Pologne: L’Eglise enregistre une forte augmentation des vocations depuis la mort du pape
Varsovie, 15 août 2005 (Apic) L’Eglise catholique de Pologne fait état d’une progression spectaculaire des vocations au sacerdoce depuis le décès du pape Jean Paul II, le 2 avril. Les demandes d’inscription dans les séminaires ont doublé dans certains séminaires, indique l’Agence oecuménique ENI.
«Je ne voudrais pas affirmer trop tôt que c’est la mort du pape qui est à l’origine de cette soudaine croissance», a déclaré Witold Zdaniewicz, directeur de l’Institut des statistiques de l’Eglise, à Varsovie. «La décision d’entrer au séminaire ne se prend pas à la légère, il ne s’agit donc certainement pas d’une réaction uniquement spontanée».
Au même moment, l’Eglise orthodoxe minoritaire dans le pays avec ses 800’000 membres enregistrait aussi un chiffre des vocations en hausse à la mi-juillet, trois candidats étant en compétition pour une place au séminaire de l’Eglise à Varsovie, selon son recteur, Jerzy Tofiluk.
Selon le quotidien polonais «Gazeta Wyborcza», un nombre record de candidatures a été déposé dans le diocèse du pape polonais à Cracovie, ainsi que dans ceux, voisins, de Katowice et de Tarnow. Plusieurs autres diocèses ont mentionné des chiffres multipliés par deux.
«C’est là le fruit de la vie et de la mort de Jean Paul II», a déclaré le recteur du séminaire de Koszalin-Kolobrzeg, Wladyslaw Lukasz, au journal. «Une vocation est parfois l’aboutissement d’un long cheminement, mais pas toujours. Jean Paul II était si charismatique qu’il a très bien pu susciter le désir de le suivre».
Plus de 6’700 candidats au sacerdoce, soit 7% du nombre total des candidats dans le monde, étudiaient dans les 86 séminaires catholiques de Pologne en 2004, d’après l’Annuaire pontifical du Vatican.
Le pays fournit pratiquement un tiers de tous les séminaristes d’Europe, une progression ayant été constatée chaque année depuis 2000. Seule l’Ukraine peut faire état d’une croissance analogue.
Les quatre cinquièmes des prêtres ordonnés en Pologne estiment que le milieu familial dont ils sont issus est «moyen» ou «bon», selon les données statistiques fournies par l’Eglise, 83% étant d’anciens servants ou enfants de choeur et 51% venus de mouvements religieux.
L’effet Jean Paul II
Les vocations se sont multipliées par deux après l’élection de Jean Paul II en 1978 pour atteindre leur point culminant entre 1985 et 1987. A l’heure actuelle, 12% du clergé catholique travaillant en Europe occidentale est originaire de la Pologne.
Néanmoins, le directeur des vocations de l’Eglise de Pologne, Marek Dziewiecki, a incité à la prudence: «Quelques candidats se sont peut-être trompés de voie à cause des événements qui se sont déroulés cette année», a- t-il déclaré à «Gazeta Wyborcza». «Une fois retombée l’émotion suscitée par la mort du pape, ils pourraient fort bien aspirer à retourner dans le monde laïc».
Des journaux polonais ont aussi mentionné une forte hausse du taux de fréquentation par les jeunes des camps de vacances organisés en été par les ordres jésuites, franciscains et autres. (apic/eni/pr)
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