Les minorités religieuses très inquiètes

Irak: Mise en place de la nouvelle Constitution

Baghdad, 7 août 2005 (Apic) Le 15 août est le délai de fin de consultation et d’achèvement de la nouvelle Constitution en Irak. Les minorités religieuses sont très inquiètes et craignent qu’elle instaure un gouvernement islamique qui ne protège pas leurs droits.

Dans la Constitution en voie d’élaboration, le rôle de l’Islam dans l’Etat «a changé d’une forme de législation à une forme principale de législation», selon Nina Shea, directrice du Centre pour les liblertés religieuses et vice présidente de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF).

Si «ce projet de Constitution devient la Loi fondamentale, les droits fondamentaux de l’individu à la libre expression et à la liberté de conscience seront foulés aux pieds. La menace de discrimination planerait sur tous les Irakiens, y compris les membres des minorités religieuses, les personnes qui ne déclarent pas de religion et les femmes», a déclaré le président de l’Uscirf, Michael Cromartie.

Pour sa part, Yonadam Kanna la seule représentante d’un parti chrétien dans le parlement national de 275 sièges et responsable de l’Assyrian Democratic Movement, interviewée par téléphone par l’APD, une agence de presse protestante, estime: «Je me bats au nom de la chrétienté afin qu’elle figure dans la Constitution, avec les mêmes droits que les autres religions.

Les chrétiens risquent d’être discriminés

Dans les milieux chrétiens d’Irak, on redoute depuis que le projet de Constitution est en circulation, la prédominance de l’islam dans cette dernière. On craint même l’instauration de la charia, ce que les chrétiens redoutent par-dessus tout. Dans un tel cas, «ce sont les chrétiens et les autres minorités qui vont souffrir le plus si la loi islamique – la charia – est imposée en Irak», estimaient déjà en début d’année des théologiens.

«Il a toujours été clair que depuis l’invasion – anglo-américaine – en 2003, l’Irak deviendrait une nation islamique, quelles qu’en soient les conséquences pour les minorités,» estimait pour sa part le Père Justo Lacunza Balda, chef de l’Institut Pontifical d’Etudes Arabes et Islamiques (PISAI) à Rome.

Dans un entretien avec l’agence de presse catholique américaine CNS, le Père Lacunza estimait qu’imposer la charia, qui en plus d’être un système de justice criminelle est aussi un code religieux pour la vie quotidienne, «sera discriminatoire envers les minorités, comme les juifs, les chrétiens ou les zoroastriens». (apic/apd/vb)

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