Encourager les autorités musulmanes à interpréter le Coran

Cologne: Deux évêques français commentent la visite du pape aux représentants de l’islam

Ariane Rollier, agence I.Media

Cologne 21 août 2005 (apic) Le travail de l’Eglise catholique est «d’encourager» les autorités musulmanes à fixer une interprétation du Coran et à «se faire entendre sur la place publique», a déclare Mgr André Vingt- Trois, archevêque de Paris, à l’issue d’une conférence de presse tenue à Cologne le 20 août. Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence épiscopale de France, a pour sa part souligné que Benoît XVI allait appeler les représentants de l’islam à «promouvoir la paix par le dialogue» et condamner «la barbarie» du terrorisme.

Le rôle de l’Eglise catholique «n’est pas de faire l’exégèse du Coran», mais «de motiver, d’encourager, de provoquer» les autorités musulmanes à faire eux-mêmes une exégèse du Coran, à «en fixer une interprétation» et «à se faire entendre sur la place publique». Pour l’archevêque de Paris, il leur revient en effet d’appeler «à la paix» et d’expliquer qu’ils refusent le terrorisme.

Dans le discours du pape aux représentants musulmans, il y a «tout un passage sur le terrorisme, une question aujourd’hui posée par le retour d’une forme de barbarie», a aussi rapporté Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux. «Nos démocraties peuvent-elles avoir suffisamment de force dans la défense de la vie, de la personne humaine pour appeler à dire non seulement non au terrorisme mais défendre la vie sous toutes ses formes et en particulier la vie humaine qui risque d’être une atteinte à la vie humaine?». «On sent bien que c’est une préoccupation profonde du pape», a souligné l’archevêque.

Interrogé sur le fait que le président allemand ait parlé d’une Europe à construire de frères et de soeurs, Mgr Vingt-Trois a répondu «quand le président allemand parle de frères et de soeurs, j’ai un esprit un peu simple, mais c’est en général qu’il y a un père». «Où est le père, qui est- il? Car on n’est pas frères sans père, on n’est pas frères sans mère». «Cela pose la question de savoir si on peut faire sérieusement la promotion de la fraternité humaine sans savoir de qui ces frères sont les enfants? «, a-t-il souligné. «Croit-on à la capacité indéfinie ou à la possibilité de constituer une fraternité sans père – jusqu’ici cela n’a pas fonctionné – ou croit-on à la capacité des hommes à se reconnaître comme frères dans la mesure où ils se reconnaissent enfants de Dieu? " Et l’archevêque de Paris d’ajouter: «c’est aussi un des enjeux de la JMJ», qui ne consiste pas seulement «à réaliser un meeting entre les jeunes d’une même génération». «Peut-il y avoir des JMJ sans Dieu?», a demandé l’archevêque aux journalistes.

Une forte attente spirituelle de la part des jeunes

Au-delà de leur souhait de passer «un moment joyeux et festif» avec des jeunes du monde entier et «de rencontrer le pape», Mgr Vingt-Trois a estimé qu’il y avait une «forte attente spirituelle chez beaucoup» de jeunes participants. Il a aussi souligné leur «vraie candeur» manifestée par les «questions existentielles réelles» qu’ils posaient aux évêques lors des catéchèses, notamment «sur la vie, sur la mort, sur l’amour ou dur Dieu». Il a aussi eu l’impression que les jeunes «découvraient eux-mêmes ces questions» en les posant et qu’ils n avaient «pas de réponse alternative» comparable à celle que leur donnait l’Eglise.

Les jeunes découvrent par cette rencontre en Allemagne que «l’appartenance confessionnelle peut ne pas être un interdit social», a encore rapporté l’archevêque de Paris. Il a aussi évoqué ces «minorités silencieuses» dans la société, ceux qui se taisent alors qu ils ne sont pas d’accord avec les prises de position de la société et son conformisme. Car en France «celui qui pense autrement qu’à avoir des relations sexuelles très précocement ne dit pas quelque chose de légitime, celui qui veut aider les défavorisés ne peut le dire que dans un cercle restreint, et celui qui dit ’je crois en Dieu’ est complètement fou», a illustré l’archevêque de Paris.

Le Décalogue rapproche chrétiens et juifs

Concernant la rencontre du pape avec les juifs du 19 août, le président de la Conférence épiscopale de France a déclaré que «les catholiques sont appelés à s’orienter dans deux directions très précises celle de " poursuivre avec persévérance le travail de purification de la mémoire et de réconciliation historique, et en même temps de développer une meilleure connaissance et un respect mutuel» entre les deux religions. " Le Décalogue nous donne une base commune d’appréciation et de travail possible par rapport aux besoins de l’humanité», a-t-il ajouté.

Enfin, interrogé sur le rapport des jeunes avec Benoît XVI, il a déclaré: «Je pense que l’apprivoisement mutuel entre le pape et les jeunes est en train de se faire et va se faire». «On sent que le pape se détend et prend de plus en plus confiance en lui», a-t-il estimé, soulignant que ce n’était «pas évident» pour lui, «homme de dossiers, de bureau, de réflexion même s’il aime le contact»" de rencontrer ainsi tous ces jeunes et de succéder au géant de cette rencontre avec les jeunes, Jean Paul II». " (apic/imedia/ar/bb)

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