Cologne: Les trois coups ont sonné pour l’ouverture des JMJ
Cologne, 15 août 2005 (Apic) Les trois coups ont sonné mardi pour l’ouverture des 20e Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), à Cologne. Un rendez-vous un peu particulier, pour les Allemands, mais aussi pour le pape, natif de ce pays, qui se rendra à Cologne du 18 au 21 août. Pas pour rien, qu’en Allemagne, cet imposant rassemblement est baptisé par certains « la JMJ des deux papes », puisque que c’est le pape polonais, décédé le 2 avril dernier, qui avait alors choisi ce lieu.
L’Allemagne est, comme ses voisins, marquée par la baisse de fréquentation des églises. Mais l’élection du cardinal allemand Joseph Ratzinger au trône de Pierre, le 19 avril dernier, a donné lieu à un certain regain d’intérêt pour l’Eglise.
Avec plus de 82 millions d’habitants, l’Allemagne réunifiée depuis 1990 compte quelque 27 millions de catholiques, soit près de 33 % de la population, selon les chiffres avancés par le Bureau central des statistiques de l’Eglise. Mais les catholiques pratiquants n’en représenteraient que 18 %.
Un tiers de la population allemande se déclare catholique, un autre tiers protestant et le dernier tiers appartient à des religions non chrétiennes ou se déclare non-croyant. En Allemagne, le rapport avec les autres confessions chrétiennes – l’oecuménisme – et le dialogue inter religieux ont donc toute leur importance. Ainsi, lors de son passage à Cologne, Benoît XVI participera à une rencontre oecuménique, visitera une synagogue et rencontrera un groupe de représentants des communautés musulmanes du pays.
Le statut de l’Eglise catholique est fixé par un concordat. Ce dernier a été signé le 20 juillet 1933 entre le Saint-Siège, représenté par le cardinal secrétaire d’Etat Pacelli (ancien nonce en Allemagne et futur Pie XII), et le Reich allemand, représenté par Adolf Hitler. Le concordat reconnu ensuite par le gouvernement fédéral en 1949 est toujours en vigueur. Des concordats sont aussi passés directement entre le Saint-Siège et les länder, comme l’accord de 1975 entre le Saint-Siège et le Land de Sarre, modifié en septembre 2001, ou celui entre le Vatican et le Brandebourg, Etat de l’ancienne RDA, entré en application en mai 2004.
Chaque land allemand possède un accord avec le Saint-Siège. Ces concordats réglementent différents aspects de la vie de l’Eglise dans les régions d’Allemagne, en particulier la liberté religieuse, la condition juridique de l’Eglise et son action dans les domaines culturels, éducatifs, pastoraux et caritatifs, ainsi que l’enseignement religieux dans les écoles publiques.
Conflits
Les relations entre l’Allemagne et le Saint-Siège ont été marquées, en 1999, par un conflit portant sur les centres de conseil pour l’avortement desquels l’Eglise allemande a dû se retirer sur injonction de Jean Paul II. Certaines critiques avaient été émises sur la cohérence de l’Eglise catholique qui, en délivrant à l’issue des consultations des certificats aux personnes souhaitant avorter, accordait des permis de tuer. Après des débats au sein de la Conférence épiscopale, les évêques se sont finalement rangés derrière la ligne du pape soutenue par le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Autre conflit, en août 2002, après un ultimatum lancé par la Congrégation pour la doctrine de la foi, le Vatican avait excommunié sept femmes catholiques allemandes, autrichiennes et américaines, ordonnées prêtres un mois plus tôt au sein d’une communauté schismatique.
En 2004, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait confirmé la décision de l’évêque de Trêves de priver de droit de célébrer et d’enseigner Gotthold Hasenhüttl, professeur de théologie et prêtre catholique qui avait offert publiquement la communion aux protestants lors de la journée oecuménique nationale de Berlin le 29 mai 2003.
