Et tout ceci est vrai
La scène se déroule au centre de Fribourg. Deux acteurs de la vie quotidienne la jouent, du moins pour la commencer: une fillette pas plus grande que ça. Et sa grand-maman, contente et fière de l’aubaine qui lui est ainsi faite de se voir confier l’enfant. Sans doute repousse-t-elle ostensiblement l’idée que c’est aussi un peu à cela que « servent » les grands-mères. Plus rapide, contente sans doute aussi de se retrouver à l’air libre, après un passage bistrot, la fillette, entêtée, plus décidée que jamais, prend d’emblée le chemin qui prend sur la gauche, le préférant à celui de droite, qui mène Dieu sait où? Le choix de la fillette désole la grand-mère, qui n’en veut pas, elle, de cette direction. Et elle le crie assez pour être entendue à la ronde: « Pas à gauche, ma fille, à droite ». Un monsieur passait par là, nouvel acteur s’invitant plutôt qu’invité, en bon politicien sans doute qu’il était, et somme toute amusé de la première marque de rébellion de la fillette: « Madame, vous voyez bien, la droite, c’est un mot qu’elle préfère ignorer. A n’en pas douter votre petite-fille a déjà tout compris ». (apic/pierre rottet)
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