Afrique: Flambée des prix du pétrole: le choc pour les populations
Par Ibrahima Cissé, correspondant de l’Apic en Afrique de l’ouest
Dakar, 15 août 2005 (Apic) Les populations africaines sont sous le choc. La flambée des prix du pétrole sur le marché mondial porte un coup dur à leurs conditions de vie déjà difficiles. Le baril du pétrole a atteint vendredi 12 août, la barre de 65 dollars.
Les Etats, faute de moyens, ont répercuté cette hausse sur les biens et services, notamment sur les prix des transports, des produits hydrocarbures. Conséquences: une inflation des prix des denrées alimentaires. La lutte contre la pauvreté s’en ressent.
Au Sénégal, en Côte-d’Ivoire, au Burkina-Faso, à Madagascar, en République Démocratique du Congo, entre autres, les hausses ont été spectaculaires. Au Burkina-Faso, par exemple, les prix des denrées de première nécessité ont doublé voir même triplé. Selon un quotidien local, «Le Pays», les prix actuellement en cours sont de deux à trois fois supérieurs à ceux en vigueur dans les marchés, l’année dernière, à cette même période. Un sac de maïs ou de mil de 100 kilogrammes coûte entre 25’000 et 30’000 francs cfa (62,5 à 75 frs). Dans certaines régions périphériques, notamment celles du nord, ce prix atteint même 35’000 francs cfa (87,5 frs), alors que le sac de niébé (haricot) de 100 kilogrammes se négocie à 40’000 francs cfa (près de 100 frs).
Conséquences, le «tô»m un plat préparé avec de la farine de céréales, aliment de base dans le pays, est devenu pour de nombreuses familles, un «plat de luxe». En outre, le prix du riz importé, qui a supplanté depuis longtemps le tô dans les habitudes alimentaires du pays, a enregistre aussi une hausse d’au moins 500 francs cfa (1,25 frs) par sac. Précisons que le salaire minimum est de 28’811 francs cfa (environ 72 frs) au Burkina-Faso.
Etat profiteur?
Au Sénégal la presse accuse l’Etat de profiter de la montée vertigineuse du prix du pétrole pour s’enrichir sur le dos des consommateurs. «Sur chaque litre de carburant acheté à la pompe, plus de la moitié représente des taxes qui vont directement dans ses caisses, et sans lesquelles (taxes) le carburant ne coûterait pas aussi cher aux sénégalais», écrit en substance, le quotidien «Sud».
Pour Carmello Sagna, secrétaire permanent du Comité national des hydrocarbures du Sénégal, «il faut regarder du côté des taxes spécifiques et de la taxe à valeur ajoutée (TVA) pour comprendre ces répercussions du prix du pétrole». D’une manière générale, tous les produits pétroliers sont frappés de droits de porte (ou droits de douane) qui sont de 11% pour les essences et le gaz-oil et de 6% pour tous les autres produits y compris le gaz butane a-t-il indiqué au quotidien sénégalais «Le Soleil».
A la tête du client
A Madagascar, une hausse des prix des transports urbains est entrée en vigueur le 13 août 2005. Le quotidien «Midi Madagascar» rapporte que cette augmentation fait suite à une «énième hausse» des hydrocarbures dont le gaz-oil. Depuis 1999, les coûts des transports n’ont pas enregistré de hausse dans le pays. La hausse du baril du pétrole a entraîné aussi un renchérissement des prix des pièces de rechanges des véhicules, des coûts d’entretiens divers et des charges administratives. Pour les consommateurs, l’augmentation du tarif des transports de 50% signifie que la ménagère devrait supprimer un ou des postes dans son budget familial afin de faire face à cette hausse. Une situation qui ne sera pas facile à vivre pour les ménages, déjà affaiblis par des hausses de prix en série ayant fait parler d’elles depuis le début de l’année.
En République démocratique du Congo (RDC), indique «Le Phare» (quotidien de Kinshasa), depuis le 26 juillet 2005, les populations ne savent plus combien ils doivent débourser pour une course en taxi ou en bus. A cause du coût élevé des tarifs, les gens «se trouvent désormais abandonnées à la merci des conducteurs qui agissent chacun selon ses humeurs». Avec là aussi les répercussions sur le budget familial, déjà fortement secoué et mis à mal par d’autres facteurs. (apic/ibc/pr)
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