Aucun autre déplacement hors d’Italie prévu à ce jour

Rome: Les prochains voyages de Benoît XVI ?

Rome, 24 août 2005 (Apic) Alors que Benoît XVI vient d’effectuer un premier voyage apostolique en Allemagne, à quatre mois de son élection, aucun autre déplacement hors d’Italie n’est encore officiellement programmé. Le porte- parole du Saint-Siège Joaquin Navarro-Valls l’avait affirmé le 19 août à Cologne. Il n’a toutefois pas exclu que l’agenda de Benoît XVI «puisse se remplir dans quelque temps».

A l’issue de son premier voyage apostolique international pour les JMJ à Cologne, du 18 au 21 août, la capacité de Benoît XVI à perpétuer l’oeuvre de ses prédécesseurs ne fait plus aucun doute. En moins de trois mois de pontificat, il a déjà été officiellement invité, à l’issue d’audiences pontificales, par trois dirigeants étrangers venus le rencontrer à Rome: par le président de la Slovaquie Ivan Gasparovic le 17 juin, suivi du président du Salvador Elias Antonio Saca Gonzalez le lendemain 18 juin, et enfin d’Ariel Sharon, par l’intermédiaire de la ministre israélienne de la Communication Dalia Itzik, le 6 juillet dernier.

Pourtant, selon des sources vaticanes autorisées, le pontificat de Benoît XVI connaîtra moins de voyages que celui de Jean Paul II, pape des records avec 104 voyages en 26 ans, soit une moyenne de 4 par an. Selon Joaquin Navarro-Valls, Benoît XVI aura «un pontificat de concepts et de paroles» plus que de gestes. Le voyage de Cologne a aussi montré que Benoît XVI, d’un naturel plus discret que son prédécesseur et sans doute moins à l’aise avec les grands bains de foule, adopte un style différent. Ayant fêté son 78e anniversaire à la veille de son élection, le pape cherche encore à se préserver pour se consacrer à ce qu’il juge être l’essentiel de sa lourde charge.

A Istanbul en novembre?

La prochaine destination du souverain pontife pourrait être Istanbul, en Turquie, le 30 novembre prochain, afin d’y rencontrer le patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomé Ier, à l’occasion de la fête de Saint-André. Le premier ministre irlandais avait déclaré à l’issue de son audience avec le pape le 7 juillet que celui-ci avait «mentionné deux voyages, le premier à Cologne pour les Journées mondiales de la jeunesses et, le deuxième, à l’étude, à Istanbul». Le porte-parole du Saint-Siège avait rappelé dix jours plus tard que si une invitation avait été lancée par le patriarche, Benoît XVI avait également besoin de celle des autorités civiles.

A près de deux mois du 30 novembre, ce déplacement s’annonce toutefois délicat. L’ancien cardinal Ratzinger s’était fermement opposé à l’intégration de la Turquie dans l’Europe. Par ailleurs, un tel voyage demanderait une véritable préparation de la part du Vatican, travail qui ne semble pour l’instant pas avoir été lancé, notamment au Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, l’un des premiers dicastères concernés.

Une étape vers Moscou

Si ce voyage ne pouvait se faire ce mois de novembre, il pourrait avoir lieu ultérieurement. Une visite du pape à Constantinople serait une étape avant Moscou, ultime aboutissement d’un rapprochement entre les Eglises catholiques et orthodoxes, aux relations sensibles et houleuses. Signe d’une ouverture de la part du gouvernement, le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov a invité le 7 juillet dernier son homologue du Saint-Siège, Mgr Giovanni Lajolo. Il effectuait une visite auprès du secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano.

Par ailleurs, Benoît XVI pourrait également se rendre dans la ville de Valence, en Espagne, à l’occasion de la 5e rencontre mondiale de la famille qui se déroulera du 4 au 9 juillet 2006. C’est ce qu’avait affirmé le 29 mai dernier l’archevêque de Valence, Mgr Agustin Garcia-Gasco.

Destination des JMJ de 2008, Sidney, en Australie, espère la venue du pape, qui aurait alors 81 ans. Le cardinal George Pell, son archevêque, s’est montré impatient de recevoir son ami Benoît XVI.

Le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, au Canada, a pour sa part lancé une invitation au pape pour la cérémonie de clôture du 49e congrès eucharistique international, organisé à Québec du 15 au 22 juin 2008. Le gouvernement du Québec a repris cette invitation par la voix de Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales, qui a pu s’adresser à Benoît XVI après l’audience générale du 6 juillet dernier, et s’est déclarée «très optimiste» quant à sa venue.

Des destinations «oecuméniques» et «interreligieux»

A l’image de Paul VI, Benoît XVI devrait choisir des visites particulièrement ciblées, dans la lignée des défis qu’il s’est donnés, notamment celui de l’oecuménisme et de l’interreligieux. Un voyage en Israël n’est aussi pas impossible. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a d’ores et déjà invité le 6 juillet dernier le nouveau chef de l’Etat du Saint-Siège, par l’intermédiaire de son ministre de la Communication Dalia Itzik.

Restent d’autres destinations à fort pouvoir symbolique, comme Cracovie, en Pologne, où le pape actuel pourrait rendre un nouvel hommage à Jean Paul II. De nombreux observateurs voient dans ce déplacement hypothétique l’occasion de la béatification du prédécesseur de Benoît XVI.

Le pape pourrait aussi se rendre sur le continent asiatique, ’continent du troisième millénaire’. Certains pays de cette vaste terre de mission, où est concentrée près des deux tiers de l’humanité, connaissent des rapprochements diplomatiques significatifs avec le Saint-Siège, notamment le Vietnam et la Chine.

Paul VI avait ouvert la voie par ses 9 voyages et Jean Paul II avait magnifiquement confirmé ce qui est désormais devenu une tradition : le pape, pasteur de l’Eglise catholique, se doit de partir à la rencontre des peuples de la terre. Dans la même lignée, Benoît XVI aura certainement d’importants voyages à effectuer. (apic/imedia/gt/bb)

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