Australie: Les principaux défis de l’Eglise catholique pour le cardinal George Pell
Ariane Rollier, agence I.Media
Rome, 21 août 2005 (Apic) La 22e édition des JMJ aura lieu à Sydney, en Australie, au début de l’année 2008. Cette rencontre est attendue par l’Eglise catholique du pays dans un contexte de sécularisation croissante.
Le cardinal George Pell, archevêque de Sydney, présent a Rome début juillet 2005, avait alors confié à l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic, qu’il soumettrait officiellement le 9 juillet au Conseil pontifical pour les laïcs la proposition que les JMJ de 2008 aient lieu en Australie. Il avait expliqué que Sydney avait «une bonne chance» d’être choisie. Le cardinal avait déjà annoncé le 11 mars qu’il allait faire soumettre cette candidature, «pour fortifier la foi des jeunes».
Le 26 mars 2004 le cardinal George Pell avait affirmé depuis Rome: «J’ai déjà parlé avec le Conseil pontifical pour les laïcs et lui ai écrit une lettre pour signaler que nous sommes en train de réaliser une étude de faisabilité pour accueillir les JMJ», notamment au niveau financier. Il avait précisé qu’il était «en lien avec le gouvernement fédéral australien». Jean Paul II avait été «attentif» a sa proposition, avait-il rapporté à l’issue de leur rencontre. «Mon objectif est d’accroître la foi des jeunes Australiens», avait souligné l’archevêque de Sydney en insistant sur le fait que «les Journées mondiales de la jeunesse pouvaient être une occasion importante de stimuler et de soutenir la foi de son pays». Pour lui en effet, «si la situation de l’Eglise en Australie n’est pas dramatique, elle n’est pas optimale non plus». Parmi les principales difficultés rencontrées par l’Eglise catholique australienne avec les jeunes, «l’alcool, la drogue et la mauvaise compréhension du message chrétien sur la sexualité», «dans une époque matérialiste».
Des forces anti-religieuses peu puissantes
Interviewé le 11 mars 2005 par I.MEDIA, le cardinal de Sydney avait décrit la situation religieuse en Australie comme étant «en quelque sorte entre la situation religieuse aux Etats-Unis et la Grande-Bretagne: la religion n’est pas aussi influente en Australie qu’aux Etats-Unis, mais les forces anti-religieuses n’y sont pas aussi puissantes». Il avait précisé que «la plus grande Eglise est l’Eglise catholique». «La dimension religieuse, en ce qu’elle est contestée, est un facteur significatif dans les discussions publiques, et beaucoup des leaders politiques sont des chrétiens sérieux. Bien sur, il n’y a pas de sécularisme radical comme en Europe», avait-il aussi affirmé.
Interrogé sur les principaux défis l’Eglise devait faire face, il avait répondu «nos défis sont ceux du monde occidental. Nous avons le grand scandale de l’avortement. Un sérieux débat public a récemment débuté à ce sujet. Nous espérons obtenir le résultat de réduire progressivement le nombre d’avortements». «Nous avons aussi à enthousiasmer nos jeunes par rapport à la foi», avait-il poursuivi.
«Nous avons aussi un défi sérieux dans le manque de vocations à la prêtrise. Malheureusement, sauf changement majeur, beaucoup de nos ordres religieux finiront par cesser d’exister», avait encore expliqué l’archevêque. «Nous devons encourager la nouveauté», avait-il également déclaré, ajoutant: «Je suis un sérieux supporter des mouvements nouveaux, mais ils ne se sont pas répandus en Australie et dans la plupart des pays anglophones comme ils le sont en Italie ou en Espagne». «Il faut également faire face à l’indifférence: la plupart des Australiens ne veulent pas crucifier le Christ, mais sont tentés de lui faire subir des tribulations», avait-il conclu. (apic/imedia/ar/bb)
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