Colombie: La paix n’est pas pour demain en Colombie
Bogota, 26 juillet 2005 (Apic) L’ELN rejette tout dialogue avec le président Uribe. « Il est difficile d’ouvrir un dialogue avec un gouvernement comme celui qui est guidé par le président Alvaro Uribe » a écrit le commandement central du groupe « guévariste » de l’Armée de libération nationale (Eln).
Le commandement central rejette dans une lettre ouverte envoyée par fax au gouvernement colombien la proposition de reprendre les négociations de paix interrompues il y a trois mois.
Dans le document, l’ELN, le second groupe de guérilla du pays, actif depuis 1964 et fort de 4’000 combattants, explique que le fait de « nier l’existence du conflit interne, la proximité avec les paramilitaires de droite et la faible volonté de résoudre la crise humanitaire mettent en évidence, devant le pays et devant le monde, le manque d’une réelle volonté de paix ».
Affrontements
Lundi, le Haut commissaire pour la paix, Luis Restrepo, avait signalé que le climat était propice à une résolution du conflit à travers des négociations « brèves et significatives ». En attendant, des affrontements ont opposé l’armée à des guérilleros des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), premier groupe rebelle du pays, dans le département du Meta, au centre-est de la Colombie. Selon des sources militaires, au moins 7 soldats et 4 guérilleros auraient été tués.
Sri Lanka: Les Eglises déplorent la suspension d’un accord par la Cour suprême
Obstacle au difficile processus de paix
Colombo, 26 juillet 2005 (Apic) Les Eglises sri-lankaises déplorent la suspension d’un accord sur l’entraide entre le gouvernement et les rebelles. Une décision qui n’est pas faite pour favoriser le dialogue entre le gouvernement et le Tigres tamouls.
Pour des responsables d’Eglise, la suspension par la Cour suprême d’un accord signé entre le gouvernement sri-lankais et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) pour le partage de l’aide internationale après le tsunami est considérée comme un obstacle au processus de paix.
« A cause de cet obstacle, nous sommes dans une impasse », déplore le pasteur Kingsley Perera, président de l’Union baptiste de Sri Lanka, qui assume la présidence du Conseil chrétien national de Sri Lanka, un groupement de huit Eglises protestantes.
Le 15 juillet, la Cour suprême de Sri Lanka a suspendu l’application de clauses importantes de l’accord que le gouvernement avait signé en juin avec les LTTE afin d’établir « une structure de gestion opérationnelle » commune de l’assistance financée par l’aide internationale promise pour les opérations de secours et la reconstruction.
La suspension décidée par la plus haute Cour « ne facilitera pas l’acheminement de l’aide aux victimes du tsunami (à l’est et au nord) et ne fera qu’empirer la situation », a déclaré le pasteur Perera au cours d’un entretien à l’Agence oecuménique ENI.
au correspondant d’ENI le 19 juillet depuis Colombo.
Les donateurs internationaux ont souligné l’importance de cet accord, car nombreux sont ceux qui ne peuvent donner de l’argent directement aux rebelles parce que ceux-ci sont considérés comme une organisation terroriste étrangère par un certain nombre de pays. Le 19 juillet, les donateurs importants ont exprimé leur préoccupation devant la détérioration de la sécurité sur l’île. L’Union européenne, les Etats-unis, le Japon et la Norvège ont exhorté le gouvernement sri-lankais et les rebelles tamouls à respecter leur engagement envers l’accord de cessez-le-feu.
Fin des efforts de paix
Pour les LTTE, qui contrôlent les régions à majorité tamoule dans le nord et l’est du pays, l’ordre de la Cour signifie la mort de l’accord. « En réalité, nous nous dirigeons très vite vers la fin des efforts de paix », a déclaré S. P. Thamilselvan, chef de la branche politique des LTTE, pour qui la suspension de l’accord signifie que les Tamouls ne peuvent s’attendre à obtenir justice de la part de la majorité cinghalaise.
Les rebelles tamouls luttent depuis 1983 pour obtenir l’autonomie des régions à majorité tamoule. La guerre civile a fait plus de 65’000 morts et déplacé plus d’un million de personnes avant la signature d’un cessez-le- feu en 2002.
Les bouddhistes cinghalais représentent environ 70% des quelque 20 millions d’habitants; les hindous, principalement les Tamouls de souche, 17%; et les chrétiens et les musulmans les 13% restants.
Si la Cour a suspendu deux clauses de l’accord, a relevé l’évêque Illangasinghe, elle ne l’a pas déclaré illégal comme cela était demandé par le parti nationaliste cinghalais Janatha Vimukthi Peramuna (JVP) qui s’est retiré du gouvernement pour protester contre l’accord concernant l’entraide. « La majorité des gens estiment que la population tamoule (dans les zones contrôlées par les LTTE) a besoin de l’aide d’urgence. Tout retard ne fera qu’aggraver la tension et la méfiance », a-t-il affirmé. (apic/eni/pr)
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