Allemagne: Après la rencontre avec le pape, l’oecuménisme vu du côté protestant
Cologne, 23 août 2005 (Apic) A l’occasion de sa première visite pastorale en Allemagne, le pape Benoît XVI, qui a fait de l’unité des chrétiens une des priorités de son pontificat, a reçu une importante délégation des Eglises chrétiennes allemandes, comprenant notamment l’évêque Wolfgang Huber, le président de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD).
Pour le pape Benoît XVI, les questions éthiques constituent la priorité du dialogue oecuménique. Au cours de sa visite pastorale de quatre jours en Allemagne, le pape Benoît XVI, qui a fait de l’unité des chrétiens une des priorités de son pontificat, a reçu une importante délégation des Eglises chrétiennes allemandes, comprenant notamment l’évêque Wolfgang Huber, président de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD).
Soulignant l’ambiance chaleureuse, les responsables protestants allemands ont qualifié d’ »importante » cette rencontre. Contrairement aux usages du protocole, Benoît XVI s’est levé à la fin du discours du président de l’Eglise évangélique Allemande (EKD) pour lui serrer la main en signe de remerciements pour ses chaleureuses paroles de bienvenue.
Avec humour, l’évêque Huber avait auparavant affirmé que les chrétiens protestants ne pouvaient certes pas clamer: « Habemus papam ». De cette occasion, le président de l’Eglise évangélique d’Allemagne, Wolfgang Huber en a profité aussi pour clamer et saluer chaleureusement l’élection de Benoît XVI, le qualifiant comme pape « d’un théologien venu d’Allemagne si fin et si intelligent » .
Adopter des positions communes dans le domaine éthique
Cette rencontre oecuménique a permis au chef de l’Eglise catholique romaine et au président de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD) de fixer un certain nombre de priorités au dialogue oecuménique. Pour le pape, il est urgent que les chrétiens adoptent des positions communes sur les questions éthiques.
« A cause de contradictions dans ce domaine, le témoignage évangélique et l’orientation éthique que nous devons aux fidèles et à la société perdent de leur force, prenant souvent des caractéristiques vagues et ainsi nous manquons à notre devoir de donner à notre temps le témoignage nécessaire », a-t-il lancé.
Le grave problème des couples mixtes
Pour Wolfgang Huber, le dialogue oecuménique est indispensable pour que les confessions chrétiennes soient crédibles auprès des jeunes générations. Evoquant le grave problème des couples mixtes (couple composé de catholiques et de protestants), le président de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD) a ardemment souhaité que soit « trouvé le chemin pour remédier à des situations dramatiques » et que des solutions soient trouvées au problème de l’hospitalité eucharistique qui « engage chacune des Eglises ».
L’évêque Wolfgang Huber a fait savoir les dossiers qu’il considère comme prioritaires dans les dialogues en les énumérant: l’ecclésiologie, les ministères féminins ou encore la conception de la succession apostolique. Le chef de l’Eglise catholique romaine a pu, pour sa part, préciser également les contours de ce qu’il entendait par unité des chrétiens.
« Selon notre conviction, l’unité (des chrétiens) subsiste dans l’Eglise catholique sans possibilité d’être perdue, a-t-il déclaré. Cela ne signifie pas toutefois uniformité de toutes les expressions de la théologie et de la spiritualité, dans les formes liturgiques et dans la discipline, » a bien précisé le pape Benoît XVI
Le pontife romain a également mis en avant « l’unité dans la multiplicité et (la) multiplicité dans l’unité », « une condition nécessaire pour que cette coexistence se réalise ». A noter que dès son élection, Benoît XVI avait fait du rétablissement de l’unité des chrétiens l’un des axes majeurs de son pontificat. Cependant les responsables protestants souhaitaient un certain nombre de clarifications craignant notamment que Benoît XVI ne privilégie le dialogue en direction de l’orthodoxie.
Traiter à égalité le protestantisme et l’orthodoxie
« Nous sommes rassurés », a déclaré Nikolaus Schneider, président de l’Eglise protestante de Rhénanie (EKIR). Selon lui, le nouveau pape entend bien traiter à égalité le protestantisme et l’orthodoxie. « Lorsque Benoît XVI parle d’unité dans la multiplicité et la multiplicité dans l’unité, cela est encourageant pour nous et cela nous permet de nous y inscrire », a- t-il ajouté
Cependant, au cours de son voyage dans son pays natal, le pape est demeuré ferme sur ses conceptions théologiques. Dans ’’Dominus Iesus’’ (déclaration sur l’Unicité et l’Universalité Salvifique de Jésus-Christ et l’Eglise), le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi qu’il était alors avait dénié aux Eglises protestantes le titre d’Eglises. A Cologne, dans ses différentes interventions, Benoît XVI a systématiquement maintenu l’appellation « communautés ecclésiales » pour désigner les protestants. Au cours de la veillée du samedi soir à Marienfeld, le pape Benoît XVI a aussi insisté sur le fait que les « vrais réformateurs » étaient les saints. « C’est seulement des saints, c’est seulement de Dieu que vient la vraie révolution », a-t-il alors affirmé. (apic/eni/ts)
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