Cologne: Les organisateurs et participants des JMJ pleurent Frère Roger de Taizé
Cologne, 17 août 2005 (Apic) Les organisateurs et participants des JMJ pleurent Frère Roger Schutz. Le fondateur de la communauté de Taizé a été assassiné lors de la prière du soir du 16 août dans sa communauté par une déséquilibrée. Le secrétaire général de la JMJ, Mgr Heiner Koch, ainsi que le cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne, se sont dits profondément attristés par la nouvelle.
« Cologne: Les organisateurs et participants des JMJ pleurent Frère Roger de Taizé », a commenté pour sa part Mgr Franz Dietel, évêque auxiliaire de Munich et Freising. « C’est avec une grande émotion que j’ai appris la triste nouvelle de l’assassinat de Frère Roger », a ainsi déclaré le cardinal Meisner dans la matinée du 17 août. Il a aussi transmis « ses profondes condoléances à la communauté de Taizé ».
L’archevêque de Cologne a en outre souligné que les jeunes participants aux JMJ allaient penser et prier « avec une grande reconnaissance et tristesse ce témoin de l’évangile ». Il a aussi fait savoir qu’il essaierait de se rendre à l’église Sainte-Agnès de Cologne, l’un des centres de la communauté de Taizé pour cette JMJ, afin d’exprimer personnellement ses condoléances aux représentants de la communauté. La prière de 14h dans cette église devait être consacrée au souvenir du Frère Roger, mort à l’âge de 90 ans.
Un homme « profondément attaché à l’Eglise catholique »
« Tous les participants aux JMJ prient pour cette grande personnalité », a pour sa part déclaré Mgr Heiner Koch dans un communiqué daté du 17 août. Le secrétaire général de la JMJ a souligné que Frère Roger avait « toujours été profondément attaché à l’Eglise catholique ». « Nous exprimons notre profonde compassion à la communauté de Taizé, en particulier aux frères dirigeant le centre spirituel à Münster et à l’église Sainte-Agnès de Cologne », a ajouté le prélat. « Nous étions tous contents et reconnaissants qu’il ait pris part à l’enterrement de Jean Paul II. Le deuil est grand », a-t-il conclu, tout en ajoutant que « l’espoir de résurrection prédomine ».
« C’est très triste, il avait 90 ans et il était déjà si malade », a pour sa part confié Mgr Franz Dietel, évêque auxiliaire de Munich, à l’agence Apic, dans la matinée du 17 août. « C’est dur parce que c’était un homme avec un très grand coeur, un homme très profond dans sa foi ». « En ce qui concerne l’oecuménisme, je crois que c’était un bâtisseur de ponts entre les confessions. C’était un témoin », a-t-il poursuivi.
« C’est une grande perte pour le mouvement oecuménique, car c’était un constructeur de ponts non seulement entre catholiques et protestants, mais aussi pour toutes les confessions et religions. Il les menait vers Dieu », a renchéri l’évêque allemand. « Il a réussi à rassembler des jeunes, à prier avec eux, à faire connaître la foi aux jeunes. Ces Journées mondiales ont le même objectif, de mener les jeunes vers Dieu », a-t-il encore commenté. L’évêque allemand a conclu en expliquant que « les personnalités exposées sont toujours en danger. C’est pourquoi il faut les protéger ».
« Il est mort martyr »
« C’est dur. J’étais allée le voir. C’était quelqu’un de génial. J’ai failli en pleurer », a pour sa part confié à I’Apic Céline, une Suissesse de 18 ans participant aux JMJ. « Cela nous fait nous poser des questions, sur jusqu’où on est prêt à aller dans notre foi, parce que c’est à cause de son engagement qu’il a été assassiné », a pour sa part estimé Soizic, âgée de 20 ans. « Cela nous fait poser la question sur ce que signifie être chrétien ».
« Pour nous c’est un témoignage. Il est mort martyr et le sang du martyr est semence de chrétiens. Pour nous c’est un grand ’alléluia’ dans le sens où c’est un immense témoignage », a encore jugé leur amie Véronique, âgée de 26 ans.
Le fondateur et prieur de la communauté oecuménique de Taizé, Frère Roger Schutz, a été mortellement blessé à coups de couteau, dans la soirée du 16 août, par une Roumaine de 36 ans. Elle a été aussitôt interpellée et placée en garde-à-vue. Le drame s’est déroulé vers 20h45, alors que quelque 2’500 jeunes assistaient à la prière traditionnelle du soir au siège de la communauté, en Bourgogne, en France. C’est un catholique allemand de 50 ans, Frère Aloïs, qui va succéder au Frère Roger à la tête la communauté de Taizé.
Au cours de l’audience générale du 17 août à Castel Gandolfo, Benoît XVI s’est « touché » par cette nouvelle, d’autant plus qu’il avait reçu la veille de lui « une lettre émouvante dans laquelle il disait qu’il était de tout son coeur avec le pape et tous ceux qui sont à Cologne ». Frère Roger y informait le pape qu’il ne pourrait se rendre lui-même à Cologne, pour des raisons de santé, il lui disait qu’il « était en entière communion avec lui et ceux qui sont réunis à Cologne ». (apic/imedia/ar/bb)
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