Face au climat politique tendu

Sénégal: responsables musulmans et catholiques lancent un appel

Dakar, 7 août 2005 (Apic)) Les responsables musulmans et catholiques du Sénégal ont lancé samedi 6 août à leurs compatriotes un «appel au calme et à la sérénité», face au climat politique tendu qui règne, suite aux accusations de malversation dont est accusé le dauphin du président Wade.

Au Sénégal le climat politique s’est aggravé avec l’arrestation d’un ex- premier ministre pour malversation financière et atteinte à la sécurité de l’Etat. Face à la tension qui règne, les responsables musulmans et catholiques du pays ont lancé un appel au calme.

Idrissa Seck, 46 ans, ancien chef du gouvernement sénégalais de novembre 2002 à avril 2004, était considéré pendant longtemps comme le dauphin du président Abdoulaye Wade. Incarcéré à la prison centrale de Dakar depuis le 25 juillet, il est l’objet de deux chefs d’accusations. L’un, sur le détournement de 26 milliards de francs Cfa (61,8 millions de Frs) dans le cadre de la construction d’infrastructures socio-économiques à Thiès (70 km au nord de Dakar), dont il est le maire. L’autre pour «atteinte à la défense nationale et à la sûreté de l’Etat».

Dans une déclaration conjointe lue à l’archevêché de Dakar par Mgr Théodore Adrien Sarr, archevêque de la capitale et président de la Conférence Episcopale du Sénégal, les oulémas et évêques du Sénégal se sont interrogés: «N’utilisons-nous pas trop facilement ou trop souvent la force quelle qu’elle soit ?». Ils ont cependant déclaré «faire entièrement confiance à la justice qui tirera les choses au clair»

Ils ont poursuivi: «Nous exhortons chacun à la préservation de la paix et de la concorde dans notre pays». Selon eux, «la gravité de la situation et son suivi médiatique» exigent que les acquis démocratique du pays en matière d’Etat de droit, de bonne gouvernance, d’indépendance de la justice soient respectés. Ils en ont appelé aussi toutes les autorités sénégalaises à ce que la vérité (sur les accusations porté contre Idrissa Seck) soit faite, et que le droit et la justice soient rendus en toute objectivité.

«Faisons preuve de civisme», ont-ils poursuivi, rappelant que le Sénégal est régi par des lois que les citoyens doivent eux-mêmes respecter. L’affaire Idrissa Seck a commencé à la mi-juillet, après une déclaration formelle du président Wade. Depuis, elle défraie la chronique et alimente toutes les conversations au Sénégal, suscitant passions et débats houleux entre partisans et adversaires.

Idrissa Seck a rejeté les accusations de malversations dont il est chargé et ses partisans accusent le pouvoir de vouloir se débarrasser d’un candidat sérieux à la succession du président Wade, âgé de plus de 70 ans. (apic/ibc/vb)

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