En revanche, le pontificat de Jean Paul II a été jugé positivement d’un point de vue politique, y compris par l’actuel chancelier, Gerhard Schröder, du parti social démocrate (SPD). De son côté, la présidente de l’Union des démocrates chrétiens (CDU), Angela Merkel, a beaucoup bataillé pour qu’une référence à l’héritage chrétien de l’Europe soit inscrite dans la constitution de l’Union européenne. Angela Merkel, que Benoît XVI rencontrera à Cologne en plus des autorités du pays, pourrait devenir, à la faveur d’élections prévues le 18 septembre prochain, le nouveau chancelier.
Riche, mais dans une position de plus en plus délicate
Sur le plan financier, l’Eglise d’Allemagne est souvent présentée comme l’une des plus riches du monde. Chaque Allemand, qui déclare volontairement son appartenance à une Eglise, doit payer un impôt à cette Eglise, le « kirchensteuer ». Mais avec la diminution du taux d’imposition versé à l’Eglise ainsi que du nombre de ses fidèles, l’Eglise est dans une position de moins en moins favorable.
Ainsi, en septembre 2004, réunis pour leur assemblée plénière d’automne, les évêques allemands n’ont pas caché les difficultés financières de certains diocèses. Le Comité central des catholiques allemands, le ZdK, a aussi lancé un appel aux évêques afin de trouver des moyens de sortir de la crise financière qui frappe les diocèses, dont certains devaient même se séparer de personnels.
Grâce aux ressources dont a longtemps disposé l’Eglise, elle a pu pendant longtemps confier de nombreuses tâches pastorales à des laïcs et être ainsi le second employeur en Allemagne. De nombreux assistants pastoraux aident ainsi les prêtres dans leurs taches quotidiennes.
On trouve également en Allemagne de très nombreuses institutions hospitalières et sociales catholiques: jardins d’enfants, hôpitaux, cliniques, etc. L’Eglise est un gros employeur de main-d’oeuvre, ses institutions caritatives (Caritas, Missio, Adveniat) constituent une force impressionnante.
Le voyage de Benoît XVI en Allemagne, du 18 au 21 août 2005, sera son premier voyage apostolique à l’étranger. Jean Paul II s’est pour sa part rendu à trois reprises en Allemagne, en 1987, 1993 et en 1996. APIC
Encadré
L’Eglise en Allemagne en chiffres
L’Eglise d’Allemagne compte 29 circonscriptions ecclésiastiques, dont 27 diocèses, pour 12 486 paroisses, selon le Bureau central des statistiques de l’Eglise catholique.
Au 12 août 2005, on dénombre en Allemagne 105 évêques, 14’344 prêtres diocésains, 4’482 prêtres appartenant à des congrégations religieuses, 2’505 diacres permanents, 1’556 religieux non-prêtres, 34’767 religieuses, 2’098 membres laïcs d’instituts séculiers, 461 missionnaires laïcs et 22’317 catéchistes. On compte ainsi un prêtre pour 1’456 catholiques. Le nombre de séminaristes mineurs est de 2’402 et celui des séminaristes majeurs de 1’159.
Au niveau éducatif, on compte 9’478 écoles maternelles ou primaires catholiques avec 645’735 élèves, contre 794 collèges et lycées catholiques comptant 296’184 élèves, et enfin 35 universités ou instituts d’études supérieures catholiques qui regroupent 17’116 étudiants.
Concernant les institutions caritatives et sociales catholiques, on dénombre en Allemagne 536 hôpitaux, 1’359 dispensaires, 2’588 maisons de retraite ou de repos, 1’298 orphelinats, 2’030 centres pour la famille et pour la protection de la vie, 1’331 centres spéciaux d’éducation ou de rééducation sociale ainsi que 52 autres institutions oeuvrant dans le domaine. APIC
Des illustrations des JMJ et de la visite du pape à Cologne sont disponibles immédiatement à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: info@ciric.ch
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