Haïti: La Commission Justice et Paix dénonce la situation sociopolitique du pays
Port-au-Prince, 31 août 2005 (Apic) La Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale d’Haïti qualifie la situation sociopolitique haïtienne d’un verre amer à boire. Le pays, théâtre d’une instabilité politique, est marqué par un sous-développement chronique et la perpétuation du règne de l’impunité.
La situation sociopolitique haïtienne est toujours sur la pente de la dégradation, lance la commission Justice et Paix, dans une déclaration reprise par l’agence catholique Misna. La perspective d’une issue à la crise conjoncturelle née des élections controversées de l’année 2000 demeure hypothétique. Le pays balance entre velléité de négociation politique et mobilisation tous azimuts pour débarrasser le pays du régime lavalas de l’ex-Président Jean Bertrand Aristide. Par ailleurs, le pouvoir judiciaire affiche une lenteur exceptionnelle et moins de souci d’avancer le traitement des dossiers.
Le souvenir de l’assassinat de deux prêtres haïtiens, le Père montfortain Jean-Marie Vincent en 1994 et Ti Jean Pierre-Louis, curé à Port- au-Prince en 1998, a été l’occasion pour la Commission Justice et Paix de s’interroger sur les raisons d’une telle lenteur de la justice. Elle se demande si «la transition» en cours, depuis la chute de d’Aristide en février 2004 jusqu’aux élections prévues dans les mois à venir, «ne sert pas de prétexte pour couvrir de nombreux cas d’impunité».
Deux prêtres proches des pauvres assassinés
Dans la nuit du 28 août 1994, le Père montfortain Jean-Marie Vincent était assassiné devant l’entrée de la maison provinciale à Port-au-Prince. Il était connu pour son engagement au côté des masses défavorisées et en particulier du secteur paysan; il était également le directeur de la Caritas dans le diocèse du Cap-Haïtien (nord). Récemment, la cour d’appel de la capitale a enlevé les charges retenues contre l’ancien capitaine des Forces armés nationales Jackson Joanis et contre le propriétaire terrien Rémy Lucas, inculpés en première instance pour leur implication dans ce meurtre.
Le Père Ti Jean Pierre-Louis, curé à Port-au-Prince, a été assassiné le 3 août 1998 devant la porte du Sedep, un centre oecuménique qui s’occupait de problématiques de développement. Il était très connu pour sa simplicité et sa proximité des plus démunis et avait travaillé avec des organisations paysannes. Ce crime est encore impuni. «Ces citoyens solides ont été assassinés parce qu’ils gênaient les intérêts mesquins de certains milieux», lit-on encore dans le encore le communiqué de Justice et Paix. (apic/misna/bb)
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