Film québécois récompensé
Locarno, 16 août 2005 (Apic) Le jury oecuménique du 58ème Festival international du film de Locarno a attribué son prix au réalisateur québécois Bernard Émond, pour son film «La Neuvaine». Le prix, assorti d’une récompense de 20’000 francs suisses pour favoriser les distribution en Suisse, est financé en commun par l’Eglise catholique et l’Eglise évangélique-réformée de Suisse.
Le jury oecuménique était composé de Peter Malone (Australie/Angleterre), Randy Naylor (Canada/Angleterre), Rose Pacatte (USA), Adela Peeva (Bulgarie), Ruben Rossello (Suisse), Karsten Visarius (Allemagne). Outre «La Neuvaine», le jury oecuménique a également décerné une mention spéciale à «Fratricide», film allemand de Yilmaz Arslan, qui traite du problème des réfugiés en Europe, notamment des Kurdes en Allemagne. Il s’agit d’un plaidoyer contre le racisme et l’ignorance, et en faveur de la dignité humaine.
Dans «La Neuvaine», le réalisateur montréalais né en 1951 met en vedette Elise Guilbault et Patrick Drolet dans les rôles principaux. Ce film raconte l’histoire d’une femme qui est médecin et qui se pense responsable de la mort d’une patiente et de son bébé. Elle s’arrête près du célèbre sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré où un jeune homme l’empêchera de se jeter dans le fleuve. Au Québec, la sortie du film «La Neuvaine» est prévue le 26 août.
Un non croyant qui éprouve un manque
Avec «La Neuvaine», Bernard Émond – il se définit lui-même comme un non croyant qui éprouve pourtant un manque – entame une trilogie sur la foi, l’espérance et la charité. Certes, il s’agit d’un non-croyant profondément catholique de culture, qui déplore la crise des valeurs créée par l’effondrement total de la foi au sein de la société québécoise contemporaine, la crise des valeurs, et le vide auquel on est confronté.
«J’ai souvent le sentiment de vivre dans une culture qui s’autodétruit. On est enfermé, au Québec, dans un individualisme hédoniste épouvantable», lance-t-il. Et une des raisons pour lesquelles il dit avoir envie de parler de religion, «c’est que, même lorsqu’on est non-croyant, on a besoin des métaphores qu’elle nous offre, de l’idée de Bien et de Mal, de péché, de solidarité… «
Il dit même parfois avoir l’impression que la foi peut être plus progressiste que la non foi. «Un chrétien qui prendrait au sérieux le Sermon sur la montagne serait peut-être mieux armé que nous pour se défendre contre le néo-libéralisme. Evidemment, les fondamentalismes chrétiens, juif et musulmans sont profondément réactionnaires et dangereux, mais ils n’invalident pas pour moi l’idée religieuse, pas plus que Staline n’invalide l’idée de socialisme», déclarait-il récemment à Francine Laurendeau, sur le site internet canadien «infoculture.ca». (apic/com/be)
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