Kenya: Les suspects de l’assassinat de Mgr Luigi Locati affirment avoir été torturés
Nairobi, 25 août 2005 (Apic) Les suspects de l’assassinat le 14 juillet dernier de Mgr Luigi Locati, vicaire apostolique d’Isiolo, au Kenya, affirment avoir été torturés. La Haute cour de Nairobi a ordonné une expertise médicale pour les six personnes – parmi eux le prêtre catholique kenyan Peter Malley Guyo Wako – formellement incriminées pour l’homicide du prélat originaire de l’archidiocèse de Vercelli, en Italie.
Les avocats des six suspects, qui resteront en prison jusqu’à l’ouverture du procès le 7 septembre prochain, ont dénoncé à plusieurs reprises que leurs clients ont fait l’objet de tortures perpétrées par la police.
D’après la demande déposée par les avocats de la défense à la Haute Cour, les 6 suspects auraient subi divers types de tortures (brûlures de cigarettes, mais aussi une série de pressions psychologiques comme l’absence de nourriture et d’eau) commises par les policiers, rapporte jeudi l’agence de presse missionnaire MISNA à Rome.
Les magistrats ont donc désigné un médecin légiste tandis qu’un autre a été choisi par la défense afin de procéder à des expertises physiques et psychiatriques sur les 6 détenus. Un des procureurs chargés du cas a rejeté, au nom de la police, les accusations de torture présentées par la défense.
Après avoir confessé aux enquêteurs leur implication dans l’homicide qui s’est déroulé dans le nord du Kenya, à quelque 250 kilomètres de la capitale, Nairobi, les six suspects – d’après ce qu’a rapporté jeudi le « Daily Nation », un des principaux quotidiens kenyans – ont nié toute responsabilité. Ils se sont déclarés innocents lors de l’audience à huis clos qui s’est tenue la semaine dernière face au juge Milton Makhandia.
Jusqu’à présent aucune certitude n’a été avancée sur les mobiles de l’assassinat du prélat âgé de 77 ans, qui avait passé 40 ans en mission au Kenya. D’après certaines rumeurs, Mgr Locati aurait été tué en raison de jalousies liées à la gestion des fonds du diocèse. Mgr Locati menait une intense activité en faveur des jeunes et des malades et son diocèse gérerait des écoles et des dispensaires. Le vicaire apostolique d’Isiolo avait donné des indications précisant que les structures étaient ouvertes à tous, dans une zone caractérisée par la présence d’une forte communauté Borana, en majorité musulmane. (apic/misna/ts/be)
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