Rome: Le pape Benoît XVI prêt à renouer le dialogue avec les traditionalistes ?
Rome, 23 août 2005 (Apic) Benoît XVI devrait rencontrer le 29 août 2005 Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, pour s’entretenir des différends entre Rome et la fraternité schismatique depuis les ordinations épiscopales illicites célébrées par Mgr Lefebvre en 1988.
L’information en provenance d’indiscrétions dans la Fraternité Saint- Pie X n’a pas été confirmée officiellement par le Saint-Siège mais n’est pas démentie par des sources vaticanes bien informées.
Selon ces mêmes indiscrétions, le pape devrait accueillir Mgr Bernard Fellay, un prélat originaire du Valais, avec le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé. Le cardinal Castrillon Hoyos est président de la Commission Ecclesia Dei, fondée après le schisme de 1988 en vue de permettre aux traditionalistes le désirant de conserver le rite préconciliaire. Mgr Fellay devrait être accompagné, pour sa part, de l’abbé Arnaud Sélégny, secrétaire général de la Fraternité Saint-Pie X.
Mgr Richard Williamson, directeur du séminaire argentin de la fraternité, considéré comme un des leaders de l’aile dure du mouvement séparé de Rome – il avait pourtant déclaré « avoir de la sympathie pour le nouveau pape » lors de son élection – a fait savoir sur son site internet qu’il ne souhaitait pas la rencontre prévue le 29 août à Castel Gandolfo entre le nouveau pape et son supérieur général.
Mgr Fellay demande la rétractation du décret d’excommunication
Dans une interview publiée le 16 juillet dernier par DICI, l’organe de communication de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Fellay répondait à la question de savoir ce qu’il dirait à Benoît XVI s’il le rencontrait.
« Je lui demanderais la liberté de la messe (selon le rite traditionnel de saint Pie V, ndlr) pour tous et dans le monde entier », expliquait alors le responsable de la Fraternité, ajoutant qu’il demanderait aussi au pape de « rétracter le décret d’excommunication relatif aux sacres (l’ordination de quatre évêques, dont Mgr Fellay, célébrée par Mgr Marcel Lefebvre en 1988) ».
Selon Mgr Bernard Fellay, ces deux préalables ne peuvent être dissociés d’une discussion doctrinale ultérieure. « On sait bien que tout ne se limite pas à la messe, mais il faut commencer par du concret », affirmait- il alors, expliquant que « ce serait une brèche très profonde et efficace dans le système progressiste » et que « cela amènerait graduellement un changement d’atmosphère et d’esprit dans l’Eglise ».
Une « brèche très profonde et efficace dans le système progressiste »
Après l’élection du cardinal Joseph Ratzinger sur le trône de Pierre, le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X avait évoqué « une lueur d’espérance de sortir de la profonde crise qui secoue l’Eglise catholique ». Puis, en juillet dernier, il affirmait que « dès le départ il y a un problème qui menace d’éteindre cette lueur: Benoît XVI reste attaché au Concile » (Vatican II, ndlr).
Le processus de négociations entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X en vue d’une réconciliation et d’un retour des évêques, prêtres et fidèles séparés, est un feuilleton chaotique. Il semble qu’à chaque nouvelle possibilité de rapprochement, des bâtons soient mis dans les roues des négociateurs par l’aile dure côté intégriste ou l’aile progressiste de l’Eglise catholique.
Premières discussions lors du grand Jubilé
Les discussions entre la Fraternité Saint-Pie X – fondée en Suisse par Mgr Marcel Lefebvre à la fin des années 80 – et le Saint-Siège ont commencé au cours de l’année 2000, à l’occasion du grand Jubilé. Les responsables du mouvement séparé de Rome avaient été reçus, à cette occasion, par Jean Paul II.
Des rumeurs de réconciliation avaient été lancées à plusieurs reprises, sans résultat. Il en avait été ainsi, par exemple, en avril 2003, alors que le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé et président de la Commission Ecclesia Dei s’apprêtait à célébrer la messe selon le rite tridentin le mois suivant dans la basilique romaine de Sainte-Marie-Majeure où repose saint Pie V. Rumeurs démenties côté intégriste.
Benoît XVI est aujourd’hui bien placé pour conduire les discussions avec la fraternité schismatique. C’est lui, en effet, qui a mené les entretiens pour tenter, en vain, de faire rentrer Mgr Lefebvre et ses fidèles dans le rang, alors qu’il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. En 2002, par exemple, il a correspondu avec Mgr Fellay pour une reprise du dialogue sur des questions théologiques. (apic/imedia/ami/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse