Inde: Les chrétiens inquiets en raison de la nouvelle loi sur le contrôle des finances
New Delhi/Milan, 9 août 2005 (Apic) Les Eglises chrétiennes de l’Inde s’inquiètent des effets du projet de loi sur le contrôle des finances des ONG, associations et partis politiques indiens. Elles craignent que cette nouvelle législation visant à contrôler les dons provenant de l’étranger représente un frein à leurs activités.
Les chrétiens indiens considèrent qu’il s’agit là d’une nouvelle manifestation des fondamentalistes hindous contre le travail des Eglises. La nouvelle réglementation, appelée «Foreign Contribution Management and Control Bill» (Fcmc), aura en effet d’importantes conséquences sur l’administration des Eglises. C’est du moins ce qu’affirme Mgr Oswald Gracias, président de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde, dans une interview publiée par l’agence de presse «Asia News», de l’Institut pontifical des missions étrangères de Milan.
L’ancien journaliste John Dayal, secrétaire général du conseil chrétien indien – «All Christian Council», qui regroupe des catholiques et des protestants -, a exprimé la crainte que les fondamentalistes hindous utilisent cette loi «contre les chrétiens».
Avec ce projet de loi, la coalition gouvernementale de l’Alliance progressiste unie (UPA) veut changer la législation en vigueur depuis 1976, le «Foreign Contribution Regulation Act». Il prévoit qu’à l’avenir seules les organisations qui n’auront pas pour but les conversions religieuses «induites ou forcées» seront légalement enregistrées d’utilité publique.
Les Eglises dans le collimateur des fondamentalistes du BJP
Selon «Asia News», le parti nationaliste hindou BJP a lancé une campagne pour modifier la législation en 2000 déjà. John Dayal affirme que l’ancien parti gouvernemental BJP avait déjà utilisé la législation existante «exclusivement contre l’Eglise et les organisations d’utilité publique» qu’il jugeait hostiles.
Mgr Oswald Gracias comprend certes le besoin d’un contrôle plus serré des flux financiers venant de l’étranger dans le cadre de la lutte antiterroriste. Mais c’est justement pour cette raison que le véritable but de cette nouvelle législation doit être expliqué, relève l’archevêque. Il s’est montré perplexe devant le fait que la reconnaissance d’utilité publique doive être renouvelée tous les cinq ans, ce qui représente «de nouvelles occasions pour corrompre les fonctionnaires publics». (apic/asianews/be)
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