Sri Lanka: Projet de loi «anti-conversion»: lettre des évêques aux parlementaires

Offensive des prélats pour mettre en garde contre les dangers

Colombo, 3 août 2005 (Apic) Les évêques sri lankais réagissent au projet de loi «anti-conversion» par une lettre aux parlementaires et une brochure à destinée à la population

La liberté religieuse est menacée au Sri Lanka, estiment les évêques. Le projet de loi rendrait illégale toute conversion personnelle en toutes circonstances et interdirait le prosélytisme. Dans un petit livret de 16 pages, les évêques expliquent les dangers de ce projet de loi.

Ce projet de loi «anti-conversion» devrait être soumis prochainement au Parlement. Il rend «illégale toute conversion personnelle en toutes circonstances», et interdit le prosélytisme. Le problème, aux yeux des évêques, c’est que toutes les activités d’éducation, de charité ou de solidarité menées par des prêtres, des religieux, des fidèles, des institutions catholiques, et même par des organisations non gouvernementales d’inspiration chrétienne sont considérées comme prosélyte.

Selon Denis Viénot, président de Caritas Internationalis, interrogé par «La Croix», «il serait impossible de faire travailler des bouddhistes dans une organisation comme Caritas car leur salaire pourrait être interprété comme une tentative de conversion illégale».

Un livret pour défendre la liberté religieuse

Dans leur livret, les évêques tentent de sensibiliser la population aux dangers qui la menacent. «Jusqu’à présent, les bouddhistes, les hindous, les chrétiens et les musulmans vivaient en paix et en toute amitié… le clergé et les fidèles participent aux fêtes religieuses des autres communautés mais le projet de loi envisage de faire du bouddhisme la religion de l’Etat. Or, quand une religion est reconnue comme religion d’Etat, ce sont les autres qui souffrent de discrimination», estiment les prélats. Ceux-ci estiment enfin que toute atteinte à la liberté religieuse ne ferait qu’attiser les conflits qui existent dans le pays.

Dans leur lettre aux parlementaires, les évêques rappellent les termes de la Constitution qui assure que «toute personne bénéficie de la liberté de pensée, de conscience et de religion». Un droit qui implique la liberté d’avoir ou d’adopter la religion de son choix et la liberté de la pratiquer en privé et en public que ce soit seul ou accompagné. Pour les évêques, la limitation de ces libertés serait une violation des droits de l’homme. Ils ajoutent que les conversions forcées dont on les accuse n’ont aucun fondement mais que les cas litigieux pourraient être soumis à un conseil interreligieux.

L’initiative de ce projet de loi remonte déjà à 2004 quand 9 moines bouddhistes, députés membres d’un parti fondamentaliste avaient présenté au Parlement un projet de loi «anti-conversion». Le but étant de réduire l’influence des Eglises chrétiennes accusées de détruire les autres religions et cultures. La Cour suprême qui avait été consultée à l’époque avait déclaré la proposition en partie inconstitutionnelle. Après avoir été très légèrement modifié le projet a toutefois été repris. (apic/cx/cathobel/pr)

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