Mgr Jousten: les jeunes portent l’aspiration d’un monde plus juste

Belgique: Patience et confiance: les deux mots d’ordre de l’évêque de Liège, avant les JMJ

Liège, 5 août 2005 (Apic) Mgr Aloys Jousten estime qu’il faut faire confiance aux jeunes, à la veille des 20e JMJ, qui se dérouleront du 16 au 21 août à Cologne, en Allemagne. Dans une interview accordée à CathoBel, l’évêque de Liège insiste pour dire que les jeunes sont en recherche d’un monde plus juste et plus fraternel. Mgr Jousten, qui précise d’emblée l’importance des pré-JMJ dans les diocèse, sera avec eux durant ces Journées Mondiales.

Q.: Votre diocèse accueillera les pré-JMJ, qu’est ce que cela représente pour vous?

Mgr Aloys Jousten: C’est une belle porte d’entrée, nous sommes la porte d’entrée de Cologne, des Journées Mondiales de la Jeunesse. Ces pré-JMJ vont mettre les jeunes en appétit car ils vont goûter la saveur d’une rencontre avec des jeunes d’autres pays. Ces journées préparatoires auront une importance réelle pour les jeunes du diocèse mais aussi pour ceux qui débarquent à Liège. Les jeunes qui viennent d’autres continents vont goûter à la mentalité européenne et ceux qui viennent de France, par exemple, vont goûter ce que c’est d’être «entre les deux» car, dans le diocèse de Liège, deux langues, l’allemand et le français, coexistent.

Q.: Selon vous, quel est l’objectif de ces journées qui précédent les Journées mondiales de la Jeunesse proprement dites ?

Mgr Jousten: Ces journées préparatoires permettront aux jeunes de vivre des expériences qu’ils ne pourront pas faire à Cologne. A Cologne, le programme sera différent, ce sera essentiellement des catéchèses donc des enseignements et des célébrations. Au contraire durant les pré-JMJ dans le diocèse de Liège et dans tous les diocèses allemands, les jeunes pourront découvrir d’autres approches de la réalité humaine et de la réalité chrétienne. Ils vont découvrir l’engagement social dans notre diocèse. Ils découvriront également durant une journée la ville de Liège et ses environs. Je pense que c’est intéressant de découvrir aussi comment la foi a marqué une région et continue à marquer les gens dans les initiatives qu’ils vont visiter.

Q.: Prendrez vous le temps d’échanger et de dialoguer avec les jeunes ?

Mgr Jousten: Il faudra surtout voir si les jeunes auront le temps de discuter et s’ils en auront envie. Le programme est assez chargé donc je voudrais tout autant être avec eux pour voir comment ils découvrent la réalité et comment ils s’engagent. Je voudrais voir aussi comment ils s’amusent et reçoivent la musique. Le plus important selon moi, c’est d’être avec eux.

Q.: Vous serez également présent à Cologne?

Mgr Jousten: Je pars le 16 à Cologne et j’y resterais jusqu’au dimanche 21 donc jusqu’à la fin. J’aurais l’occasion de rencontrer à nouveau les jeunes.

Q.: Quel est, à vos yeux, l’objectif de ce grand rassemblement de jeunes chrétiens?

Mgr Jousten: Les JMJ auxquelles je participerais pour la première fois ont, à mon sens, pour objectif de susciter la rencontre entre des jeunes du monde entier. C’est déjà une première expérience de foi et d’humanité, nous sommes tous des frères et des soeurs, nous sommes tous les enfants du même père. A l’heure actuelle, où nous vivons des affrontements, des rivalités, entre le monde occidental et le monde islamique par exemple, il est important de vérifier sur le terrain que l’entente est possible. Il y a ensuite, bien sur, la dimension chrétienne proprement dite, la dimension de foi, les jeunes auront l’occasion de découvrir des choses mais aussi d’exprimer leurs questions, leurs doutes. Les catéchèses sont construites de manière à ce que les jeunes puissent réagir et poser des questions.

Q.: Ne pensez vous pas qu’après la communion vécue lors de cette rencontre internationale, l’enthousiasme sera vite retombé ?

Mgr Jousten: On peut dire ça de tous les grands événements comme les «mega» festivals de musique,…mais rencontrer un si grand nombre de jeunes, rencontrer les évêques, puis le pape, ça peut marquer les jeunes. Certains jeunes qui sont revenus de Toronto continuent d’ailleurs à se rencontrer à travers le diocèse.

Q.: A l’époque où les jeunes sont de moins en moins nombreux dans les églises, ne trouvez vous pas paradoxal l’engouement qui existe pour de telles journées ?

Mgr Jousten: Je ne sais pas si cette opposition est la bonne et traduit la réalité. Dire que les jeunes ne sont pas dans les églises mais à Cologne, n’est pas exact. Même s’ils ne sont pas dans les églises le dimanche, les jeunes qui vont à Cologne sont déjà sensibles à la foi et à la vie chrétienne. Ils sont peut-être dans les mouvements de jeunesse ou dans d’autres engagements ou ils n’étaient nulle part et ont été sollicités, c’est possible aussi, mais quoi qu’il en soit, un petit feu couvait et il vient d’être rallumé. Moi ça ne m’étonne pas qu’on retrouve beaucoup de jeunes encore qu’il faille relativiser les choses. Quand on dit qu’il y a 300 jeunes du diocèse de Liège qui vont à Cologne ça fait 300 sur des milliers de jeunes, c’est assez relatif, il faut garder l’Eglise au milieu du village.

Q.: Qu’est ce qui attire par-dessus tout les jeunes à ce genre de manifestation ?

Mgr Jousten: Le fait de se retrouver entre chrétiens de tous les horizons joue. La renommée, la réputation des journées joue aussi un rôle. Le tam- tam a fonctionné, des jeunes qui ont participé ont dit aux autres que ça valait la peine, ce qui explique en partie les inscriptions. Pour certains jeunes par contre, le fait que ce soit une très grande manifestation était décourageant. Quand les jeunes sont sollicités et pris par le bon bout, ils portent en eux une aspiration à un monde plus juste, plus fraternel. Les JMJ sont un moyen de faire découvrir qu’il y a une unité, une fraternité possible. Qui ne rêve pas de cela…? (apic/cathobel/pr)

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