Le premier volume est déjà épuisé

Fribourg: Bénézet Bujo publie le 2e volume sur les théologiens africains au XXIe siècle

Fribourg, 4 août 2005 (Apic) Le premier volume de la série sur les figures de la théologie africaine, tiré à 500 exemplaires aux éditions Academic Press (ex-Editions Universitaires) de Fribourg, est déjà épuisé. Mais le deuxième de la série, sur les pionniers de la théologie africaine au XXIe siècle (*), est encore disponible.

Comme le premier, il est édité par l’abbé Bénézet Bujo, qui enseigne la théologie morale à l’Université de Fribourg, et par l’abbé Juvénal Illunga Muya, professeur de théologie fondamentale à l’Université pontificale Urbaniana à Rome.

Prêtre du diocèse de Bunia, au nord-est de la République démocratique du Congo, le professeur Bujo est depuis 1989 professeur ordinaire à la Faculté de théologie de Fribourg. Il y enseigne la théologie morale et l’éthique sociale. Le but de cette série d’ouvrages (on en est au deuxième volume d’une série d’au moins trois) n’est pas l’analyse critique des auteurs inventoriés, mais la présentation d’un panorama des théologiens africains.

Ces ouvrages sont également traduits en anglais par les Paulines Publications Africa de Nairobi (Kenya) et édités en français par les Editions Paulines de Kinshasa, pour les rendre plus accessibles aux lecteurs d’Afrique. La publication d’une édition en langue portugaise est en discussion avec les Filles de Saint-Paul à Maputo (Mozambique).

Le nouveau volume recense dix auteurs, parmi lesquels on compte des théologiens pionniers francophones et anglophones (malheureusement pas des lusophones, car il n’y en pas) qui ont une certaine influence et un certain rayonnement. Ils ont influencé la pensée de bien d’autres théologiens. Le livre se veut oecuménique en ne se confinant pas uniquement aux théologiens catholiques, étant donné qu’au niveau de la tradition africaine, les différences que l’on constate entre les diverses confessions n’existent pas, soulignent les éditeurs.

Ils présentent non seulement le problème de la contextualisation basée sur la seule tradition africaine, mais aussi des auteurs qui se sont attelés à la question de la libération de l’Afrique dans le contexte socio- économique et politique, sans négliger pour autant la question fondamentale de l’inculturation du message évangélique. Les éditeurs ont en plus annexé un texte important, à savoir la Déclaration d’Accra (1977), qui fut en quelque sorte le manifeste de l’Association OEcuménique des Théologiens Africains (AOTA).

Le mouvement de la « négritude » a été lancé dans les années 30

Bénézet Bujo précise, qu’officiellement, la théologie africaine a connu son début en 1956, même si on ne peut oublier que le mouvement de la « négritude » fut lancé dans les années 30 par Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et Léon Gontran Damas. Cela touchait les sphères politiques, culturelles, artistiques, etc. Dans ce même ordre d’idées, Placide Tempels, qui avait publié en 1945 un livre qui fera date, « La philosophie bantoue », était d’avis que l’évangélisation devait aussi subir une révolution.

Ce franciscain belge, missionnaire au Congo à l’époque coloniale, n’avait pas de degré académique. Il avait tout simplement étudié la théologie comme on le faisait dans les scolasticats à l’époque, mais il s’est vite intéressé à proclamer l’Evangile dans le contexte local. Il avait constaté la difficulté, sinon l’impossibilité, de prêcher l’Evangile à partir de la théologie apprise en Europe, car il ne pouvait pas pénétrer dans la mentalité en continuant avec la théologie héritée des ancêtres scholastiques occidentaux.

Si le livre de Placide Tempels a été à l’origine de la théologie africaine, l’oeuvre de Vincent Mulago en est pour ainsi dire le passage obligé. Prêtre du diocèse de Bukavu, le professeur Mulago, qui fut aussi le professeur de l’abbé Bénézet Bujo, a été envoyé à l’Université Urbanienne de Rome, où il a écrit une thèse de doctorat en 1955 sur l’union vitale bantu, un visage africain du christianisme. Il a participé l’année suivante à la rencontre de Dakar, qui allait donner lieu à la réalisation de l’ouvrage collectif « Des prêtres noirs s’interrogent », considéré aujourd’hui, en quelque sorte, comme la charte fondatrice de la théologie africaine.

Relancer la théologie noire

Ironie du sort: c’était à l’époque où Mgr Lefebvre était archevêque de Dakar; il a même préfacé ce livre! Il faut également mentionner à ces débuts de la théologie noire le philosophe et prêtre catholique rwandais Alexis Kagame (1912-1981), qui a fait une thèse de doctorat sur la philosophie bantu-rwandaise de l’être. C’était l’école de Kinshasa – au Lovanium – qui était à l’époque le porte-drapeau de la théologie africaine, car c’était là qu’avait été fondée la première Faculté de théologie du continent noir.

Les éditeurs veulent avec ces publications relancer cette théologie noire, favoriser la prise de conscience de la culture africaine. Il s’agit de montrer ce qui s’est fait dans le passé et ce qui se fait encore aujourd’hui. Face à ceux qui prétendent que la théologie africaine n’existe pas, les éditeurs veulent montrer la vivacité de cette théologie aujourd’hui encore. La plupart des théologiens évoqués dans ces ouvrages sont encore vivants. « Il faudrait les étudier si on veut prétendre connaître la théologie africaine », précise le professeur Bujo. JB

(*) Bénézet Bujo et Juvénal Illunga Muya (éd), Théologie africaine au XXIe siècle. Quelques figures, Vol. 2, Fribourg, Academic Press/Editions Saint- Paul Fribourg (Suisse), 2005, 267 p.

Ce livre est le second de trois volumes prévus pour montrer l’actualité et le dynamisme de la théologie africaine. Edité par deux théologiens du Congo RDC, Bénézet Bujo et Juvénal Illunga Muya (prêtre du diocèse de Kolwezi), l’ouvrage se veut oecuménique et ne se limite pas seulement aux théologiens catholiques. Il recueille les contributions de dix auteurs – dont quatre anglophones – qui sont des pionniers de la théologie africaine. JB

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