Le second en un mois

Chine: Un nouvel évêque auxiliaire nommé avec la bénédiction du Vatican en Chine

Pékin, 29 juillet 2005 (Apic) Le Vatican a de nouveau approuvé la nomination d’un évêque auxiliaire à Xian (nord de la Chine), rapporte vendredi l’agence catholique Asia News. Une telle ordination avec l’accord de Rome, à Shanghai, s’est déjà produite il y a un mois.

Selon Asia News, que cote l’Agence France presse, Mgr Anthony Dang Mingyan, 38 ans, a été ordonné évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Xian en présence de quelque 2’000 fidèles et de plus de 100 prêtres. Ces chiffres figurent sur le site internet de l’Association patriotique des catholiques de Chine, qui ne reconnaît pas l’autorité du Vatican.

Selon Asia News, cette ordination a également reçu le feu vert du Saint-Siège. Il y a un mois, la publication de l’information selon laquelle l’ordination d’un nouvel évêque auxiliaire de Shanghai, Mgr Joseph Xing Wenzhi, avait été approuvée par le Saint-Siège avait été considérée par les observateurs comme le signe d’un rapprochement entre la Chine et le Vatican. Pékin et le Saint-Siège n’entretiennent pas de relations diplomatiques.

Joseph Xing Wenshi, le prêtre chinois de l’Eglise officielle ordonné évêque auxiliaire de Shanghai le 28 juin 2005, a déclaré publiquement que le pape avait reconnu sa nomination. Si ses propos n’ont pas été officiellement validés par la publication officielle de cette nomination par le Saint-Siège, ils sont véridiques, a-t-on affirmé de source vaticane à I.Media, l’Agence partenaire de l’Apic à Rome. De même source, on précise que ce n’est pas la première fois que cela arrive.

Nomination approuvée par le pape

Joseph Xing Wenzhi, ordonné évêque dans la matinée du 28 juin 2005, dans la cathédrale Saint-Ignace de Shanghai, par Mgr Aloysius Jin Luxian, évêque « officiel » du diocèse, avait affirmé publiquement que Benoît XVI avait reconnu sa nomination. Si cet évêque « l’a dit, c’est que cela est vrai », commentait-on du côté du Vatican. Sa nomination a bien été « approuvée » par le pape. Cela signifie qu’il a eu « le courage » de demander son approbation au pape et « de la proclamer publiquement », précise-t-on à Rome. Mais « ce n’est pas nouveau, ce n’est pas le premier cas ». Il y a « des dizaines de cas rendus publics » et « la grande majorité » des évêques de l’Eglise officielle étant reconnus par le Saint-Siège.

En Chine, pour la nomination d’un évêque, une assemblée de représentants de « l’Eglise officielle » – l’Association patriotique – composée de prêtres, laïcs et religieux d’un diocèse se réunit pour proposer plusieurs noms. Ceux-ci sont ensuite soumis au Parti communiste chinois avant que la Conférence épiscopale de l’Eglise officielle nomme publiquement le nouvel évêque. C’est un processus non conforme à la volonté du Saint-Siège, qui revendique de pouvoir nommer seul les évêques et dénonce « l’ingérence » de l’Etat chinois dans les affaires religieuses. Pour autant, et même sans être consulté par les autorités chinoises, le pape peut reconnaître une nomination. C’est ce qui s’est passé pour Mgr Joseph Xing Whenzi.

Pas d’obstacle majeur à des relations

La République populaire de Chine compte entre 12 et 15 millions de fidèles catholiques, répartis entre une communauté « patriotique » ou officielle, dont les deux tiers des évêques seraient reconnus par le Saint- Siège, et une communauté « souterraine » ou clandestine, que les autorités chinoises tolèrent plus ou moins selon les régions et les périodes de l’année. Le pouvoir communiste chinois reconnaît le droit de pratiquer les religions reconnues par l’Etat, dont le catholicisme, mais interdit le prosélytisme.

La Chine et l’Asie figurent dans le champ diplomatique du Vatican. Benoît XVI a tourné sa géostratégie vers le continent du « Troisième millénaire », l’Asie. Il y connaît quelques succès. En Chine, les arrestations d’évêques et de religieux se poursuivent. Mais selon le « ministre des Affaires étrangères » du Saint- Siège, Mgr Giovanni Lajolo, il n’y a pas « d’obstacle majeur » à l’établissement de relations diplomatiques. Le Vatican a d’ailleurs cessé de dénoncer systématiquement ces arrestations arbitraires depuis la mort de Jean Paul II. (apic/ag/imedia/pr)

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