Timor Oriental: Les évêques demandent l’instauration d’un tribunal pénal international
Dili/Sydney, 2 août 2005 (Apic) Les évêques catholiques de Timor Oriental demandent l’instauration d’un tribunal pénal international pour juger les crimes commis par les milices et l’armée indonésienne contre la population civile timoraise durant la période d’occupation et le processus d’indépendance de l’île.
Les évêques de Timor Est – un pays indépendant seulement depuis mai 2002 – souhaitent que l’on explicite les atrocités commises contre la population durant l’occupation de l’île par les troupes indonésiennes. Pour vraiment obtenir justice, les Nations Unies devraient être impliquées dans la Commission bilatérale « pour la réception, la vérité et la réconciliation » (CRTR) mise sur pied par l’Indonésie et le Timor oriental, peut-on lire dans une déclaration commune des évêques Mgr Basilio do Nascimento et Mgr Alberto Ricardo da Silva, diffusée lundi soir par la télévision australienne « Seven ».
1’400 personnes massacrées, 250’000 réfugiés
La CRTR a été mise sur pied pour enquêter sur les violences commises dans le cadre du référendum sur l’indépendance de l’ancienne colonie portugaise occupée par l’Indonésie, organisé par l’ONU en 1999. Plus de 1’400 personnes ont été tuées par des milices anti-indépendantistes soutenues par l’armée indonésienne. Des milliers d’autres Timorais ont été blessés par les supplétifs de l’armée d’occupation et 250’000 personnes ont été chassées de chez elles par les violences, qui ont également causé la destruction d’une bonne partie de l’infrastructure de l’île, y compris près de 60’000 maisons.
L’Indonésie a nommé lundi ses cinq membres au sein de la CRTR qui doit commencer ses travaux ces prochaines semaines. Les évêques de Bacau et de Dili ont déploré qu’aucune poursuite juridique ne soit prévue contre les responsables de ces actes. La Commission peut seulement recommander ou rejeter une amnistie pour les responsables des actes de violence, selon le degré de leur collaboration. L’ONU s’était prononcée pour une Commission internationale d’experts pour la justice, au lieu de cette commission binationale. C’est seulement ainsi que l’on pourra examiner si les auteurs de graves crimes contre l’humanité seront effectivement amenés à rendre des comptes.
Les organisations de défense des droits de l’homme déplorent qu’avec la mise en place de la CRTR, Timor Est mette la diplomatie avant la justice. Elles considèrent que les deux Etats ne sont pas des partenaires égaux et la Commission ne serait ainsi « qu’un autre instrument de l’Indonésie pour tyranniser son petit et faible voisin ». L’organisation Human Rights Watch s’est prononcée pour sa part en faveur d’une Cour pénale internationale pour juger les crimes commis contre le peuple timorais. (apic/kipa/be)
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