la réconciliation et de la paix ».
Dans son message d’Angélus, Benoît XVI n’avait pas fait explicitement mention d’Israël et notamment de l’attentat suicide du 12 juillet 2005 dans la station balnéaire israélienne de Netanya. Il n’avait ce jour-là pas non plus envoyé de message de condoléances aux autorités locales, contrairement à ce qu’il avait fait pour les attentats de Londres, de Charm-El-Cheikh et de Kusadasi en Turquie.
Un kamikaze palestinien s’était fait exploser le 12 juillet à Netanya, tuant dans cette attaque deux Israéliens. Cette attaque était la première depuis la conclusion d’une trêve lors du sommet de Charm el Cheikh en février 2005. L’attentat avait été revendiqué par l’organisation palestinienne radicale Jihad islamique. Israël avait accusé une nouvelle fois l’Autorité palestinienne de ne rien faire « pour lutter contre le terrorisme ». L’Autorité palestinienne, de son côté, avait pourtant elle aussi condamné cette attaque. (apic/imedia/ar/pr)
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